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mercredi 18 mars 2026

2020, "Sun-Dried Wild Purple Buds", Dehong, Yunnan Sourcing

D'abord c'était le vent et les bacs à recyclage... ensuite, les morceaux de glace secoués des arbres qui tombaient en chute libre partout dans l'entrée. Puis rebelote le vent, la pluie, la grêle, et encore le vent. Ce matin, grand ciel bleu, je suis soulagé. Disons que je commençais à avoir hâte de faire une nuit complète sans être réveillé aux petites heures par le vacarme d'un phénomène naturel. 

Nous avons survécu au souper d'anniversaire. Toutes ces préparations m'épuisent, même si j'ai plaisir à les faire.  Pendant trois jours je suis resté sur l'impression d'avoir remplacé mon cerveau par un citron pressé. Mais les plats ont eu beaucoup de succès, puis la soirée elle-même s'est très bien passée, c'était chouette. La fêtée était contente et nous aussi. C'est une chance, car nous recommençons avec un autre groupe dans deux jours. 

Nous avons aussi survécu au verglas de la semaine dernière, encore qu'à voir la taille de ce qui est tombé des branches on aurait pu craindre la commotion cérébrale pour ceux qui se promenaient dessous. J'ai bien pris des photos, mais elles ne rendent pas justice au phénomène. C'était comme être bombardé de cailloux, taille allant de phalanges à balles de ping-pong, qui se fracassent au sol et renvoient des échardes au rebond. 

Je suis quand même bien content d'être à l'intérieur quand la nature se déchaîne comme ça.

Parlant de nature sauvage... Le thé des deux derniers jours (commencé hier, terminé aujourd'hui) est fait de bourgeons de puerh, cultivar "sauvage" (Ye Sheng) et violet, dont je suis vraiment surpris de n'avoir pas fait de compte-rendu par le passé car c'est un thé qui tourne régulièrement chez moi. On le trouve chez Yunnan Sourcing à un prix encore très raisonnable, une fois n'est pas coutume. Fruits exotiques, boisé doux, une touche d'épice (muscade peut-être ?), un léger fumé avec des arômes type BBQ, une texture liquoreuse épaisse qui tapisse les papilles, des feuilles qui durent, qui durent... la liqueur est moins pure et raffinée que la version de Hojo Tea, les bourgeons sont deux à trois fois plus petits, mais c'est bien la même palette, le même type de thé. 

C'est un thé que j'aime boire même les jours où je n'ai pas envie de thé. Peu importe son mode de préparation, il est très difficile à rater. Les bourgeons sont magnifiques, je ne me lasse jamais de les contempler. Toutes ces couleurs qui se révèlent dans l'eau chaude, et puis ces formes délicates aux extrémités pointues qui ont pour moi quelque chose d'attendrissant... un délicieux paradoxe. 

J'ai du mal à me faire au changement d'heure cette année. Peut-être parce que j'ai beaucoup vécu la dernière au rythme de la course solaire plutôt qu'au rythme des horloges, et ce retour de la noirceur en début de matinée m'est difficile. 

L'équinoxe commence à s'annoncer cela dit, et ça, ça me fait bien plaisir. Je le vois à la progression du soleil en bord de fenêtre. La partie sombre de l'année est bien sombre. Mais pendant la moitié lumineuse, les rayons s'avancent à l'intérieur et viennent frapper le mur contre lequel j'ai mon lit... et là ça y est presque ! Lumière naturelle, mon amour. 

Il n'y a vraiment rien de tel pour accompagner le thé. À moins que ce soit un wulong... mais ça c'est une autre histoire.


jeudi 12 février 2026

Imbolc, ou à peu près | 2015, Mi Xiang Li Shan "Light Fired", Hojo Tea

Hier, un de mes écureuils s'est présenté à la fenêtre le nez ensanglanté, des marques de griffes sur l'épaule et une grosse touffe de poils arrachée. Il avait l'air un peu hagard, le pauvre petit. Ça lui a pris trois noix avant de perdre son air de somnambule et de retrouver sa mine familière. On voyait bien qu'il souffrait quelque part, mais ses pattes semblaient toutes bien fonctionner donc j'espère que c'était simplement des ecchymoses. C'est dur, la saison des amours.

J'ai failli ne pas faire de compte-rendu ce coup-ci, question de paresse mais aussi parce que je n'ai pas l'impression d'avoir grand-chose à dire. Beaucoup de train-train quotidien, quelques projets de cuisine auxquels je ne me suis pas encore mis, j'ai préparé de la bette à carde cette semaine tiens. C'est un légume feuille un peu sucré, assez sympathique avec ses couleurs variées, mais dont les saveurs se sont perdues dans le plat. Pas grave. Je ferai mieux la prochaine fois. 

Bref, beaucoup de survol et la difficulté de me poser. Il y a des périodes comme ça je suppose. 

Le Mi Xiang Li Shan que j'ai pigé dans ma pile d'échantillons n'est plus disponible à la vente depuis longtemps. Je crois qu'il vient de David, mais je n'en suis même pas sûr puisqu'il était rangé à part. Heureusement le FAT vient à ma rescousse avec quelques informations, ici en photo par Sébastien, des compte-rendus par Melawach et Julien (avec Blossom à la suite) qui l'avaient dégusté ensemble, et un commentaire de Blossom dans lequel on peut lire la description originale chez Hojo-san : 

Mi Xiang means muscatel or honey flavor in direct translation. This tea was made only from the leaf attacked by green fly. It gives extremely sweet flavor. Some people think its flavor is more like ripe mango.

Intéressant. 

Dans la tasse ce n'est pas le sucre qui domine cela dit. J'ai plutôt l'impression de boire un croisement entre un roulé taiwanais de haute altitude et un Dancong chinois, avec des parfums extraordinaires (du fruit exotique certes, mais surtout un floral opulent et miellé) sur une base un peu verte, un peu acide mais pas d'une façon déplaisante. La liqueur est très pure et la texture enrobante est une sensation à elle toute seule. Je regrette de ne pas l'avoir dégusté plus tôt. 

Je crois que dans sa jeunesse il m'aurait évoqué l'automne, et au nez quand je l'ai choisi je sentais bien la chaleur des fruits mûrs. Mais son étiquette ("Light Fired") donne en fait la bonne impression. Ses parfums typés me rappellent le Dong Ding de M. Nen Yu. C'est parfait pour aujourd'hui. 

Mes envies de printemps s'accordent au ciel bleu et à la température clémente (toute relative : il fera -3 C au plus chaud de la journée). Je crois que c'est la première fois que je saisis vraiment l'intérêt de célébrer Imbolc, "les prémisses du printemps" en cercles païens, au mois de février. Montréal est sur la même latitude que Bordeaux mais on ne pourrait pas le dire. Mon expérience me dit que les masses de neige accumulée mettront encore deux mois à fondre, et on est à risque d'une tempête jusqu'au début mai. 

Et pourtant, la nature s'éveille. Les plantes sont encore en dormance mais les jours allongent à une vitesse folle, les animaux sont actifs, et puis il y a quelque chose dans l'air. Un frémissement, une fébrilité joyeuse qui, faute d'exutoire, peut rapidement devenir de l'impatience. Le froid va être difficile à supporter ces prochaines semaines, avec toutes ces promesses de printemps.

Ça sera bientôt le temps des sucres sinon, j'ai bien hâte de voir ce que donneront les récoltes cette année. Est-ce que "l'hiver d'antan" que l'on vient d'avoir prédit aussi un "printemps d'antan"? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais j'imagine que les gens qui ont des érablières ont les doigts croisés et les fesses serrées. Le changement climatique a beaucoup affecté les producteurs d'érable ces dernières années. Une petite accalmie dans la montée des prix ne ferait de mal à personne.

Longévité incroyable sur ce thé au passage. L'aspect vert acide s'est complètement résorbé, j'ai maintenant de jolies tasses de jus de fruit. Les parfums se perçoivent encore plus aisément qu'au début, c'est comme si toutes les saveurs parasites se sont évaporées pour ne plus laisser que le sucre et le fruit. Et la texture est encore plus épaisse, enveloppante, souple. Superbe. 

Une petite montée de chaleur me fait mettre cette dégustation en pause, c'est trop d'énergie là, mais sans aucun doute je la poursuivrai plus lentement tout l'après-midi. Un énorme merci, David (ou si ça ne venait pas de toi, merci à la personne qui me l'a gentiment offert). 


jeudi 13 novembre 2025

Wulong, mon amour | 2025, Lam Dong Bai Hao, Lam Dong, Vietnam, Camellia Sinensis


Hier après-midi j'ai appris que la grève des transports en commun de Montréal s'est terminée, ou plutôt a été cassée. Les choses ne sont pas réglées, les négociations autour de la table continuent et je souhaite aux employés une résolution acceptable, mais en attendant le service reprend. Et ça, pour moi en tout cas, ça veut dire une ligne directe à la boutique Camellia Sinensis que je m'étais promis de visiter dès que les transports retrouveraient un horaire normal.

Promesse tenue. 

Je regrette de n'avoir pas amené mon appareil photo. La rue St-Denis était magnifique, noire de monde comme d'habitude, coiffée de neige et de pluie et pourtant colorée par les dernières feuilles d'automne, les lumières des boutiques, les panneaux d'affiche... Une sorte de New York à l'échelle humaine, avec le charme typique de l'architecture québécoise d'il y a 100 ans mêlée des avancées technologiques du monde moderne. Un paradis urbain qui me ramène tout droit au début de ma vingtaine quand j'y étudiais, car malgré le temps qui passe l'ambiance n'y a que peu changé.

J'aime Montréal. Retrouver le Quartier Latin l'espace d'un moment a été un vrai plaisir. Il faudra que j'y retourne quand les beaux jours reviendront. 

Bref. J'en suis revenu avec quatre thés, trois wulong et un kamairicha qui m'a été chaudement recommandé en remplacement des sencha que je zieutais. (Apparemment la meilleure période pour acheter les sencha frais arrivé c'est début août. Je prends note.) 

L'un des wulong avec lesquels je suis revenu c'est un Oriental Beauty qui vient du Vietnam. Il n'était pas du tout dans ma ligne de mire, moi je regardais plutôt le Guei Fei, mais l'une des employées est venue m'en offrir une tasse et woah. Les parfums ! Les saveurs ! J'ai été conquis immédiatement. Au diable la dépense, je m'en suis récupéré 25g et franchement j'ai bien fait. Je n'ai qu'à humer les feuilles sèches pour le savoir.

C'est celui que je me prépare ce matin. 

Il est absolument magnifique. J'ai mis 5 grammes dans mon gaiwan et honnêtement je suis tenté de diminuer la dose pour la prochaine fois, car il me fait de ces liqueurs concentrées ! 10 secondes sur la deuxième et c'est très fort, à la limite d'être trop pour moi. Je le déguste à petites gorgées, les yeux mi-clos, accompagné d'un petit écureuil qui grignote les grains que j'ai laissé pour lui devant ma fenêtre.

Entre les shu des deux derniers jours et celui-ci, je me sens revivre. Mes thés sont bons, mes matins sont calmes, je me sens l'esprit clair et le corps centré malgré quelques douleurs qui persistent. Ça faisait quelques semaines que je ne m'étais pas senti aussi bien. 

La neige fond doucement aujourd'hui, c'est plus chaud. Je ne sais pas si ça sera suffisant pour faire fondre la pile qui s'est accumulée dans le jardin, mais ce n'est pas bien grave. J'aime bien cette température, quand l'air chaud porte la fraîcheur de la neige, que les trottoirs sont dégagés mais que les plantes en dormance sont encore ensevelies. J'y trouve une magie dans l'air qui se fait plus discrète en d'autres temps de l'année. Question de liminalité, peut-être. 

Mes écureuils gourmands s'arrachent les noix que j'ai laissé pour eux, cette énergie par temps froid c'est très bon signe. Je ne les avais pas vus depuis la première chute de neige mais ils sont bien gras et actifs, je suis maintenant rassuré. C'est bientôt la saison des amours pour eux, la nourriture supplémentaire leur donnera un avantage.

Quatrième infusion, toujours à 20 secondes. Enfin, je sens qu'il est temps de commencer à pousser. Ce muscat mielleux accompagné de fruits cuits, quels parfums, vraiment. Je ne suis pas tea drunk mais je sens que ça pourrait arriver dans d'autres circonstances, si je mettais de côté l'aspect analytique peut-être, si je n'étais pas en train d'écrire ce billet. La liqueur est d'une couleur soutenue, orange rougeâtre, qui me rappelle celle des feuilles mortes encore fraîchement tombées. Je ne me lasse pas de la contempler, d'en humer les parfums qui embaument la pièce entière.

Vraiment, j'ai l'impression de tomber dans la dithyrambe là, mais c'est parce que je prends tellement de plaisir à cette dégustation. Et puis ça faisait si longtemps que je n'avais pas dégusté d'Oriental Beauty, qui est l'un de mes préférés. Ce ne sont pas des thés bon marché, je n'ai pas souvent l'occasion de m'en offrir une tasse. 

Je pourrais continuer à m'étaler mais à ce stade, j'avoue, je n'ai plus rien à dire... c'est bon, c'est parfumé, c'est chaud, c'est réconfortant, et ça me reste en bouche d'une façon très agréable. Bref, je vais laisser le thé me parler de lui-même, et moi me confiner au silence une heure ou deux. Ça fera du bien à tout le monde.

jeudi 30 octobre 2025

Îlot de paix retrouvée | 2025, Cui Feng Black Yancha, Cui Feng, Nantou, Taiwan, Kancha Tea


Magnifique lever de soleil aux couleurs chaudes ce matin, rose saturé, jaune beurré, filins d'or qui soulignent les dernières feuilles d'automne d'un contre-jour lumineux. L'air est frais mais vivifiant, agréable après quelques heures d'insomnie. Les oiseaux s'en donnent à coeur joie et mes petits écureuils compagnons se pourchassent de long en large à travers la rue, pris d'une énergie fébrile que je leur ai rarement vu de si bonne heure. C'est comme si tout conspirait pour me dire "ça va être une bonne journée". 

Eh bien, on va s'arranger pour que ce soit le cas. 

Test officiel des thés de Kancha aujourd'hui, ma patience est arrivée à son terme. Ce n'est peut-être pas bien sage, dans l'idéal il faudrait attendre une bonne semaine de plus, mais mes liqueurs d'hier étaient beaucoup plus satisfaisantes, c'est le signe que j'attendais... et puis après dix jours sans y trouver plaisir, je prends le risque. Fini le hiatus !

C'est quand même la prudence qui me fait choisir le Cui Feng Black Yancha plutôt qu'un autre peut-être plus fragile. Le site me dit qu'il s'agit d'une récolte d'automne en provenance de la montagne de Cui Feng, faite par un producteur qui a voyagé en Chine pour se former à la confection des thés de rochers. Avec cette description je m'attends à quelque chose de doux et rond, avec des parfums et saveurs qui montent bien au nez, et c'est exactement ce que je retrouve dans la tasse.

Julien parle d'arachides et de fruits confits, et je dois dire que c'est assez exact. En fait j'ai surtout l'impression d'une infusion de ces pâtes de fruits que j'avais mangé dans le Tarn à l'occasion d'un séjour il y a 15 ans, avec quelques aspects d'huile de noix dans la texture surtout. La liqueur est très fine, sans aspérités, avec des arômes soutenus par la lourdeur oxydée des thés rouges. Je n'y trouve pas vraiment les notes de torréfaction mentionnées, mais c'est peut-être l'effet de la théière. En tout cas ça me plaît bien.

La pluie qui se met à tomber pendant la troisième infusion agrémente ma dégustation de jolis sons et parfums complémentaires. Les gros arbres rouges de l'autre côté de la rue laissent échapper leurs feuilles une par une sous cet assaut de la nature. L'espace de quelques infusions, il y a quelque chose de féerique dans l'air. Mes petits compagnons à pattes fines finissent par s'enfuir pour se mettre à l'abri... Moi je reste, au chaud et au sec à la fenêtre. 

C'est une forme de luxe, quand même, de pouvoir prendre son thé dans ces conditions. 

Les parfums de nez prononcés, typiques des cultivars de Taïwan, me restent dans le voile du palais entre chaque gorgée. J'avais oublié cette particularité d'un thé bien fait. Au bout de la sixième infusion ça commence à donner des signes d'épuisement, ce qui est tout à fait respectable pour 3 grammes dans une théière de 125ml, d'autant plus pour un thé rouge. J'épuiserai les feuilles dans le gros yunomi, puisque je n'ai aucune envie de mettre un terme à cette dégustation.

Merci de cette belle trouvaille, Julien. J'y ai trouvé une paix qui m'a fait défaut trop longtemps.


dimanche 19 octobre 2025

Amitié | 2020, High Mountain Red Ai Lao Shan, Zhenyuan, Simao, Chine, Yunnan Sourcing


C'est l'anniversaire d'un ami de longue date aujourd'hui. 

Il y a eu beaucoup de casse chez moi ces derniers jours. L'endroit où je vis est une construction assez récente. Les planchers sont durs. Lattes de bois posées directement sur dalles de béton, carrelage de céramique à l'entrée, dans la cuisine... Tapis certes, mais seulement dans le salon. Rien pour amortir la chute des jolis ustensiles qui, avec ma maladresse congénitale, ont une tendance continue à me glisser des mains.

C'est une chose de perdre un gaiwan commercial, un peu grossier, dont je me servais régulièrement mais qui est facilement remplaçable.

C'en est une autre de voir fracassées des pièces de potier uniques, certaines antiques, d'autres modernes, chacune irremplaçable autant au niveau de la forme que de la valeur sentimentale.

Je considère que j'ai eu beaucoup de chance jusqu'ici de n'avoir pas cassé de théière. Mais c'est la chance dans la malchance, car dans l'idéal je préférerais bien sûr que toutes mes pièces demeurent intactes. Les voir détruites me crève le coeur, chacune une amitié perdue. Et en ramasser les morceaux dans l'espoir peut-être futile de les réparer un jour, ça m'affecte tout autant. 

À une époque j'avais tendance à les recoller à l’époxy souligné de poudre dorée, version étudiante bon marché du kintsugi japonais (l’époxy durci étant un matériel stable et inerte, c'est une technique finalement assez sécuritaire côté saveurs pourvu que ça ait eu le temps de sécher une bonne semaine). Mais ça fait des années que je ne m'y suis pas essayé. Considérant les pièces que j'ai cassé depuis et mes mains maladroites, j'avoue avoir un peu la trouille. 

Ce n'est pas tant une question de valeur monétaire, quoique ça peut jouer un peu. C'est plutôt que je ne suis pas un expert. Certains matériaux et certaines casses, je m'en suis bien rendu compte, sont plus difficiles à recoller. Quelques-uns ne tiennent tout simplement pas à l'usage, ou alors je n'arrive pas à assembler les pièces correctement et elles continuent à suinter, inutilisables. Parfois il manque des éclats, ça rend la balafre plus large et glissante que je l'aurais souhaité. D'autres fois il manque carrément un morceau, et là il faut façonner de la pâte dans l'interstice, croiser les doigts et serrer les fesses. C'est un travail délicat pour lequel je ne me sens aucun talent.

Mais si mes choix sont entre une réparation qui horrifierait un potier ou mettre les morceaux à la poubelle... honnêtement, mon choix est fait. On va tenter la réparation. Éventuellement. Quand j'aurai trouvé le courage.

Maintenant que c'est écrit, j'y reviendrai. 

J'ai mis du temps à choisir un thé aujourd'hui car je voulais rendre hommage à mon ami avec une boisson qui pourrait lui plaire. Malheureusement je n'ai plus de Zheng Shan Xiao Zhong, le thé fumé qu'on partageait à l'époque, mais je pense pouvoir trouver quelque chose quand même... 

Après réflexion c'est vers ce High Mountain Red Ai Lao Mountain que je me tourne, cette curiosi-thé du Yunnan fabriquée par un producteur d'origine Taïwanaise avec des techniques généralement réservées aux wulong. Les saveurs me rappellent beaucoup ces thés rouges de Taïwan fruités, légers, sucrés dont je suis friand, mais avec la profondeur maltée des feuilles du Yunnan qui se pose en retrait et donne un peu de corps à l'ensemble.

Et puis, ce mariage heureux entre deux cultures, c'est aussi le nôtre. 

Ce thé du printemps 2020 était certes un peu plus fragrant dans sa prime jeunesse, mais il est encore agréable aujourd'hui. Plus tard je ferai tourner un puerh de 2007, qui était l'année de notre rencontre, mais pour l'instant avec l'infusion au gaiwan (réparé il y a bien longtemps à "l'epoxytsugi" que je mentionnais un peu plus tôt), je me régale. 

Ces amitiés de jeunesse qui se nouent très rapidement et qui sont très intenses durent rarement dans la durée. De toutes les rencontres qui m'ont marquées, et il y en a quand même un certain nombre, je peux compter sur les doigts d'une main celles qui ont survécu intactes au passage du temps. 

Certaines se sont fracassées et demeurent en morceaux, irréparables, car nous étions jeunes et impulsifs et beaucoup trop fiers pour s'excuser. Pour d'autres, c'est l'éloignement mutuel qui a eu raison de nous quand notre passion commune s'est épuisée, que nous nous sommes tournés vers d'autres choses, et que nos évolutions respectives se sont avérées incompatibles. 

Et puis il y a mon Wan, rencontré par le biais d'une amitié commune qui n'a survécu ni avec l'un, ni avec l'autre, et avec qui la relation ne cesse de s'approfondir malgré les échanges sporadiques. Il y a très longtemps que nous n'avons pas été une part active dans la vie l'un de l'autre, éloignement géographique et responsabilités oblige. Mais je sais que chaque année, autour de nos anniversaires, nous échangerons une correspondance authentique et vulnérable, qui nourrit et touche l'âme. Quelque chose de précieux qui survit intact aux chambardements de la vie, et qui je l'espère continuera à nous unir par-delà le temps et la distance.

Une amitié comme celle-là, ça n'a pas de prix. Joyeux anniversaire, mon ami.

Il a bien vieilli ce petit Yo Ji Cha 2007 dis-donc ! Beaucoup plus agréable maintenant qu'à l'époque de ma dernière dégustation. Le fumé s'est adouci tout comme l'amertume, les fruits demeurent. Il faudra que je prenne un jour le temps d'en faire un retour complet... peut-être dans deux ans, pour les 20 ans de notre amitié.

jeudi 14 avril 2016

2014 – "Spring" Fu Shou Mei, Feng Qing, Yunnan, Chine, Yunnan Sourcing

Dégustation du 14 avril 2016


Informations et provenance : Une autre curiosi-thé ! Cette fois en provenance de Yunnan Sourcing, il s'agit d'un thé rouge Dian Hong dont le processus de fabrication consiste à le torréfier en y ajoutant du sucre muscovado afin d'y développer des notes de caramélisation maltée. Il y a peu d'information à ce sujet et je ne sais pas si c'est une technique ancestrale ou développée pour les touristes (ou développée pour les touristes à une époque ancestrale, qui sait), mais l'originalité me plaît. Testons. 


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en Gaiwan de porcelaine basique. Eau filtrée Brita, maintenue à 100°C en Yama Glass Kettle. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 30s. - 30s. - pause. Reprise : 30s. - 45s. - 1m. - 1m30s. - 3m. - 5m. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Les feuilles sont minuscules, entortillées sur elles-mêmes, et d'un noir de jais avec accents mordorés. Elles sont luisantes, ce que j'attribue au sucre mais qui sur un autre thé m'aurait fait penser aux huiles naturelles des feuilles car j'ai vu entre autres un puerh violet avec ce même lustre par le passé. Les feuilles mouillées, elles, sont absolument intactes ! Aucune carbonisation des feuilles comme l'aurait laissé penser le parfum qu'elles dégagent.  

La liqueur d'un rouge pur et lumineux me tape dans l'oeil, je ne m'en lasse pas de la contempler.

Note de 2025 : C'est d'ailleurs à la photo ci-dessous que vous devez de lire ce post aujourd'hui, car l'article était incomplet et j'ai dû bosser dessus un peu plus fort que les autres pour qu'il soit prêt. Mais la couleur de cette liqueur, wouah.


Odeur : Les parfums terreux et sucrés de malt sont vraiment très prononcés dès l'ouverture du paquet. Ça me rappelle le caramel brûlé et la mélasse, des odeurs très fortes qui restent dans le nez. À la surface de la liqueur je perçois un léger camphre, avec quelque chose de vaguement mielleux, amer et ciré qui me rappelle le propolis, mais c'est vraiment cette odeur terreuse qui prend le dessus. En fond de tasse, un petit miel de fleur léger. C'est intéressant, mais sur une journée moins aventureuse j'aurais pu écrire "déstabilisant". 


Goût : Alors je dois dire, en bouche ça n'a rien à voir avec ce que l'on attendrait d'un thé, c'est vraiment son propre truc. Les saveurs sont portées d'une façon complètement différente, et par-dessus tout la torréfaction domine. Personnellement je trouve que c'est joliment maîtrisé, mais c'est très lourd en bouche et faut avoir envie de ce genre de boisson.

Ça part sur des saveurs de caramel brûlé qui se transforme en sucre de canne malté, avec un léger camphre, et du clou de girofle, racine de chicorée, et café instantané qui pointe par-dessous. Il faut vraiment se concentrer pour identifier ces notes car cette première infusion est un peu trop puissante et les subtilités sont difficiles à saisir.

La deuxième est nettement plus agréable en diminuant le temps d'infusion, j'y trouve le même pôle mais plus sucré que brûlé, plus harmonieux. Le camphre se confirme, le malt également, ainsi que des saveurs épicées. Ce n'est pas le thé le plus complexe, mais on n'attend généralement pas ça d'un thé rouge. 

C'est une dégustation intéressante cela dit. Je suis bien content d'en avoir récupéré quelques grammes.


Texture : Liqueur ULTRA épaisse, liquoreuse même, c'est aussi lourd qu'un rhum épicé. Les saveurs restent en bouche très longtemps, particulièrement pour un thé rouge. Cela dit, peut-on vraiment appeler ce produit un "thé rouge"? Honnêtement, ça se discute. J'avoue que je me demande jusqu'à quel point le sucre caramélisé n'a pas complètement effacé le thé de l'équation. 

Personnellement, je crois que j'aurais apprécié l'effet gommant d'une théière... J'avais l'impression de percevoir des choses fugaces sous la torréfaction, mais celle-ci était si présente qu'à peine perçues, ces notes s'étaient déjà envolées. Le sucre inclus dans la fabrication de ce Fu Shou Mei a retenu ma main cela dit... j'aurais peur de contaminer mes terres.

Note de 2025 : Les années me donnent moins de retenue et j'ai bien envie de passer les derniers grammes de ce thé dans ma Purion, qui n'a de toute façon jamais trouvé la famille qui lui convenait. Au pire si c'est horrible elle passera une nuit dans la javel et le lendemain, comme neuve. C'est pas exactement une théière qui a accumulé un culottage intéressant chez moi... Et puis qui sait, peut-être que ça me donnera envie de racheter de ce petit Fu Shou Mei, qui demeure relativement bon marché aujourd'hui, en plus de trouver son emploi à ma Purion.


Couleurs : De rouge, de l'orangé, du vert kaki peint en touches successive par-dessus un fond brun bien riche. L'ensemble me donne une impression de promenade en nature, à l'automne, par un jour très ensoleillé. 

Pas de couleurs abstraites cette fois, car à l'époque où j'ai fait cette dégustation mes notes n'avaient pas été complétées et je n'en avais pas ajouté à l'embryon de cet article. Il est possible qu'un jour je découvre une image correspondante dans les fichiers de mon vieil ordinateur, mais pour l'instant il faudra s'en passer.

Je vous laisse donc sur une autre image dont les couleurs correspondent bien à ce que ce thé m'évoque, et qui a le mérite d'être chargée d'histoire

dimanche 3 avril 2016

2011 – (printemps) Shade Grown Tie Guan Yin, Anxi, Fujian, Chine, Norbu Tea

Dégustation du 3 avril 2016


Informations et provenance : Norbu Tea est une compagnie qui était arrivée dans ma ligne de mire via le blog d'un amateur de thé anglophone, Sir William of the Leaf, qui comme moi semble avoir un faible pour les OVNI (objet végétal non-identifié) et autre curiosi-thés. C'est son article sur un thé blanc fait à partir d'un cultivar wulong qui m'avait interpellé à l'origine, mais il a également présenté ce Tie Guan Yin d'ombre, aux théiers couverts à la façon d'un matcha ou kabusecha japonais. 

Malheureusement Norbu Tea ne source plus que pour les revendeurs, ce qui est bien dommage car sa sélection était intéressante, originale, et de bonne qualité. Mais il me reste un peu de son thé, que je vais préparer à l'instant. 


Détails d'infusion : 5 gr. / 90 ml en Gaiwan "Poissons" et tasse Julie Lavoie. Eau filtrée Brita, maintenue à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 10s. - 20s. - 30s. - 45s. - 70s. - dernière au jugé. Total de 7 infusions.


Vue : De jolies billes vertes bien serrées, certaines peut-être un peu plus sombres que d'habitude, d'autres aux pointes vert vif. Elles donnent une liqueur pure et translucide, d'un jaune très clair tirant sur le vert. Ça en met plein la vue. 


Odeur : Les parfums sautent au nez dès les feuilles sèches posées dans le gaiwan préchauffé. C'est floral et sucré, j'y trouve du nectar, du nénuphar, un miel léger, cette herbe sucrée qu'on appelle "sweetgrass" en anglais et dont la traduction française m'échappe (avoine odorante ? foin de senteur ?), oh et du melon d'eau aussi ! Autant le fruit que les pépins au parfum plus végétal. Le fond de tasse me rappelle les fleurs de tilleul dont je suis friand.


Goût : La première infusion est très légère et végétale, douce et sucrée, et me rappelle un peu le tencha (matcha avant réduction en poudre) vendu par Camellia Sinensis il y a quelques années. 

La deuxième est plus opulente, avec des saveurs florales sur le nénuphar et le lys blanc. C'est lourd sur les fleurs de prime abord, mais ça s'atténue au fil des infusions alors que la liqueur elle développe quelque chose de plus vert, épinards, laitue fraîche, endives crues, avec des petites touches citronnées.

À la septième infusion c'est déjà terminé, dommage. Ça ne tient pas très longtemps pour un wulong, mais c'est intéressant tant que ça dure.  


Texture : En bouche c'est rond et caressant, active la salivation et garde ma bouche humide au contraire des thés très tanniques dont j'ai plus l'habitude. Une jolie rétro-olfaction sucrée apparaît sur la deuxième infusion avec des notes de nénuphar et d'écorce de pastèque, c'est très doux cela dit, aucune acidité ni astringence. J'y trouve un calme et une détente légère, mais ça demeure je crois un thé expérimental qui n'est pas encore tout à fait maîtrisé par le producteur. J'apprécie l'expérience ! C'est d'ailleurs bien pour ça que j'en avais acheté.


Couleurs : C'est un ruban vert, rose, et blanc qui s'agite et se déploie sur fond noir, avec quelques ombres bleues et vertes qui se superposent par-dessus l'ensemble, et des éclats blancs comme des petites étoiles qui rayonnent. Joli et original.

mardi 8 mars 2016

2015 – Ma An Shan « Gong Fu Puerh » (maocha), Zhenkan, Lincang, Hojo Tea

Dégustation du 8 mars 2016

Informations et provenance : Cet échantillon de Marcelline, qu'elle a récupéré via une commande groupée chez Hojo Tea sur le Forum des Amateurs de Thé, est ce qu'on appelle communément un OVNI -- Objet Végétal Non-Identifié (copyright Sébastien). À en croire Hojo Akira-san, il s'agit d'un thé en provenance de Ma An Shan qui est une montagne reculée du Lincang à la frontière ouest de Myanmar, fait de feuilles de puerh traitées à la façon d'un dancong (pour ceux qui lisent l'anglais, plus d'infos ici).
Puisque ce thé a fait l'objet d'une commande groupée sur le Forum des Amateurs de Thé, on y retrouve de nombreux retours dans le topic concerné.
On peut également lire un compte-rendu de Sébastien à ce lien sur son blog Vacuithé.
Et si quelqu'un d'autre a fait un compte-rendu quelque part, vous connaissez la procédure -- un p'tit commentaire avec le lien et je l'ajoute à ce post.


Détails d'infusion : 5 gr. / 140 ml en DuoQio Zhuni et tasse Julie Lavoie. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - 50s. - 70s. - 90s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Le maocha est composé de belles feuilles sombres et effilées, de pas mal de tiges et de quelques feuilles jaune. La liqueur, d'un ambré qui rappelle la teinte particulière du rhum brun vieilli, est limpide, aussi claire que de l'eau de roche (l'eau de roche fut-elle ambrée ^^). Une fois la dégustation terminée, j'en ai profité pour examiner les feuilles mouillées -- bien m'en a pris, comme vous pourrez le constater dans la dernière photos. Passant du rouge au vert dans un dégradé naturel, bien épaisses et pour la plupart entières, elles sont magnifiques.


Odeur : Les feuilles sèches ont un parfum envoûtant, frais et légèrement résineux mêlé d'un fruité très puissant  qui me rappelle les fruits exotiques. Hojo-san parle de mangue... moi j'y perçois aussi de l'ananas frais.
Dans la théière humide, c'est tout autre chose qui ressort -- quelque chose de "rouge", de légumier, de tannique. C'est vraiment étrange, j'ai l'impression d'avoir dans le nez les odeurs de mon sauté de légumes et de tofu à la sauce général tao ! o.O Il y a bien un léger fruité quelque part sous ce parfum de légumes, mais il est impossible à identifier.
Les feuilles humides et les parfums sous le couvercle sont sur les mêmes pôles de légumes, avec peut-être une emphase sur la châtaigne d'eau (toujours dans cette sauce général tao -- j'ai des sautés de légumes fancy ^^). La liqueur, elle, a un parfum qui me rappelle le Ceylan Uva Adawatte 2011 de Camellia Sinensis -- pour ceux qui n'ont pas la référence à la maison, c'est un parfum très tannique de fruits rouges secs et d'une pointe mentholée.
Finalement, un beau musc se dévoile dans le fond de tasse et se mêle à la dernière gorgée, c'est léger et finement sucré. J'aime.


Goût : La première infusion me fait penser à un darjeeling -- elle en a l'astringence et une légère amertume tannique. En fait ça me fait vraiment penser à un thé rouge ! Je n'y retrouve pas du tout le dancong mentionné par Hojo-san (ou par certains comptes-rendus). Bon, j'ai aussi toujours ces légumes sautés en sauce au nez, c'est presque une manie. ^^ En refroidissant, l'amertume se précise et porte des saveurs étranges à mi-chemin entre résine et fruité.
La deuxième infusion est plus ronde et harmonieuse, comme le sont beaucoup de deuxièmes infusions d'ailleurs. De fins tanins dévoilent des saveurs de fruits qui m'évoquent les cerises amères sauvages dont mon arrière grand-père faisait du vin. Il y a une saveur sucrée éphémère qui me rappelle la pêche, mais elle fuit trop rapidement pour que j'en sois sûr -- d'ailleurs je commence à me dire que je n'ai peut-être pas assez de références gustatives pour décrire ce thé. Une fois refroidie, l'infusion a des saveurs végétales de sève et de quelque chose qui me rappelle un peu le romarin.

Les infusions suivantes sont déjà plus douces, moins précises dans leurs saveurs et un peu plus sucrées aussi. Seb a raison, ça ressemble de plus en plus à un thé rouge, plus précisément au Ceylan mentionné plus haut -- et comme avec un thé rouge, il faut pousser les infusions un peu plus rapidement qu'un puerh pour avoir de la substance.
Je ne suis pas déçu de cette dégustation, elle était plutôt intéressante et le thé est bon -- mais c'est vrai que c'est assez différent de ce qu'on peut s'attendre en lisant "puerh façonné comme un dancong".


Texture : La liqueur est aqueuse mais lisse, sans aspérités. De légers picotements agréables traversent la bouche et la gorge à son passage, suivi d'une belle rétro-olfaction qui du coup donne une grande longueur en bouche -- sur les premières infusions du moins, car ça s'atténue assez vite. En refroidissant, les tanins attaquent un peu l'oesophage, ça gratte -- mais pas assez pour que ce soit un problème et je n'exclus pas une sensibilité résiduelle après le désastre d'il y a deux jours.

Côté effet sur le corps, c'est le néant... jusqu'à la sixième infusion où paf, en l'espace de deux gorgées je suis brusquement teadrunk. o.O Tête légère, envie de rigoler pour un rien, bonne humeur générale... j'ai été complètement pris par surprise et franchement, c'était plutôt agréable.


Couleurs : Des couleurs sombres essentiellement -- ça se décline en pétales rouges, violets et bleus sur un fond noir, avec un point focal de lumière blanche décentrée qui semble venir de nulle part. Il y a quelque chose de très semblable à ce que je voyais sur ce wulong de Teamasters -- quelque chose dans l'ambiance, dans les couleurs, dans l'impression générale. Pourtant ce sont deux thés complètement différents au niveau gustatif et au niveau effet sur le corps... Je ne saurais l'expliquer, mais voilà.