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jeudi 10 mars 2016

2004 – Song Zhong Zhi Lan Xiang Phoenix Oolong, Wu Dong Shan, Feng Huang, Guangdong, Chine, Hojo Tea

Dégustation du 10 mars 2016

Informations et provenance : Ce Zhi Lan Xiang ("parfum d'orchidée") est un échantillon de Manuela (du blog Tanuki-san) qui provenait à l'origine de chez Hojo Tea. Manuela l'a très bien résumé sur la page qui le concerne (avec un joli compte-rendu en prime), je lui laisse donc la parole.
Au jour où j'écris ce billet il est encore en vente, mais pour combien de temps ?
De façon plus personnelle, c'est un thé qui m'impressionnait beaucoup et que j'ai mis du temps avant de me décider à le boire, sachant que c'était l'un de ceux que Philippe (Addictea) aimait beaucoup -- je voulais m'assurer de l'apprécier "à sa juste valeur". Au final, il a été bu sans cérémonial mais en compagnie virtuelle de gens que j'apprécie, ce qui en a fait un thé de l'amitié.
Du coup c'était parfait.


Détails d'infusion : 5.7 gr. / 140 ml en LiXin ZiSha et tasse Nakao Tetsuaki. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 10s. - 20s. - 30s. - 40s. - 50s. - 1m. - 1m.20s.  - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Les feuilles torsadées sont plutôt fines, de couleur rouge vin -- pas le rouge grenat d'un bourgogne mais plutôt le rouge sombre et riche d'un bordeaux, parsemé d'éclats clairs d'une teinte qui me rappelle la chair de la pêche. Mouillées, elles redeviennent d'un vert kaki, mais leurs extrémités conservent une teinte rougeâtre qui indique une oxydation poussée.
La liqueur est d'un orangé clair tirant sur le pêche rosé, avec un peu d'écume flottant à la surface des deux premières infusions. C'est très pâle pour un thé de plus de 10 ans.


Odeur : Les feuilles sèches, à peine sorties de leur petit sachet, ont un parfum prononcé de framboises et de mûres fraîches -- parfum qui se transforme lentement au contact de l'air pour bifurquer vers la compote de fruits rouges et le miel. Dans la théière préchauffée, cette tendance s'inverse -- d'abord le miel, ensuite la compote de cerises, ensuite les framboises fraîches, les pêches blanches, les fruits d'été. C'est riche et capiteux, ça donne faim de soleil.
Sous le couvercle la tendance se maintient, on reste sur des odeurs de pêches douces et de nectarines, parfums que l'on retrouve mêlés de gardénia et de cassonade dans le fond de tasse. La liqueur elle-même, enfin, a des effluves fruités, fleuris et vanillés.


Goût : La première infusion donne de prime abord une légère saveur de torréfaction acide, laquelle tombe très rapidement sur le fruit -- pêches, nectarines, cantaloup mûre. Une belle rétro-olfaction florale rend des arômes de gardénia et de glycérine après avoir avalé.
La deuxième infusion est très différente -- là où il y avait beaucoup de fruit dans la précédente, celle-ci est plutôt sur le miel et les fleurs. Une petite pointe de torréfaction toujours présente porte les saveurs et les aide à s'ancrer en bouche.
Par la suite c'est plus doux, une certaine amertume se mêle des saveurs confuses à mi-chemin entre le fruit et les fleurs -- et puis une nette saveur de poivre s'installe en bouche ! C'est vraiment surprenant, quelque chose qui prend la bouche d'un coup au bout de deux ou trois gorgées. Les infusions subséquentes, en plus des saveurs déjà mentionnées, laissent apparaître de la vanille et une belle diversité d'épices alternant entre la cardamome et les feuilles d'origan.
C'est rare pour moi de trouver une telle complexité au-delà de la quatrième infusion -- souvent les surprises s'arrêtent après la troisième, on reste sur les mêmes pôles qui sont plus ou moins marqués selon l'infusion... pas celui-ci. C'est vraiment un beau thé.


Texture : La première gorgée est une surprise -- une certaine amertume (ou acidité ? difficile de juger...) s'étale dans la bouche. La sensation est très marquée au centre de la langue, mais peu aux extrémités et elle semble s'évaporer comme de la brume. C'est très bizarre comme sensation.
La deuxième infusion quand à elle a brusquement une texture d'huile de tournesol. Elle amène avec elle un certain engourdissement de la gorge, puis par la suite un picotement au bout de la langue lorsque les saveurs de poivre s'installent. Avec tous ces jeux en bouche, la persistance des saveurs est plutôt longue, ce qui est vraiment agréable.
Autre chose -- l'énergie de ce thé est très nette dès la première infusion. Dès le début, j'ai une sensation de flottement dans l'estomac et je me sens la tête un peu légère -- des sensations qui annoncent habituellement un effet "teadrunk". La deuxième infusion amène à ces sensations une chaleur dans l'estomac. Malheureusement, les interruptions répétées de mon chat malade ont empêché ces sensations de se concrétiser et les promesses d'être teadrunk n'ont pas été tenues.
Les infusions 4-5-6 se sont enchaînées plutôt rapidement, du coup l'astringence qui s'est développée à ce moment a fait légèrement réagir mon estomac. Rien qui ne soit guérissable par le fait de manger quelque chose cela dit, et les infusions reprennent de plus belle ensuite. La sixième infusion a d'ailleurs ramené des sensations de tête légère et une chaleur dans le ventre. Dommage que l'échantillon soit terminé, je ne dirais pas non à m'en refaire une dose pour voir... ^^


Couleurs : C'est très lumineux pour un dancong ! Des éclats de jaune-orange vif et de bleu sprintent d'un côté à l'autre sur un fond blanc et jaune clair. C'est une image qui donne l'impression d'être vue de haut plutôt que d'être vue de face -- pas quelque chose de courant et, dans ce cas-ci, tous ces mouvements rapides me donnent un peu le vertige.

samedi 5 mars 2016

2013 – Wuliang Wild Hong Cha, Wuliang Shan, Pu'Er (Simao), Yunnan, Essence of Tea


Informations et provenance : Échantillon gentiment fourni par Marion, qui est membre comme moi du Forum des Amateurs de Thé, il s'agit d'un Hong Cha du Yunnan -- plus précisément des montagnes de Wuliang dans la région de Simao -- fait à partir de feuilles provenant d'arbres sauvages anciens. Vendu à l'époque par Essence of Tea, il n'est malheureusement plus disponible. Il est cependant possible de s'abonner sur la page du thé afin d'être avisé dans le cas d'un retour éventuel sur la carte.


Détails d'infusion : 7.1 gr. / 140 ml en ShuiPing de CaiManZu. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Aucun rinçage. Temps d'infusion : 45s. - 80s. - 2m. - suite au jugé. Total de 5 infusions.


Vue : Les feuilles sont absolument superbes. Longues et effilées, pour la plupart très sombres bien qu'il y ait ici et là quelques feuilles jaunes, elles se parent d'une myriade de couleurs dès qu'on les trempe dans l'eau. Ça joue du kaki sombre au rouge vin, en passant par le jaune, l'orangé et le vert tendre -- souvent sur la même feuille. C'est franchement superbe et mes photos ne leur rendent pas justice.
La liqueur est d'un rouge orangé clair, très limpide, qui me rappelle la couleur chaleureuse d'une bière ambrée, la mousse en moins... quoique beaucoup d'écume se forme à la surface du thé. ^^


Odeur :Le parfum des feuilles sèches posées en théière chaude est particulier. Très loin des fruits et de la compote que je retrouve habituellement dans un thé rouge, les pôles sont sur le légume vert cuit -- brocoli, bok choy, choux de Bruxelles. Il y a bien des fruits, mais ils sont en arrière-plan, à peine décelables. Lorsqu'elles sont mouillées en revanche, le parfum devient ample et poivré, avec des notes de fruits séchés dans un four à bois qui me rappellent l'Assam Banaspaty de la maison Camellia Sinensis que j'aime tellement.
Les autres parfums, ceux que l'on retrouve sous le couvercle, à la surface de la liqueur et dans le fond de tasse, sont plus difficiles à identifier. C'est sucré, vaguement fruité, doux, mais impossible d'en dire plus.


Goût : Les saveurs évoluent peu d'une infusion à l'autre, ce qui m'étonne assez peu finalement. Ça n'en reste pas une superbe liqueur aux accents très légumiers, toujours ces brocolis, choux de Bruxelles et bok choy avec la douceur de leur eau de cuisson. C'est un peu épicé en retour de bouche, avec des notes de poivre rose et de cardamome, et il y a quelques rares accents de fruit qui me rappelle la compote pomme-poire.
Au fil des infusions, la liqueur devient plus amère, le fruit disparaît presque complètement et les épices montent avant de retomber. La dernière infusion est une belle tasse pleine de douceur.


Texture : La texture n'est pas très bien définie -- on reste dans quelque chose de plutôt aqueux, qui glisse sur la langue en y déposant des arômes plutôt que de la substance. Il y a cependant une belle longueur en bouche grâce à cette amertume qui porte bien les saveurs, ainsi qu'un beau retour épicé qui pétille légèrement la gorge.
Il n'y a pas grand effet sur le corps cependant. La liqueur éclaircit un peu l'esprit mais à priori je reste sur l'impression qu'il s'agit plutôt d'un thé de bouche, qui demeure tout de même très bien fait dans son genre.


Couleurs : Fait de rouge plutôt terne mêlé de vert et brun, c'est une forme géométriquement floue qui tournoie lentement sur un fond fait de teintes très sombres qui se confondent avec du noir et de quelques taches de bleu-vert désaturé.

jeudi 3 mars 2016

2012 – Yunnan Sourcing "Xin Ban Zhang", Banzhang (Bulang Shan), Bulang, Xishuangbanna, Yunnan Sourcing


Informations et provenance : Arrivé chez moi dans une pile d'échantillons récemment, ce thé a été récolté en 2012 dans la région que l'on appelle Xin Banzhang -- "Nouvelle Banzhang", autrement dit une région limitrophe à Lao Banzhang, l'un des terroirs les plus réputés du Yunnan. Sans atteindre les prix astronomiques de Lao Banzhang, le prix de base de cette galette est quand même très haut pour un sheng de deux ans.
Outre la description de Scott et les commentaires sur Yunnan Sourcing, je n'ai pas trouvé de compte-rendu sur le net. Si vous l'avez goûté et avez envie d'en faire part, vous connaissez la procédure...

(Dégustation faite le 17 février 2014.)


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en terre Purion. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - pause - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : La galette est moyennement compressée : l'échantillon est essentiellement constitué d'un gros morceau (dans lequel on voit encore la courbe des extrémités de la galette) qui se délite assez facilement à l'aide d'un pic. Je ne peux pas le défaire avec les doigts sans casser des feuilles cependant, d'où mon estimation de compression "moyenne" -- autrement dit pressage à la main par quelqu'un qui avait beaucoup de force dans les bras. ^^
Un peu d'écume s'échappe de la théière lorsque je verse l'eau pour la première infusion. La liqueur est d'un jaune clair qui n'est pas bien rendu sur les photos à cause du flash, relativement limpide -- j'ai vu mieux, mais j'ai aussi vu nettement pire.


Odeur : Les feuilles sèches ont une odeur bizarre -- "schteuf" comme dirait Vincent. Est-ce du malt ? C'est léger, un peu poussiéreux, difficile à définir mais pas désagréable.
Dans la théière humide, sous le couvercle et dans le fond de tasse, ce sont les abricots mûrs, le musc et le sucre fruité qui ressort. C'est doux, il n'y a pas une énorme complexité pour l'instant, les parfums ne sont ni très forts ni très marqués, mais c'est un mélange qui me plaît.


Goût : Plus encore que les saveurs, c'est le kuwei -- l'amertume qui se transforme en sucre sur son passage -- qui me marque. Malgré des saveurs sur des notes acides et amères de foin coupé et d'herbes sèches, c'est très doux, un peu amer, très sucré après avoir avalé. J'aime.
La deuxième infusion est plus harmonieuse, les éléments semblent moins se succéder les uns après les autres pour plutôt se lier et travailler ensemble à porter les arômes. C'est amer mais rond, toujours ces notes herbeuses, avec une douceur de fond qui me rappelle le carré de Lao Banzhang 2011 -- en moins raffiné quand même.
Ça évolue très peu au niveau des saveurs dans les infusions suivantes -- de l'herbe, de l'amertume, du sucre, quelques notes de fruits... Par contre au fil des infusions se développe une saveur fumée de plus en plus forte et désagréable qui me gâche un peu le plaisir de la dégustation. C'est peut-être trop jeune ou, au contraire, plus assez jeune.


Texture : Épaisse mais lisse, la liqueur coule facilement en gorge en laissant un filin gras sur son passage. Les saveurs restent peu en bouche -- je les perçois plutôt au niveau des joues et à l'arrière de la langue, à l'endroit où elle s'arrête pour devenir la gorge -- mais une rétro-olfaction intéressante les fait remonter pendant quelques minutes.
Côté moins agréable, ce thé m'agite -- trois infusions et je me sens fébrile, en besoin d'action et d'activité physique. Je me sens comme un enfant de 3 ans dans un centre d'achat qui a besoin de faire pipi alors que ses parents tentent de mettre la main sur une paire de chaussures. Ce n'est pas la force tranquille d'un Lao Banzhang ni même d'un assemblage de Bulang...
Le crash énergétique survient cependant en l'espace de quelques heures, et de façon brutale d'ailleurs -- en quelques minutes je me suis retrouvé avec une telle fatigue que je me suis endormi en plein milieu de l'après-midi pour ne me réveiller qu'à 18 heures. C'est très semblable à l'effet que le café a sur mon organisme et l'une des raisons principales pour laquelle je n'en bois que rarement. À prendre en considération donc...


Couleurs : Pointes blanches lumineuses dansant sur un fond jaune légèrement texturé, en duo avec quelques volutes de brume vert mousse. C'est un numéro simple, le solo à pas de fées d'une étoile naissante qui découvre le monde.


mardi 1 mars 2016

2013 – Li Shan "cuit maison 12h", Li Shan, Taiwan, Camellia Sinensis


Informations et provenance : Très peu d'information malheureusement sur ce Li Shan acheté chez Camellia Sinensis et torréfié par la maison. On sait que c'est un Li Shan, on sait qu'il vient de Taiwan... et c'est tout.
Cependant, il existe un article très intéressant sur la torréfaction maison des wulongs (ceux que l'on n'a pas apprécié, ceux qui sont un peu passé ou tout simplement parce qu'on a envie d'essayer) sur le blog de la maison de thé -- le genre d'article qui donne envie d'essayer de s'y mettre soi-même...


Détails d'infusion : 5 gr. / 140 ml en ShuiPing de Cai Man Zu. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 30s. - 20s. - 45s. - 1m.30s. - suite au jugé. Total de 7 infusions.


Vue : De belles boules vert-bleuté de taille moyennes roulent dans la théière -- certaines d'entre elles sont étonnamment lourdes pour leur taille. C'est toujours un plaisir de les voir se déployer, mais ici c'est également une surprise : malgré la torréfaction, elles demeurent très vertes et pour la plupart intactes.
La liqueur est d'un jaune-vert limpide qui perd sa verdeur sur les dernières infusions. Très joli et plutôt inattendu d'un wulong torréfié.


Odeur : Placées dans la théière chaude, les billes qui dégageaient auparavant des parfums légers de lys se mettent à embaumer les fleurs et le caramel chaud. Les parfums sous le couvercle sont très fragrants, dans des notes florales surtout -- le lys toujours, les fleurs sauvages, avec quelque chose de mielleux et résineux en arrière-plan. La liqueur est très résineuse mais sans agresser les narines -- la seule déception demeure le fond de tasse dont l'odeur est très légère, à peine une touche de sucre et rien d'autre.


Goût : Dès la première infusion, les saveurs s'annoncent : la note prédominante est celle de l'abricot ! Passé cette première saveur, des pôles floraux, fruités, caramélisés et légèrement résineux se laissent découvrir en courants et reflux sur la langue.
La deuxième infusion est plus faible, probablement sous-infusée mais donnant tout de même un joli fruité caramélisé ainsi que des notes végétales et fraîches.
Les notes végétales deviennent plus prononcées au fil des infusions et une grande douceur s'installe. Malheureusement, au bout du compte cette douceur sera nuisible à l'endurance de ce Li Shan par ailleurs délicieux.


Texture : La liqueur est plutôt coulante, pas très épaisse mais tout de même bien présente en bouche. La permanence des saveurs est de longueur moyenne, correcte pour un wulong (surtout sur les premières infusions) mais j'ai déjà vu mieux.
Ce qui est plus décevant en revanche c'est l'effet sur le corps : très légère énergie suivie d'un très léger effet d'apaisement... et c'est tout. C'est dommage, car j'ai souvenir d'avoir goûté ce Li Shan en version fraîche au printemps de sa sortie, et là l'effet était très puissant ! Ça me pousse à dire que si la cuisson est agréable en bouche, elle n'est pas encore bien maîtrisée par les employés de Camellia Sinensis. Mais bon, ils ont encore bien le temps de s'améliorer... et se sont d'ailleurs bien améliorés depuis 2013 ! ^^


Couleurs : C'est une image en deux plans. Au-devant, on voit des éclats de bleu, de jaune et de vert composées de pointes et de plages plus douces. Au second plan, ce sont des flammes rouges sur fond noir, des cercles concentriques orangés, des gouttes de lumière tamisée.

dimanche 6 avril 2014

2013 – (Hiver) Hung Shui Oolong "fort", Shan Lin Shi, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : Acheté via Stéphane (Teamasters), il s'agit d'un Gao Shan de Shan Lin Shi ayant bénéficié d'une torréfaction poussée -- on apprend d'ailleurs à ce lien (hélas en anglais, mais avec plusieurs vidéos) que cette cuisson lente s'est étalée sur une semaine afin d'obtenir une torréfaction en profondeur sans calciner les feuilles.
Stéphane recommande d'ailleurs de n'utiliser qu'une petite quantité de feuilles et des infusions longues afin d'en tirer le maximum -- mais puisque je cherche ici à faire connaissance pour la première fois avec ce thé, j'utilise cette fois mes paramètres habituels (5 gr. donc) en gardant l'idée en tête pour y revenir plus tard.
Comme d'habitude, s'il y a des comptes-rendus dont vous connaissez l'existence sur le net, faites-moi signe en commentaire !


Détails d'infusion : 5 gr. / 140 ml en ShuiPing de Cai Man Zu. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 40s. - 50s. - 60s. - 75s. - 90s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Voilà de bien jolies billes brunes ! Plutôt lourdes et volumineuses, leur couleur marron laisse deviner le vert sombre derrière l'effet de la torréfaction, vert qu'elles retrouvent d'ailleurs après quelques infusions. On retrouve dans la liqueur, d'un jaune-orangé aux reflets verdâtres plus sombres, le côté translucide impressionnant propre aux thés de Stéphane.


Odeur : Un parfum puissant de torréfaction rappelant les céréales grillées et le pain carbonisé accueille les narines au moment de plonger les feuilles dans la théière pré-chauffée.On retrouve également, passée la première vague, une petite odeur acide de pépin de raisin ainsi qu'un parfum plus sucré de lait caramélisé.
Une fois les feuilles mouillées, on découvre sous le couvercle une odeur de toast au miel et d'orge perlé, tandis que la liqueur elle dégage un parfum rappelant les galettes de riz -- parfum que l'on retrouve également en fond de tasse, mais qui avec le temps s'atténue de plus en plus vers le miel. Une belle gourmandise !


Goût : Pas énormément de goût sur cette première infusion -- on a quelque chose d'un peu torréfié avec un rappel de céréales grillées, une légère acidité, un mignon petit retour en bouche sur l'orge perlé sucré, mais rien de bien transcendant... j'attends de voir.
La deuxième infusion, heureusement, commence fort. Galette de riz ! C'est la première chose qui me vient en tête au moment de goûter. La liqueur possède une certaine acidité qui fait saliver et prépare la bouche pour la suite.
Dès la troisième infusion, ça donne l'impression de boire une infusion du riz soufflé dans le genmaicha ! C'est intéressant, toujours un peu acide mais pas de façon désagréable (ni pour l'estomac) -- on retrouve une saveur légère et sucrée, quelque chose de céréalier après le passage de la liqueur. J'en reviens une fois de plus à cette saveur de galette de riz qui me rappelle de beaux souvenirs d'enfance. Les infusions suivantes changeront peu -- c'est moins un thé de bouche qu'un thé de sensations et de textures.


Texture : Déjà intéressante sur la première malgré un goût faible, la texture est très ronde et ample, presque huileuse. Lorsqu'on y ajoute une longueur en bouche plutôt bonne, moins en retours changeants qu'en présence constante et tranquille ainsi qu'un effet sur le corps relaxant qui donne envie de s'installer les bras derrière la tête et de profiter du moment, on comprend mieux pourquoi Stéphane a eu envie d'en faire un thé méditatif pour célébrer le temps des fêtes.


Couleurs : Tourbillons et bulles sur fond contrasté de rouge sombre, de bleu indigo et de noir, le tout en mouvement ascendant -- l'image présentée ici est statique et bien divisée entre bulles et tourbillons, mais en réalité les deux s'entremêlent beaucoup plus que ça...


lundi 9 décembre 2013

2013 – "High Mountain Spirit" Lot 230, Mr. Gao, Lishan, Taichung, Taiwan, Taiwan Tea Crafts


Informations et provenance : Il y a presque six mois, Philippe (blog Addicttea) s'était offert une infusion de ce thé pour son anniversaire. J'ai mis un moment avant de me décider à le goûter -- ça fait bien un mois et demi qu'il prend l'air dans mes tablettes...
C'est le joli post informatif de Philip Brook (Taiwan Tea Crafts) qui m'a décidé. Après tout, comment ne pas déjà aimer son créateur avec un tel lot d'informations, une telle authenticité dans cette façon de narrer le contact entre deux hommes de thé ! Et une fois que l'on apprécie le créateur, comment ne pas avoir envie de découvrir la création...
Pour l'instant, ce Li Shan est toujours disponible, mais qui sait pour combien de temps ? Et si quelqu'un d'autre que Philippe a goûté et apprécié ce thé, faites-vous connaître en commentaire...


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en gaiwan de porcelaine. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 20s. - 45s. - 1m.30s. - 2m.30. - 4m. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Les feuilles roulées en toutes petites boules sont d'un vert vibrant -- de petites tiges forment parfois des taches jaune clair qui contrastent avec la couleur des feuilles. Mouillé, le tout prend une teinte vraiment particulière, le vert des feuilles d'été encore sur l'arbre ! Rien à voir avec l'olivâtre pâlot qu'on retrouve beaucoup plus souvent, ces feuilles-là sont bien vivantes.
La liqueur est d'un jaune très clair, presque blanc, même lorsque les infusions sont plutôt poussées -- dans la lumière du jour, j'imagine qu'on pourrait aisément s'y tromper.


Odeur : Les feuilles sèches sont particulièrement fragrantes -- c'est très floral, ça rappelle le parfum des inspirations d'air pur qu'on prend en montagne. Dans le gaiwan pré-chauffé, ça devient plus rond et fruité, avec une petite touche difficile à décrire... est-ce du pin, de la résine ? Peut-être bien...
Le parfum sous le couvercle est limpide (!) et laiteux, caramélisé mais toujours floral, complexe et changeant, avec une pointe d'acidité végétale que l'on retrouve dans les feuilles mouillées et dans la liqueur. Un seul mot me vient en tête pour décrire les odeurs : pur !


Goût : Fraîches saveurs de pin, une pointe de résine, et des fleurs... étonnant mélange ! Contrairement à l'odeur, c'est plutôt astringent, on perçoit peu le côté floral qui ressort essentiellement en rétro-olfaction -- par contre si l'on a des fleurs, ce ne sont pas les jolis machins que l'on cueille pour faire agrémenter la table. C'est le parfum fort de la lavande, quelque chose de presque médicinal et sauvage -- une saveur qui, accompagné de cet arôme de résine de pin, correspond tout à fait au nom "High Mountain Spirit" de ce thé. Une finale très légèrement sucrée apparaît sur les dernières infusions... une petite douceur qui vient caresser la langue.


Texture : Au début, c'est très limpide, on a l'impression de boire de l'eau -- mais la gorgée n'est pas encore avalée qu'un filin huileux tapisse l'ensemble de la bouche et de la gorge. La rétro-olfaction est particulièrement longue, une inspiration fait apparaître des parfums, une expiration en laisse découvrir d'autres. C'est vraiment un thé d'exception... pas étonnant que Philippe l'aimait tellement !
Côté Qi, ce thé énergise beaucoup -- j'aurais probablement dû éviter la dégustation du milieu de la nuit... C'est un thé à boire en fin de matinée, je dirais, au moment où les papilles sont assez éveillées pour percevoir toute la complexité des saveurs, avant le repas de midi qui léthargise, au moment où le soleil brille encore haut dans le ciel et qu'un petit regain d'énergie suffit à mettre un sourire aux lèvres pour le reste de la journée.

 

Couleurs : C'est très "eau et vent" -- des vagues vertes, des mouvements erratiques bleu et turquoise, l'impression générale de se tenir sur une falaise au-dessus de la mer, avec des petits éclats blanc-jaune qui montent et descendent, imitant l'écume, les embruns de la mer. Les mouvements ont chacun leur propre rythme et, bien qu'ils puissent paraître légèrement chaotique, l'ensemble semble géré malgré tout par une sorte de dénominateur commun à la frontière de la conscience -- "tout colle" finalement, comme les courants marins, les marées et les coups de vents s'associent pour créer l'océan.