Affichage des articles dont le libellé est Wang Xue Feng. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Wang Xue Feng. Afficher tous les articles

samedi 16 avril 2016

2005 – Songboling "Aged Oolong" lot 135, Baguashan, Nantou, Taiwan, Taiwan Tea Crafts

Dégustation du 16 avril 2016


Informations et provenance : Échantillon d'Eric, autrement dit ooericoo du Forum des Amateurs de Thé. Ce wulong âgé provient à l'origine de la boutique Taiwan Tea Craft et à l'heure où j'écris ce billet il n'est malheureusement plus disponible à la vente. 


Détails d'infusion : 2.5 gr. / 85 ml en Shui Ping ZiNi de Wang Xue Feng et tasse "Jian" de David Louveau. Eau filtrée Brita, maintenue à 100°C en Yama Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 20s. - 30s. - 40s. - 55s. - pause pour manger. Reprise : 1m.30s. - 2m. - 3m. - 5m. - dernière au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Des billes noires, compactes, brillantes et odorantes, ça augure bien ! Une fois mouillées elles demeurent recroquevillées sur elles-mêmes, ce qui est je suppose le signe d'une torréfaction poussée. 

La liqueur orangée me séduit avec sa bonne tête de cognac, elle est parfaitement translucide... pas commun pour un wulong torréfié, pas commun du tout ! Ou alors j'ai besoin de me trouver de meilleurs fournisseurs. 


Odeur : Eric, Yoann et moi avons eu un petit débat sur l'odeur de ce thé. Je ne me souviens plus qui l'a mentionné en premier, probablement Yoann... mais alors je confirme une fois pour toute, ce thé a bien des relents d'armoire de grand-mère. Je vous assure, ce parfum est vraiment particulier, impossible à décrire précisément, mais immédiatement identifiable. Ce qui est un tour de force considérant qu'Eric, Yoann et moi ne partageons pas le même pays. Il faut croire que les grand-mères francophones ont des armoires qui sentent toutes la même chose.

Autres choses que nous y avons trouvés en vrac : la torréfaction bien sûr, le goudron, le café noir fraîchement moulu, l'infusion de racine de chicorée, quelque chose de grillé... peut-être des noix ou du pain ? Bois brûlé, céréales soufflées, réglisse noire, bois de santal, lait caramélisé, arachides caramélisées, nougat, fleurs fraîches, bois d'épinette sec, mélasse, et chandelle de paraffine chauffée. Tout un bouquet.

Bref vous l'aurez compris... c'est raffiné pour ne pas dire paraffiné, déstabilisant, chaotique, et étrangement gourmand sans grand sucré. 


Goût : L'armoire de grand-mère est bien au rendez-vous avec ses parfums de poudre, de bois sec et résineux, de paraffine, et de ce parfum indéfinissable mais familier, réconfortant, et un peu passé (faut bien être honnête). En tout cas c'est puissant, et ça c'est le moins qu'on puisse dire.

Il y a aussi un petit côté lacté difficile à définir sous des saveurs de torréfaction prononcées. Ce côté grillé demeure présent toute la dégustation, accompagnant des saveurs douces de mélasse et nougat, et évolue au fil des infusions vers le riz grillé, le même que l'on trouve dans le genmaicha. 

Je reste mitigé face à ce thé qui m'interpelle et pique ma curiosité, mais qui me déstabilise avec sa saveur prononcée... ben, de vieille armoire quoi. Ma dégustation en est devenue plutôt intellectuelle qu'intériorisée, ce qui ne me donne pas vraiment envie d'en faire une autre... mais je ne regrette pas d'y avoir goûté (ou plutôt d'avoir fait l'expérience de ce wulong !), ni les conversations et fou rires partagés avec les copains. Merci Eric ! 


Texture : C'est ample et rond, épais, et ça laisse une sensation cirée sur la langue (je le jure). Aucune astringence, si bien que ma bouche ne cesse de saliver. La persistance des saveurs est moyenne, je pense que la force de ce thé est plutôt dans sa texture et son épaisseur en bouche. Je n'ai pas remarqué de grand effet sur le corps, mais nous nous amusions tellement ce soir-là que nous n'avons peut-être pas remarqué que nous étions tea drunk. 


Couleurs
: Eh ben du coup, exactement ce que l'on attendrait d'une armoire de grand-mère. Un brun sombre dont les échos sont vert-jaune clair, rouge-rosé, avec de très légères touches de bleu ? Ben c'est le bois de l'armoire, plus les vêtements aux couleurs vaguement psychédéliques que mamie a rangé dedans, voilà. 

jeudi 25 février 2016

1995 – Dong Ding, Taiwan, Camellia Sinensis

Compte-rendu de la dégustation précédente ici (juillet 2010)


Informations et provenance : Ma toute première rencontre avec ce thé s'était faite sous des auspices terribles : premier thé vieilli que je découvrais, premier thé torréfié également, je l'ai infusé à tort et à travers avant de savoir l'apprécier. Évidemment maintenant il ne m'en reste que très peu, une quantité infime que je chéris et qui finira un jour par disparaître... Impermanence du thé. Heureusement que j'ai ce blog pour noter mes impressions ! ^^


Détails d'infusion : 4 gr. / 80 ml en ShuiPing ZiNi de Wang Xue Feng (Factory 5) et tasse de Carmen Abdallah. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - pause - 35s. - 40s. - 45s. - 50s. - 60s. - 70s. - 80s. - 90s. - suite au jugé. Total de 17 infusions.


Vue : Ces billes rondes et lourdes dévoilent leur âge par une couleur de cuir tanné, allant du brun sombre au noir chocolat. Infusées, on les découvre épaisses et rigides -- elles refusent même de se déployer complètement, préférant rester recroquevillées sur elles-mêmes. La liqueur elle est étonnamment limpide, d'un ambré clair qui rappelle le whisky.


Odeur : Si les feuilles dans leur petit sachet ont très peu d'odeur, dans la théière préchauffée elles se réveillent. Les parfums de bois (chauffé, brûlé), de tilleul (fleurs, miel) et de sucre (sucre chauffé, caramel) prédominent. Les feuilles humides ont surtout des odeurs de charbon de bois, avec une petite note sucrée furtive difficile à identifier, mais sous le couvercle c'est une explosion de sucre, de mélasse, de caramel et de ce charbon détrempé que j'adore -- ainsi que d'une note insolite marine, comme de l'air salin. Étrange !
La liqueur a une odeur presque métallique, avec des notes de charbon, de cendres et une pointe de caramel, le fond de tasse quand à lui révèle son origine de Dong Ding par un sucre fin, moins floral qu'un frais mais assez semblable à celui que je retrouve sur les hung shui de l'année (un poil plus profond quand même). Un délice.


Goût : La première infusion a un temps très court mais est déjà très concentrée en saveurs : le miel de tilleul est très présent avec une longueur en bouche incroyable, des notes de bois chauffé (mais pas brûlé, plutôt comme le début d'un feu de foyer) sont accompagnées d'une note minérale profonde et d'un retour en bouche sur le lait caramélisé.
La deuxième infusion, elle, me rappelle l'arôme du café moulu ! Une petite amertume complémente des saveurs de bois brûlé sucré, avec quelque chose de légèrement épicé (ou peut-être poivré ?) en fond de gorge.
Les infusions subséquentes demeurent dans les mêmes notes, avec une liqueur plus concentrée sur un pôle de charbon et de cailloux, lesquels s'harmonisent sur des saveurs de café, de torréfaction et de miel léger.


Texture : La liqueur, plutôt souple, tapisse l'ensemble de la bouche et le début de la gorge d'un filin huileux -- de plus en plus capiteuse à mesure des infusions, elle passe de grasse à liquoreuse. On finit la dégustation avec l'impression d'avoir mangé un repas riche et copieux.
Les retours en bouche sont nombreux et durent longtemps, principalement perçus derrière le voile du palais que sur la langue. C'est une liqueur très relaxante avec un potentiel à rendre teadrunk qui n'est pas négligeable.


Couleurs : Finalement, les couleurs que je vois sur ce thé sont plutôt semblables à celles que je voyais en 2010. Du brun, du vert tendre, des cercles concentriques... La principale différence cette fois c'est qu'en affinant mon palais, je parviens à lui déceler des nuances supplémentaires qui s'ajoutent en pétales voilées par-dessus l'image de base. Ça rend à la fois le thé et l'image vivante... dans tous les sens du terme.

dimanche 6 avril 2014

2010 – Hei Zi Juan, Yeshan Cha Ye, Wa Shan, Ximeng, Pu'Er (Simao), Puerh Asia


Informations et provenance : Ma toute première galette de puerh ! Acquise auprès d'Olivier (Puerh Asia / puerh.fr) en septembre 2010 alors que son site était encore en mode privé, avec un design rouge et noir ainsi qu'une liste des thés qu'il vendait... haha, souvenirs, souvenirs.
Choisie à l'origine parce qu'il était question dans son article sur les thés violets d'un "puerh sans amertume" (ce qui est ridicule comme raison de sélection puisque la moitié de l'intérêt d'un puerh est contenue dans son amertume), cette galette contient des feuilles issues de vieux arbres de la Montagne Wa (dixit Olivier) pressées par la compagnie Yeshan ChaYe pour un certain Professeur Wang -- plus de détails dans l'article mentionné plus haut.
Je n'ai pas trouvé d'autres comptes-rendus de ce thé, mais comme d'habitude s'ils existent et que je suis passé à côté, je suis preneur !


Détails d'infusion : 6.5 gr. / 80 ml en ShuiPing ZiNi de Wang Xue Feng. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 5s. - 5s. - 5s. - 10s. - 10s. - 15s. - 20s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 18 infusions. (Vive les dosages bûcheron !)


Vue : Cette galette est impressionnante -- très peu compressée, ses bords en sont devenus irréguliers à force de perdre des feuilles à la moindre manipulation, lesquelles sont très petites et plutôt sombres, d'un noir brillant tirant sur le rouge violacé avec quelques touches plus claires dues à la quantité presque négligeable de huang pian (feuilles jaunes). Lorsque mouillées, elles prennent cependant une teinte verte beaucoup plus claire qui n'est pas sans rappeler celle des feuilles de thé provenant de cultivars "normaux". La liqueur, elle, est jaune orangé -- une teinte qui n'est pas sans rappeler celle de thés possédant quelques années de plus (la Min Feng, entre autres) -- et possède également une bonne clarté sans être totalement translucide.


Odeur : Les feuilles sèches, dès l'ouverture de l'emballage, laissent développer un parfum doux teinté d'une pointe d'épices rappelant la muscade et le poivre rose. Plongées dans la théière pré-chauffée, ce sont les fruits qui ressortent avec une odeur rappelant les nectarines d'été et le citron. Et si les feuilles mouillées ont un parfum plutôt âcre de fumée et de citron acide, le couvercle est en revanche particulièrement sucré et évoque la marmelade d'orange, le citron confit assorti d'un soupçon de musc épicé -- une odeur que l'on retrouve également en fond de tasse.


Goût : La première infusion est légèrement âcre, avec des saveurs plutôt végétales et retour en bouche épicé évoquant cannelle, muscade et cumin.
Olivier dans son compte-rendu parle de "baies de genièvre fraîches" et je ne sais pas si ça correspond vraiment à ce que je goûte parce que ce n'est pas un fruit qui fait partie de mes références alimentaires, mais je comprends parfaitement ce qu'il entend par là -- à la deuxième infusion, la liqueur est végétale, presque médicinale et toujours épicée (poivre et cumin cette fois). Les retours en bouche sont nombreux et complexes -- amertume fraîche légèrement mentholée d'abord, fruits (pêches et citron), épices (cannelle et poivre rose), herbes amères (romarin ?) et épices à nouveau (quelque chose de plus rond cette fois), le tout dans un rendu particulièrement intéressant.
Les infusions suivantes sont du même tonneau, avec une meilleure balance des arômes, des saveurs de plus en plus fruitées (d'abord la pêche, ensuite la nectarine) et une évolution en bouche des épices étonnante -- cannelle et muscade, cumin et cardamome, poivre rose et finalement baies poivrées de Tasmanie. C'est franchement très agréable !


Texture : Au début plutôt limpide, dès la troisième infusion ce thé prend une épaisseur remarquable qui demeure ensuite avec nous pour le reste de la dégustation. La longueur en bouche est superbe, étonnante pour un puerh violet qui dans ma maigre expérience sont beaucoup plus douces et effacées. L'effet sur le corps est relaxant mais possède également un bon potentiel d'aide à la concentration -- voilà un thé que j'aurais bien aimé avoir lors de mes périodes d'étude de fin d'année.


Couleurs : Plus bleu que violet, avec quelques éclats jaune sur fond noir, on retrouve ici de nombreux tourbillons tranquilles dans un rendu un peu chaotique.