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mercredi 9 mars 2016

1998 – Nanjian Tulin « Jia Ji », Nan Jian Tea Factory, Nan Jian, Dali, ChaWang Shop

Dégustation du 9 mars 2016

Informations et provenance : Jusqu'à tout récemment, je considérais ce tuo comme une erreur de jeunesse. Il faut dire que ses origines étaient douteuses -- acheté chez ChaWang Shop en 2010 au tout début de mon parcours de thé, c'était un coup de tête que j'avais pris parce que c'était un peu âgé, pas cher, et surtout (la raison principale) parce que c'était un tuo. À l'époque mes critères d'achat étaient un peu whack -- toute bizarrerie et forme spéciale était dans ma ligne de mire. Finalement je l'ai acheté, je l'ai reçu et je l'ai promptement oublié -- car évidemment les galettes qui étaient venues dans la même commande étaient soit du domaine de la savate, soit des bizarreries qui ont rapidement cessé de retenir mon attention.
Je l'ai retrouvé en 2013 dans ma période anti-shu. Évidemment il était hors de question de le goûter à ce moment-là, mais je l'ai gardé et mis de côté en me promettant d'y tremper les lèvres un jour, parce que tous les gens à qui je l'ai fait goûter m'ont dit qu'il était bien. Eh bien voilà -- chose promise, chose due.


Détails d'infusion : 4 gr. / 100 ml en Purion de Lin's Ceramics et tasse Carmen Abdallah. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Deux rinçages espacés d'une minute. Temps d'infusion : 20s. - 25s. - 35s. - 45s. - 1m. - 1m.30s. - 3m. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : C'est franchement un joli petit tuo. =)
Bien compressé, à la limite d'être indélitable sans briser toutes les feuilles, on peut quand même constater un certain soin apporté au pressage de surface -- beaucoup de grandes feuilles entières, dans des teintes allant du noir au jaune ocre, en passant par le violet et le brun-gris désaturé. C'est un peu plus clair que ce qu'on pourrait attendre d'un shu, surtout de cet âge.
La liqueur est une surprise -- foncée mais translucide au point où je me demande si c'est vraiment un shu, zéro particule en suspension et une belle couleur de rhum brun sur les premières infusions.


Odeur : Le tuo a très peu d'odeur, même en soufflant dessus -- une vague odeur poussiéreuse peut-être, quelque chose qui rappelle le grenier sec. Un vieux shu quoi.
Une fois le fragment placé dans la théière chaude, le parfum est très net : c'est de la noix, de la noix et encore de la noix. Pacanes, noix de cajou, noix de grenoble, macadames -- c'est gras et beurré et légèrement sucré.
Le sucre se confirme lorsqu'on mouille les feuilles -- plutôt qu'un parfum acide comme j'en ai l'habitude avec les sheng, je retrouve des odeurs très sucrées de boulangerie. Ça me rappelle même les crêpes de sarrasin de ma mère, ce qui est assez spécifique quand même. On retrouve les mêmes parfums à la surface de la liqueur d'ailleurs.
Sous le couvercle, c'est sucré, poussiéreux et terreux -- et bizarrement après ce déluge de parfums bien puissants, le fond de tasse est décevant. C'est légèrement sucré, ça sent un peu le tabac peut-être ? Mais c'est tellement ténu que ça s'enfuit aussi vite que c'est apparu.


Goût : La saveur de la première infusion est légèrement sucrée, on y décèle des noix et du pain frais, avec quelques traces de fruits secs en rétro-olfaction (du raisin sec surtout, un peu de pruneaux). Ça a une belle saveur de "vieux", c'est calme et sage.
La deuxième est un peu plus amère, mais à peine -- juste le temps de passer la langue et c'est parti. Il y a une trace de pruneaux secs, beaucoup de noix encore (noix de cajou, de grenoble), toujours cette saveur un peu poussiéreuse que j'ai dû mal à identifier autrement que par "ça goûte le vieux shu".
Par la suite, au fil des infusions, je retrouve quelques pointes de tabac doux et de pain frais, mais ça reste dans le même registre de noix et de grenier sec, avec une petite saveur mentholée qui reste dans la bouche à partir de la sixième infusion. Franchement c'est très bon, très propre, ça manque peut-être d'un peu de dynamisme mais à part ça, rien à redire.


Texture : C'est moelleux, doux et crémeux, ça coule tout seul bref c'est trop bon ! J'ai un léger, très léger picotement au niveau des amygdales quand j'avale, comme un petit check-up des douanes, mais c'est tout et ça passe tout seul. Ce n'est pas très long en bouche, mais franchement ça ne me dérange pas beaucoup -- j'ai beau aimer ce que j'ai en bouche, ça reste un shu donc pas ma famille de thé préférée... En revanche la sensation crémeuse reste en bouche et ça, chuis fan.
À partir de la sixième infusion, il y a un petit effet frais bienvenu qui s'installe dans la bouche. L'avant-dernière infusion est particulièrement crémeuse, beaucoup plus que la dernière d'ailleurs, ce qui est étonnant. J'imagine qu'à ce moment-là le thé avait tout donné.
Finalement c'est un thé qui a un petit effet relaxant, mais plutôt mental que physique. Au final je me suis surpris plusieurs fois à laisser voyager mes pensées au lieu de rester concentré comme d'habitude.


Couleurs : Un jeu d'orange et de bleu très saturé sur un fond jaune sombre, qui partent du centre pour se déverser vers l'extérieur comme une fontaine.

vendredi 10 février 2012

2009 – Banna Zi Ya Cha, Ximeng, Lancang, Xishuangbanna, Lancang Tea Factory, Cha Wang Shop


Informations et provenance : Il s'agit d'une galette de 357 gr. issue de théiers violets, datée du 18 avril 2009, produite par la Lancang Tea Factory avec du maocha en provenance de la région de Menghai et achetée chez Cha Wang Shop.


Détails d'infusion : 4 gr. / 100 ml en Purion. Temps d'infusion : 10s. - 25s. - 45s. -1m. - 1m.30 (pause) 2m. - 2m.30 - 3m. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : De belles feuilles, plutôt petites et noir-violet très sombres avec quelque chose de lustré. Elles ont visiblement été très peu compressées parce qu'il suffit de soulever un peu la galette pour que se détachent une myriade de feuilles. La liqueur est jaune doré et les feuilles humides sont essentiellement constituées de morceaux de feuilles et de tiges plutôt que de feuilles entières.


Odeur : L'odeur des feuilles sèches dans la théière chaude est sucrée et fruitée, ça rappelle beaucoup l'abricot sec. Le parfum des feuilles mouillées a quelque chose d'assez raffiné, toujours cette odeur d'abricot sec mêlé cette fois de gâteau à la vanille. La liqueur a une odeur indéfinissable (bien qu'agréable) vaguement citronnée.


Goût : C'est plutôt léger, difficile de déterminer un goût particulier. Les arômes sont plutôt fruités, mais tout se passe vraiment en rétro-olfaction avec une belle amertume qui porte des saveurs fraîches et citronnées. À partir de la cinquième infusion, la liqueur est plutôt équilibrée entre sucre et amertume et la dégustation en devient, sinon complexe, du moins beaucoup plus agréable.


Texture : C'est plutôt rond et doux, assez enveloppant, soyeux avec quelques aspérités en finale qui assèchent la bouche.


Couleurs : Un soleil froid, bleu, vert, violet et gris, entouré d'une farandole de formes qui donnent l'impression de nager autour, en cercle, avec des mouvements qui rappellent ceux des poissons.

jeudi 9 février 2012

2005 – Ximeng Zi Ya Cha, Lancang Tea Factory, Ximeng, Lancang, Xishuangbanna, Cha Wang Shop


Informations et provenance : Il s'agit d'une galette pressée à la main de 375 gr. provenant de théiers de la fameuse variété "violette", issus de la région de Ximeng où vit la minorité Wa, produite par la compagnie Lancang et achetée chez Cha Wang Shop.


Détails d'infusion : 4 gr. / 100 ml en Purion. Temps d'infusion : 5s. - 15s. - 30s. - 1m, et je m'arrête là, les infusions ne sont pas assez à mon goût. Peut-être suis-je passée à côté de ce thé, ou alors l'adolescence le rend ingrat... mais une chose est sûre, il ne m'a pas plu !


Vue : Les feuilles plutôt petites, très sombres et brillantes (fait typique de la variété violette), sont très faiblement compressées et la galette se défait à mains nues. Les teintes varient du brun-violet au noir. La liqueur, elle, est jaune d'or se transformant en orangé soutenu dans les infusions subséquentes. Les feuilles mouillées, une fois les infusions passées, semblent être constituées d'un étrange mélange de feuilles vertes, souples, et de feuilles noires rigides, ce qui me laisse penser qu'il s'agit peut-être d'un mélange sheng/shu.


Odeur : L'odeur des feuilles sèches est totalement inidentifiable. Dans la théière chaude, le parfum est étrange -- ça m'évoque à la fois le cuir (comme si c'était un shu) et quelque chose de vaguement conifère, du cèdre ou de l'échinacée. L'odeur des feuilles mouillées ressemble définitivement à du sapino, cette tisane médicamenteuse mêlée d'aiguilles de sapin et d'échinacée. L'odeur de la liqueur, elle, rappelle celle des animaux de ferme, qui se transforme lorsque la tasse est vide en quelque chose de sucré qui rappelle le jeune puerh.
  

Goût : Dès la première gorgée, on perçoit quelque chose d' "off" -- il n'y a pas de goût ! La texture est tellement présente en bouche, le minimum d'amertume auquel on s'attend dans un puerh est pratiquement absent, si bien que le goût passe totalement inaperçu. Il faut vraiment pousser les infusions pour trouver enfin quelque chose d'identifiable... et encore. Ça goûte vaguement, très vaguement l'échinacée, un petit arrière-goût médicamenteux/herbal, un arrière-goût encore plus estompé de cuir ou de ferme... et c'est tout, ça disparaît tout de suite.


Texture : La texture est très ronde, elle tapisse la langue d'une pellicule presque grasse et plutôt lourde. La totale absence d'amertume rend la liqueur étrange -- c'est tellement rond qu'il n'y a aucune aspérité, rien qui accroche en bouche, et pourtant il y a quelque chose de sec là-dedans. C'est assez difficile à expliquer, mais ce qui est certain, c'est que ça diffère totalement de tous les autres puerh que j'ai bu jusqu'ici.


Couleurs : De minces lignes orangées et bleues traversant un magma indigo, brumeux, qui semble à la fois en ébullition et totalement immobile.