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lundi 17 novembre 2025

Cétacé, dit la baleine | 2025, Tamaryokucha, Kancha Tea

Il y a les jours où je me sens volubile, puis il y a les autres, où le silence me convient mieux. Ces jours-ci c'est le silence qui prime. La nature semble me suivre avec cette neige qui continue de tomber et assourdit tous les sons (sauf peut-être celui de mes grognements envers les déneigeurs et leurs machines, mais ça c'est une autre histoire).

Mes envies de thé sont difficiles à cerner sur des jours comme ceux-ci. C'est comme si je voulais à la fois retrouver dans ma tasse quelque chose de très vert, une fraîcheur vitale, mais aussi quelque chose de plus chaud et lourd, réconfortant, l'équivalent liquide d'une couverture douce dans laquelle s'envelopper. Hier c'est l'envie de chaleur qui a gagné... aujourd'hui, je crois que je vais revisiter le Tamaryokucha de Kancha dont j'avais fait une première dégustation ici il y a 10 jours.

J'ai presque tout tenté jusqu'ici. Les mini infusions dans mon petit bidule, les infusions en grande théière, même le grandpa style, rien n'y fait. J'ai toujours soit une liqueur sans saveur ou un truc acide et agressif en tasse. Je ne cacherai pas que ça commence à m'embêter, donc je vais tenter aujourd'hui de suivre les indications de Kancha à la lettre et on verra si c'est mieux. Julien écrit "4g pour 100ml / 80° / 50 à 60 secondes" comme paramètres pour Senchado, l'équivalent japonais du Gongfu Cha (si j'ai bien compris), alors zou.

J'emprunte une théière japonaise que j'avais offert à ma coloc il y a une dizaine d'années mais qu'elle n'emploie que peu, et dans laquelle je devrais être en mesure d'infuser les quantités indiquées. C'est une terre très dure, d'une qualité moyenne mais qui fera l'affaire car n'ayant pas grand effet sur le thé. Si la liqueur est toujours mauvaise après ça, basta.

110 ml, 50 secondes. C'est difficile d'avoir une verse précise quand on a une grosse bouilloire à la main et que l'ustensile repose en équilibre précaire sur une petite balance. 10 ml de différence, je trouve que je m'en suis bien tiré.

La liqueur est d'un vert néon qui me rappelle le soda Mountain Dew, mes photos ne lui rendent pas justice. Et le résultat ?

Ça va... mais sans plus. 

Ça ressemble beaucoup à ce que j'avais eu sur mes premiers tests dans mon petit bidule. Un poil trop léger peut-être, j'aurais dû faire 60 secondes. Malgré ça je sens le même fond agressif derrière, qui est juste à la limite de la morsure. Une deuxième infusion me donne des résultats similaires, ma dégustation s'arrête là car je suis déjà à la limite du reflux acide.

Je pourrais continuer à remettre en question mes techniques d'infusion, la qualité de l'eau et de mon matériel, les conditions mentales et physiques dans lesquelles j'étais au moment de boire, etc. Mais autant l'eau que les ustensiles me donnent des liqueurs tout à fait extraordinaires avec d'autres thés du même genre. Donc... non. Je lui ai laissé le bénéfice du doute assez longtemps, mais là ça suffit. Julien mentionne que c'est un thé quotidien, donc c'est pas censé être un truc haut de gamme à la base et je pense que la réponse se trouve bien là. Cette acidité qui me dérange l'estomac sera présente peu importe la qualité d'eau ou d'ustensiles que je choisis.

Ça me fâche un peu, je ne vais pas le cacher. Je ne suis pas riche, mes revenus sont bien en-dessous de la limite de pauvreté au Québec. Tomber sur une mauvais pioche après avoir économisé pour m'acheter des produits de luxe, ça fait mal au porte-feuille. Heureusement que les autres thés dans la même commande sont très bons et autrement plus faciles à infuser.

Sinon il est bien goûteux ce tamaryokucha, je peux comprendre comment quelqu'un qui n'a pas l'estomac sensible peut l'apprécier. Et je suis sûr que j'arriverais à le cuisiner d'une façon ou d'une autre car il est bourré d'umami et de saveurs qui s'accordent bien avec le riz, les fruits de mer, la sauce soya. J'imagine qu'il serait aussi superbe en simple infusion accompagnant ce genre de repas, là où son acidité serait tempérée par la nourriture et sa complexité magnifiée par l'accord de saveurs. Je vais le tester en ochazuke, tiens. 

Bref, c'est pas grave, c'est pas perdu. C'est juste dommage car à la base, je l'avais acheté pour le boire dans des conditions bien différentes. Mais je suppose qu'il me faudra apprendre, et voilà tout.

Avec un peu de chance, le prochain chapitre de ce thé sera beaucoup plus satisfaisant. 

vendredi 7 novembre 2025

Persévérance | 2025, Tamaryokucha, Kancha Tea


Je n'ai pas écrit du tout hier, ni sur ce blog, ni sur l'histoire que je travaille ce mois-ci. Un inspecteur est venu examiner l'appartement, une question d'évaluation du bien matériel de ma coloc à qui il appartient, et j'avoue je m'en suis servi comme excuse pour flancher. Mon corps me fait des misères en ce moment. Je suis épuisé. 

Mais le lendemain c'est encore plus difficile. Il faut trouver une façon de s'y remettre, de se relever, de retrousser ses manches et continuer d'avancer. La vie ne s'arrête pas parce que j'ai besoin de la mettre en pause pendant 24h. 

On annonce encore de la pluie aujourd'hui... dans deux jours, ce sera de la neige. 

On en est là. 

Le Tamaryokucha que je choisis aujourd'hui, j'ai un mal de chien à l'infuser. Je l'ai ouvert très vite après son arrivée, beaucoup trop vite même, et c'est peut-être pourquoi je n'ai pas encore réussi à en tirer une liqueur qui me satisfait. Chaque fois que je l'infuse, c'est sucré certes, mais c'est aussi acidulé dans des proportions qui me dérangent. J'ai beau jouer sur les paramètres, peu importe ce que je fais il me donne l'impression chaque fois qu'il serait meilleur avec un grammage plus faible, des infusions moins poussées, un espace plus ample pour s'exprimer... mais dès que je réduis trop, je me retrouve avec des liqueurs sans force qui viennent s'échouer sur ma langue comme autant de baleines mortes. 

Il faut dire que mon kyusu est particulièrement petit : 85 ml d'eau à vide, rempli à ras bord. L'espace utile d'infusion, une fois les feuilles à l'intérieur, est probablement près du 50ml. Donc systématiquement je mets trop de feuilles, j'infuse pas assez longtemps sur la première et beaucoup trop sur la deuxième, etc. Je ne pense pas que ce petit tamaryokucha aime être poussé de cette façon. Et comme en plus j'ai complètement oublié ce que je faisais il y a 10 ans avec les thés japonais qui ne sont pas des sencha fukamushi, c'est très frustrant. 

Je retrouve la même frustration dans l'écriture en ce moment. M'exprimer à travers ce blog me semble beaucoup plus naturel, comme si j'avais complètement perdu la voix anglaise que j'ai passé dix ans à développer. Je suis rouillé et je sens que ce manque de pratique autant au niveau technique qu'au niveau du langage s'y mettent à deux contre moi en ce moment.

Mais je sais aussi que pour l'écriture comme pour le thé, la vérité, c'est qu'il y a une bonne dose de blocage psychologique qui entre en jeu. Si je suis convaincu que mon thé est terrible, que mon écriture ne mène à rien, je n'arriverai jamais à en tirer quoi que ce soit. Dans un cas comme dans l'autre. 

Alors j'ignore ces pensées. Je persiste. J'écris à m'en défoncer les doigts. J'infuse ce satané Tamaryokucha un matin de plus. J'accepte qu'encore une fois, ça ne sera pas satisfaisant, mais au moins j'aurai quelque chose dans la tasse. J'aurai quelque chose sur la page. Chaque pas en avant est une victoire personnelle contre l'inertie. Et un jour j'aurai l'espace de regarder derrière moi, de voir ce qui a été parcouru et ce qu'il reste encore à faire, et je serai fier de ce qui a été accompli... ou à tout le moins, je serai fier d'avoir tenté d'écrire mes propres pep-talks au lieu de me laisser engloutir par la défaite. 

Au point où j'en suis, mon personnage principal est sur le point de construire un engin qui lui permettra d'apprendre à voler. Bientôt j'arriverai à l'une de ces scènes charnières qui me tournent en tête depuis le tout début, l'une de celles qui ont fait que j'ai envie d'écrire cette histoire.

Côté thé, la troisième infusion, la dernière, est légère et herbacée, sans grande force mais agréable en bouche. Pour la première fois, j'ai envie de recommencer, de m'en préparer un deuxième. 

J'espère dans les deux cas que c'est signe que j'arriverai à y trouver plaisir bientôt. 

jeudi 17 mars 2016

2015 – (mai) Futsumushi Sencha, cultivar Asatsuyu, Asamiya, Shigaraki, Shiga, Japon

Dégustation du 17 mars 2016
Une première dégustation peu détaillée se trouve là.


Informations et provenance : Merci à Niva du blog Humeurs d'un Paradoxe et aussi du Forum des Amateurs de Thé pour cet échantillon en provenance de chez Florent, qui tient la boutique Thés du Japon. Malheureusement l'échantillon n'est plus à la vente si bien que les informations détaillées ne sont plus disponibles, ne reste plus qu'à goûter.


Détails d'infusion : 3 gr. / 85 ml en Kyusu de Tokoname et tasse basse de Julie Lavoie. Eau filtrée Brita, maintenue entre 70 et 80°C en Yama Glass Kettle. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 30s. - 15s. - 45s. - pause pour manger - 1m.30s. - 2m.45s. - 5m. - dernière au jugé. Total de 7 infusions.


Vue : De longue et fines aiguilles vert sombre, rien à voir avec le hachis de feuilles auquel je suis plus habitué avec les fukamushi qui passent plus souvent dans ma kyusu. La liqueur est très claire, limpide, et le demeure toute la dégustation. 


Odeur : Déroutant pour moi qui n'ai pas l'habitude des sencha futsu mais très gourmand ! Une odeur charcutière de saucisse bouillie domine sur des parfums épicés de biscuits au gingembre, pain d'épice, et autres pâtisseries du même type. Dans le fond de tasse j'y retrouve la pâte de fruits, compote de coings et de poire, c'est très sucré et fruité, rien à voir avec le reste de la dégustation. 


Goût : La première infusion est végétale et fruitée, par la suite se développe de l'amertume, des arômes légèrement fumés, et autres saveurs de charcuterie (saucisson sec, chair à saucisse, etc.). Sur la deuxième ça devient plus vert, légumes bouillis et une petite pointe de menthe en fin de tasse. Ça s'atténue bien vite mais ça reste plaisant, j'en ai fait 7 infusions au final. Bien agréable malgré l'âge de cet échantillon, c'était un bon moment. Merci Niva !


Texture : En bouche la texture est merveilleuse, douce et caressante. La petite pointe d'amertume qui se développe chatouille les côtés de la langue et porte bien les saveurs, et la liqueur laisse un effet de fraîcheur dans la bouche après la troisième infusion. Franchement ça tombe dans l'estomac comme on tombe dans son lit, une sensation moelleuse et calme, relaxante. Une belle détente, vraiment. J'y reviendrai. 


Couleurs : Un rêve onirique de bleus et de verts, parsemé d'éclats blancs et jaunes qui s'envolent comme des petites bulles. 

lundi 14 mars 2016

2015 – Se-jak, Jiri, Corée, Eclos de Lyon

Dégustation du 14 mars 2016


Informations et provenance : Ah, ce fameux Sejak de l'Eclos ! ^^ Échantillon gentiment offert par Melawach, il s'agit de la version 2015 du thé de 2013 dont j'avais parlé ici. J'avoue, ça fait deux ans que j'ai envie d'y retremper les lèvres vu que la première fois, ma dégustation s'était faite dans des conditions peu idéales. Alors sans plus attendre, allons-y !


Détails d'infusion : 4 gr. / 125 ml en Gaiwan Lotus et tasse "Les Mains de Gilles". Eau filtrée Brita, maintenue entre 75 et 85°C en Glass Kettle. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 30s. - 45s. - 1m. - 2m. - 5m. - dernière au jugé. Total de 6 infusions.


Vue : Les feuilles sèches sont sombres et semblent recouvertes d'une couche de poussière -- à première vue seulement, car aucune trace de poussière blanche sur les doigts lorsqu'on les frotte un peu, c'est donc simplement la couleur des feuilles qui sont à la fois vert sombre et blanc argenté (spécial cette dualité). Les spirales plongées dans l'eau sont un plaisir à regarder se teinter d'un vert vif en se déployant.
La liqueur est plutôt pâle, un jaune argenté un peu trouble qui dégage beaucoup d'écume sur la première infusion surtout.


Odeur : Il y a une certaine odeur sucrée poussiéreuse sur les feuilles sèches -- c'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à frotter une spirale du bout des doigts. Mais l'impression passe et je décèle quelque chose qui me rappelle un peu les fruits jaunes, la mirabelle surtout, les prunes rouges.
En gaiwan préchauffé, ce sont les noix et le cacao qui ressortent le plus -- assez surprenant ce revirement complet de fruits à noix d'ailleurs. Après quelques inspirations, une odeur végétale sucrée fait son apparition -- je n'arrive pas exactement à l'identifier, est-ce du concombre ? De la tomate fraîche ? Ça donne faim en tout cas ! ^^
Les parfums sous le couvercle sont très frais, avec des notes d'huile de noix, de concombre, de courgette et de poivron vert cuits -- des parfums qui changent de façon étonnante lors de la deuxième infusion pour dégager des effluves plus florales de nénuphar au parfum sucré et "humide".
Finalement, en fond de tasse, ce sont des odeurs de melon miel (vert) et de melon d'eau (pastèque) qui prédominent, avec une pointe de fleur que je reconnais mais dont le nom m'échappe. C'est léger et mielleux, ça sent bon.


Goût : Beaucoup de choses perçues en rétro-olfaction dans cette première infusion, mais pas grand-chose dans la liqueur proprement dite. Une légère amertume porte des saveurs d'huile de noix et de concombre frais -- ça me fait un peu penser à ce Du Yun Mao Jian de la boutique Camellia Sinensis que j'avais goûté début 2014.
La deuxième est plus franche, avec des notes sucrées et végétales qui me rappellent le pépin de pastèque, les épinards frais, les feuilles de laitue... Une pointe très légèrement florale se dissipe avant d'être proprement identifiée, et en refroidissant la liqueur donne des saveurs de graines de tournesol.
La troisième infusion et les subséquentes sont plus douces avec des pôles semblables, donnant parfois un peu plus de noix que de végétaux selon les infusions. C'est très rafraîchissant en tout cas.


Texture : Ce thé rend une belle liqueur huileuse avec une texture très glissante. Une petite astringence irrite mon estomac sensible, mais ce n'est rien de vraiment dramatique. À partir de la troisième infusion c'est un peu plus aqueux, mais la tenue des arômes en bouche est toujours aussi longue grâce à cette amertume qui chatouille la langue.
Sur les deux premières infusions, j'ai eu un peu mal à la gorge -- l'impression d'avoir une pierre chauffée au soleil posée sur la gorge, ou encore l'impression d'avoir tenté d'avaler une bouchée un peu trop grosse (pas de boulettes de viande dans mon thé, promis ! ^^). Cela dit ça se dissipe avec la troisième infusion et c'est tout bon.


Couleurs : Assez ressemblant à ce que je voyais sur la version 2013 ! Un peu plus vif, avec une texture filamenteuse blanche qui flotte au-dessus des autres teintes -- en comparaison, les couleurs de la version 2013 semblent être plongées dans le brouillard.

lundi 7 mars 2016

2015 – Kukicha, Hiruma Yoshiaki, Iruma, Saitama, Japon

Dégustation du 7 mars 2016
 

Informations et provenance : Ce kukicha est un échantillon généreusement offert par Niva (Humeurs d'un paradoxe), obtenu à l'origine dans l'OST6 du Forum des Amateurs de Thé -- opération spéciale portant sur les thés d'Hiruma Yoshiaki, un producteur de sencha au Japon.
L'OST6 était une redite de l'OST4 qui avait eu lieu l'année précédente -- j'avais alors pu participer, mais je n'avais pas pris de Kukicha car je craignais les effets nocifs sur mon estomac (ayant eu des expériences précédentes désagréables avec ce type de thé). Cela dit, j'ai bien changé depuis la dernière fois que j'en ai bu, je n'y ai pas retouché depuis 2010, et après la dégustation d'hier je ne crains plus rien. Testons ! ^^


Détails d'infusion : 3 gr. / 85 ml en Kyusu de Tokoname. Eau filtrée Brita, maintenue entre 70 et 80°C en Glass Kettle. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 30s. -15s. - 45s. - 1m30s. - 3m. - dernière au jugé. Total de 6 infusions.


Vue : C'est un kukicha, l'échantillon est donc fait de feuilles et de tiges mêlées. L'effet est joli, plus qu'avec le dernier que j'ai eu -- ici les tiges sont très pâles et jaunes, ce qui rend un contraste intéressant à l'oeil avec les feuilles bien vertes.
La liqueur est jaunâtre sur la première infusion, mais dès la deuxième elle prend une teinte vert clair, probablement en partie à cause des nombreuses particules de feuilles en suspend dans l'eau.


Odeur : Dans le paquet que Niva m'a envoyé, il y avait entre autres choses deux sachets de thé (dont celui-ci) et des brisures de bonbons des Vosges à l'eucalyptus. La description des parfums avant infusion de ces thés est donc délicate, car je soupçonne une contamination -- les deux ont les mêmes odeurs de bonbons et de pain d'épice. o.O (ça sent bon hein, c'est pas ça le souci ^^)
Dans le kyusu préchauffé, cela dit, je commence à me demander ce qui s'est produit -- alors que je perçois bien une trace de la verdure dont les autres comptes-rendus parlent, je renifle également de la brioche, des saucisses bouillies, du sucre, du pain d'épice et des friandises. o.O Les feuilles humides et l'odeur sous le couvercle ayant les mêmes parfums, je jette l'éponge. Ça sent bon, mais ça ne sent pas le kukicha. ^^
Heureusement le fond de tasse rattrape tout ça -- les parfums ici sont sur le fruit exotique, à mi-chemin entre la pêche et l'ananas.


Goût : La première infusion est étrange -- j'ai d'abord un goût de charcuteries sur la langue, puis une vague d'amertume à laquelle se succède des saveurs de mangues et d'ananas ! Une belle finale mentholée bouche l'ensemble.
La deuxième infusion, elle, est directement sur l'ananas. Je l'ai laissée refroidir et à un moment elle a laissé apparaître quelques traces plus végétales, mais c'est rapidement passé et bam, retour sur l'ananas.
La troisième en revanche est plus douce et végétale, les saveurs d'ananas ne revenant qu'au moment où la liqueur refroidit un peu, avec une petite pointe des saucisses qu'on retrouve dans les parfums. La suite sera du même tonneau, de plus en plus doux, pour ne plus laisser qu'une belle dernière infusion contenant peu de saveurs mais d'une grande douceur.


Texture : Une sensation de picotement passe sur la langue avec la liqueur, qui a autrement une texture crémeuse et épaisse. Comme tous les thés de Hiruma-san, la longueur en bouche est extraordinaire -- mais sinon c'est doux, c'est simple, c'est bon.
Un petit brûlement d'estomac à la première infusion me crispe, mais ça s'atténue rapidement et les suivantes passent comme du beurre. J'en conclus que c'était une réaction de l'estomac matinal mal réveillé, peut-être couplé d'une réaction réflexe liée à ce qui s'est produit lors de la dégustation d'hier. Ouf ! =)


Couleurs : Je ne sais pas pourquoi, alors que les thés verts de Chine ou de Corée se déclinent en différentes couleurs allant du rose au bleu, les verts du Japon jusqu'ici ont toujours des teintes vertes à l'exception du Hojicha (qui n'a plus grand-chose à voir avec un thé vert du coup). Ici ce sont des tourbillons de vert parsemés d'étincelles vert pomme, jaunes et blanches sur un fond noir et profond qu'on distingue à peine derrière tout ce vert.

mardi 4 août 2015

2013 – Se-jak, Jiri, Corée, L'Eclos de Lyon


Informations et provenance : Il s'agit du deuxième échantillon de thé coréen gentiment fourni par JMB du Forum des Amateurs de Thé (le premier, un Jung-jak, a son compte-rendu ici). Deuxième récolte du printemps, ce Se-jak a fait couler beaucoup d'encre sur le forum d'ailleurs ! Et ailleurs également puisque Sébastien (Vacuithé) en a parlé sur son blog ici et Pierre-Jacques Thomas (Thé-Eau-Phile) en a parlé là.


Détails d'infusion : 5 gr. / 120 ml en Gaiwan JuHua, avec tasse de Julie Lavoie. Eau du robinet de Montréal, portée à ébullition en bouilloire de plastique et maintenue ensuite autour de 80°C dans un pichet isotherme (... ouais, je sais...). Temps d'infusion : 30s. - 45s. - 60s. - suite au jugé. Total de 5 infusions.


Vue : Je tiens à mentionner que les photos, comme la dégustation, ont été faites avec les moyens du bord ! C'était en novembre 2013 si ma mémoire est bonne, et mon grand-père venait d'être admis au palliatif (il est décédé trois mois plus tard).
Les feuilles sèches, donc, sont d'un joli camaïeux de vert clair et foncé auquel la photo ne rend pas justice. Les délicates spirales qui rendent beaucoup d'écume, comme on peut voir un peu dans la photo du dessous, remontent facilement dans l'eau et flottent à la surface du gaiwan pendant les deux premières infusions -- les voir se dérouler est un spectacle de toute beauté.
La liqueur elle-même est d'un jaune-vert léger et me rappelle la couleur naturelle de la gelée de citron vert. Superbe.



Odeur :
Le parfum des feuilles sèches dans le gaiwan chaud est frais -- difficile de le décrire autrement, car ce n'est réellement ni végétal, ni floral, ni fruité... juste frais, comme du vent de montagne. Je ne sais pas dans quelle mesure les circonstances peu propices à la dégustation sont à rendre en cause.
Les feuilles mouillées, en revanche, regorgent de parfums -- j'y retrouve principalement de la tomate, des asperges et une amplitude aromatique qui me rappelle le parfum des noix.
La liqueur dégage un parfum typique d'un thé vert de printemps, quelque chose de végétal et floral, avec une pointe de fruits légers. Le couvercle, en revanche, est purement du jus de légumes : asperges, brocolis, feuilles de tomates... jusqu'à ce que brusquement, le tout bifurque sur les fleurs opulentes (lys principalement) avec une point de fruits exotiques (mangue, papaye, etc.) ! Ce thé est vraiment plein de surprise.


Goût : Les saveurs sont particulièrement difficiles à identifier, mais dans ce cas-ci les circonstances de la dégustation (l'eau non-filtrée, le fait d'être en train de cuisiner en même temps, l'état d'esprit peu propice à la dégustation, etc.) sont en cause.
J'y retrouve tout de même des saveurs de légumes verts, d'huile de noix... voire même de légumes en train de cuire dans l'huile de noix. La rétro-olfaction est particulièrement ample, les saveurs sont perçues essentiellement dans l'arrière de la bouche. Un peu d'astringence dans la liqueur fait saliver -- mais peut-être ai-je trop poussé mon infusion ? Mais non, je ne retrouve pas le côté "brûlé" du "j'ai trop poussé mon infusion"... nope, définitivement pas trop infusé, donc un peu d'astringence dans la liqueur.
Ce thé, pour moi, résonne avec des notes de tête et de coeur tandis que son cousin le jung-jak a des notes de coeur et de fond, les deux se complètent bien.


Texture : Grande présence en bouche, très rond et ample, looooongue finale qui rappelle les noix et toujours les asperges... filin sur la langue comme le jung-jak qui rappelle même la texture d'une huile d'olive fine ! On voit bien les similitudes, mais j'ai l'impression que ce se-jak est plus "épais" (toujours en parlant de texture).


Couleurs : Des vagues de rose, de jaune doré, de vert et de blanc crémeux tourbillonnent et se fracassent les unes contre les autres, le tout vu de haut -- ce qui est particulier, compte tenu du fait que la plupart de mes images se voient face à moi.

mercredi 27 novembre 2013

2013 – Guricha, Shizuoka, Japon, Camellia Sinensis


Informations et provenance : Err... oui, alors, essentiellement c'est dans le titre, hein. Pas beaucoup plus d'informations malheureusement, même sur la page de la boutique... Encore heureux qu'on sache que c'est un thé qui provient de Shizuoka puisqu'il y a quelques années encore, on se contentait d'afficher le nom du thé et sa provenance générale (ici, le Japon).
En tous les cas, il s'agit d'un Guricha (Mushisei-Guricha, dans la famille des Tamaryokucha, plus d'informations sur le Forum des Amateurs de Thé), thé vert japonais dont on a omis l'une des étapes dans le processus de fabrication, résultant ainsi en un thé qui a tout d'un sencha (thé étuvé donc) hormis la forme roulée des feuilles !


Détails d'infusion : 2 gr. / 125 ml en Kyusu de Tokoname. Eau filtrée Brita, chauffée en continu en bouilloire de verre à une température tentativement maintenue entre 70 et 75°C (bouilloire et pichet refroidisseur en porcelaine). Temps d'infusion : 30s. - 5s. - 15s. - 60s. Total de 4 infusions.


Vue : Ces feuilles, malgré leur magnifique couleur vert foncé, sont tellement en bouillie qu'elle font encore plus penser à un fukamushi qu'à un guricha... Quelques spirales caractéristiques (et le parfum qui en émane, bien sûr) rétablissent cependant la vérité. La liqueur est d'un vert très intense, accentué par les débris de feuilles qui passent à travers le filtre.


Odeur :Le parfum des feuilles sèches est puissant : mangues et ananas, mêlé de noix et d'un pôle légèrement légumé. Dans la théière chaude, c'est une odeur fraîche de noix qui ressort, mêlée d'une pointe finement végétale -- mais dès les feuilles mouillées, ce sont les asperges, le brocoli et l'huile de noix qui se laissent découvrir. La liqueur est plus sucrée, j'y découvre l'odeur de maïs mentionnée sur le site (première fois que je retrouve la même chose qu'eux, tiens !) et le fond de la tasse reflète ce même parfum de façon plus intense.


Goût : C'est très légumier et finement marin. La première infusion est à la fois sucrée et iodée, ce n'est pas un mélange qu'on retrouve tous les jours. Lorsque la liqueur touche la langue, elle passe progressivement du salé iodé au sucré (ça rappelle presque la saveur du poivron grillé), puis revient à un salé plus doux mêlé d'un peu d'acidité...
La deuxième infusion est beaucoup plus portée sur le légume cuit -- brocoli et asperges, peut-être même une pointe de choux de Bruxelles (j'en ai mangé récemment, ça paraît ? ^^ je les retrouve dans tout maintenant !)... Le tout s'estompe lentement en vagues sucrées.
La troisième infusion, elle, accentue le pôle marin, salé et iodé -- cependant, on sent les parfums passer légèrement en retrait, malgré la persistance des sensations en bouche. Une dernière infusion plus longue confirmera cette impression.


Texture : Épaisseur lactée, voire même crémeuse -- rarement trouvé des thés qui ont une plus grande présence en bouche. Cela dit, c'est très épais mais ça n'en est pas moins fin, avec une longue persistance qui évolue dans tous les sens longtemps après la dernière gorgée avalée.


Couleurs : Pétales de lumière jaune clair sur fond bleu-vert pâle... L'ensemble ici n'est probablement pas le mieux rendu, beaucoup plus sombre que ce que j'ai en tête, mais je vois mal comment le refaire autrement...

dimanche 24 novembre 2013

2013 – Jung-jak, Corée, L'Eclos de Lyon


Informations et provenance : Voici un échantillon gentiment fourni par JMB du Forum des Amateurs de Thé, merci JMB ! ^^ Acheté à l'Eclos, qui est une boutique coréenne de Lyon, il s'agit apparemment d'une récolte d'automne. Je suis bien en mal d'en dire plus, mais à défaut, dégustons ! ^^


Détails d'infusion : 5 gr. / 120 ml. en Gaiwan JuHua et tasse de Julie Lavoie. Temps d'infusion : 45s. - 60s. - 1m.30s. - suite au jugé. Total de 6 infusions (la dernière au matin).


Vue : À première vue, ce n'est pas un thé qui donne envie -- les feuilles sont brun clair, et bien qu'elles soient entières, elles ont l'air desséchées, poussiéreuses, en fouillis... et pourtant. Dès qu'on les mouille, elles reprennent vie -- de brun, elles passent sur un vert vibrant qui rappelle les jeunes pousses de printemps (et c'est un thé d'automne !). La liqueur, elle, est d'un jaunâtre tirant sur le vert à mesure que passent les infusions.


Odeur : Les feuilles sèches sont très fragrantes, c'est ce qui m'a d'abord poussé vers ce thé -- ça part en vrille sur plusieurs types de fruits exotiques, mangues, papaye, ananas... Les feuilles dans le gaiwan chaud ont des effluves qui rappellent la mangue mêlée de noix grillées... est-ce des notes de torréfaction ?
Toutes les autres odeurs viennent confirmer les noix, y compris les feuilles mouillées et la liqueur -- mais des effluves de fruits exotiques, de mangues surtout, montent au nez si on attend un peu avant de boire ! J'aime bien, c'est très différent des thés verts auxquels je suis habituée.


Goût : Saveurs de noix, d'huile de noix même, quelque chose de végétal... Il y a de la torréfaction laissée sur la langue, mais c'est vraiment très très noix, avec une belle amertume pour porter la longueur. Les infusions subséquentes sont plus douce, toujours sur les noix mais on découvre des notes plus vertes/végétales qui rappellent un peu... euh, les choux de Bruxelles ? C'est plutôt intéressant ! Je ne suis pas habituée aux thés verts qui... euh, aux thés verts en fait. ^^ Du coup j'ai peu de références -- on m'a dit qu'il ressemblait un peu à un goût de Long Jing ? (*n'a jamais goûté de Long Jing*)


Texture : Sans surprise, c'est très huileux/gras, ça laisse après son passage un filin sur les papilles qui progressivement s'assèche et fait saliver. Les infusions finales sont moins huileuses et plus rafraîchissantes, je vois très bien ce thé consommé froid l'été pour se désaltérer puisqu'il conserve tout son goût sans devenir trop amer.


Couleurs : Jaune et vert, brun et ocre en un ballet constitué de lignes fluides... difficile d'être plus précis. À défaut, une image ! ^^