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jeudi 25 février 2016

2011 – Bu Zhi Chun, Wuyi Shan, Fujian, Chine, M3T


Informations et provenance : Voici un thé un peu particulier. Il s'agit d'un yancha, un thé de rocher en provenance des montagnes de Wuyi dans le Fujian, au nom poétique de 不知春, Bu Zhi Chun : le thé qui ne connaît pas le printemps -- nommé ainsi car les feuilles de ce thé particulier ne sont récoltés qu'à l'hiver.
Acheté à la Maison des Trois Thés à l'été 2011, c'est un thé que j'ai pour la première fois dégusté en compagnie d'une amie très chère que je revoyais pour la première fois depuis deux ans. C'est donc un thé que j'associe à la chaleur de l'amitié et aux retrouvailles entre amateurs de thé. 


Détails d'infusion : 6 gr. / 125 ml en LiXin Zisha. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 10s. - 20s. - 35s. - 50s. - 1m30s. - suite au jugé. Total de 9 infusions.  


Vue : Peu de feuilles entières dans ce thé -- il est possible que le transport en soit la cause, car j'ai vaguement souvenir d'avoir vu de jolies feuilles bien torsadées lors de ma première dégustation. Les flocons abîmés de teinte rouge violacée sombre qui demeurent aujourd'hui sont fragiles et s'émiettent facilement.
La liqueur tirée de ces feuilles, elle, est d'un doré sombre et soutenu, et les infusions plus tardives tirant sur l'orangé conservent une belle clarté lumineuse.


Odeur : Les feuilles sèches ont une odeur sombre de torréfaction qui me rappelle le café de ma mère -- mais dès qu'elles sont placées dans la théière chaude, ça devient du pur miel d'automne ! Parfum qui se transforme en mélasse et cassonade sous le couvercle, et oscille lentement vers le café à nouveau en reniflant les feuilles humides.
La liqueur a une odeur sucrée et très invitante, sur des notes de caramel et de lait chauffé, tandis que le fond de tasse me rappelle l'odeur dans la maison lorsque ma mère faisait de la confiture de mûres, de noix et de sureau.


Goût : Les saveurs de torréfaction sont plutôt présentes sur la première infusion. Je perçois une belle acidité me rappelant celle du café de bonne qualité, avec quelques retours en bouche sur des notes de confiture de mûre.
La deuxième infusion est un peu plus douce, et si le café acide est toujours présent, il est maintenant tempéré par des saveurs prononcées de mélasse. Franchement, plus je bois ce thé, plus je pense à Struddel (un membre du Forum des Amateurs de Thé) -- il me semble que ce thé tomberait parfaitement dans ses cordes !
Les infusions suivantes sont plus rondes, plus harmonieuses, on perçois moins les saveurs individuellement que l'effet en bouche, la texture, l'effet sur le corps.


Texture :
C'est tout d'abord astringent, ça assèche beaucoup la bouche sur les premières infusions mais devient rapidement rond et ample à partir de la troisième. Ça ne reste pas très longtemps en bouche, mais pour le temps que ça y passe, c'est très bon. 
Très légère énergie, mais sans plus... peux pas dire que ce thé me touche beaucoup. Ah non, après une autre dégustation, je peux dire que cette fois c'est plus qu'une "légère" énergie ! C'est carrément de la fébrilité en barre ! Je sais pas ce qui s'était passé la dernière fois, mais ma perception a changé du tout au tout. ^^


Couleurs : Un fouilli visuel de rouge sombre, d'éclats orangés et de volutes bleues et violettes sur un fond tirant sur le brun. C'est très chargé, difficile à décrire, difficile à regarder aussi... à la limite épuisant. Ce qui est plutôt étrange, vu que gustativement ce thé est plutôt simple et ne part pas dans tous les sens... Peut-être une question d'énergie alors ? Mais à ma première dégustation annotée, l'effet sur le corps était ténu et j'avais déjà ce visuel. Il y a des choses incompréhensibles. ^^

dimanche 22 mars 2015

1999/2001 – Galette n°30 / Yichang Hao "Supreme Grade", Maison des Trois Thés

Dégustation du 22 mars 2016


Informations et provenance : Échantillon de Lionel du blog Les Mots du Thé, un poète dont j'apprécie l'oeuvre en plus d'être un amateur de thé dont j'admire la pratique. (Aussi l'un des admins du Forum des Amateurs de Thé. Et un ami, bien entendu. Je suis comblé.) Un grand merci à toi, ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de goûter un thé de cet âge.

Le thé, lui, est un sheng vieilli dont l'origine est quelque peu polémique (comme la plupart des produits fournis par la M3T il faut dire). Vendu à l'origine comme un thé de 1999, il a été identifié sur le blog de MarshalN comme étant en fait une galette de 2001 (voir les commentaires). Lionel et Sébastien de Vacuithé en ont tous deux fait des dégustations, je laisse ces liens parler d'eux-mêmes et passe à la dégustation.


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en Purion de Lin's Ceramics. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Deux rinçages flash espacés d'une minute. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 15s. - pause pour manger. Reprise : 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 14 infusions.


Vue : De grosse feuilles brunes bien délitées à l'apparence très sèche, je me serais attendu à un vrac mais en fait non. C'est la liqueur qui me surprend davantage avec sa couleur très pâle, un rouge orangé tirant sur l'ambre... vu l'âge, l'aspect et les effluves de la bête, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus sombre, c'est déroutant. Mais il faut dire que j'aime bien quand un thé déjoue mes attentes.


Odeur : Le parfum de champignons de Paris me saute au nez dès que j'ouvre l'emballage. Une fois désensibilisé par l'assaut initial, j'y perçois des odeurs de cailloux, quelque chose qui me rappelle le sable et les falaises rocailleuses. Et tout ça avant même d'avoir déposé les feuilles dans la théière ! 

Cette odeur de champignons qui était si forte disparaît complètement par la suite, c'est bluffant. J'y retrouve maintenant un parfum légumier, pois chiches ou haricots rouges je ne suis pas sûr, qui oscille de temps en temps vers quelque chose de plus minéral et végétal avant de revenir vers les légumineuses.

C'est l'une des choses auxquelles je reconnais bien un produit de la M3T quand même, ces parfums très puissants et complexes qui se développent tout au long de la dégustation... 


Goût : Je dois admettre être quelque peu déstabilisé sur les premières infusions. Le thé développe des saveurs très puissantes et persistantes de légumes verts bouillis (brocoli, rapini, épinards, etc.) mêlés de cailloux, d'un tabac très prononcé et pas toujours très agréable, de légumineuses ainsi que quelque chose de curieusement iodé. C'est une impression des berges du fleuve St-Laurent qui me vient en tête au fil de la dégustation, avec parfums d'algues, air iodé et sable mouillé, et une finale en bouche sur la menthe vive et le camphre.

Ça devient plus abordable gustativement par la quatrième infusion, après que les feuilles aient eu un peu de temps pour reposer dans la théière... et c'est une chance car c'est un thé qui dure, qui dure, je n'en reviens pas de cette longévité, je l'ai étiré sur deux jours.

J'en reste sur l'impression d'un thé incroyablement complexe qui se trouve présentement dans une phase un peu ingrate, avec certains arômes qui vieillissent plus vite que d'autres, et un équilibre des saveurs qui s'en trouve débalancé. Cela dit, vu la puissance et persistance de ce thé, j'envie bien sa galette à Lionel car c'en est une dont j'aimerais bien observer l'évolution dans le temps. 


Texture : Ma gorge a eu tendance à vouloir se serrer un peu sur les trois premières infusions mais ça s'est vite calmé pour la suite de la dégustation. En bouche c'est une liqueur fine, légèrement huileuse, dont l'effet frais persiste aussi longtemps que les saveurs et nous laisse avec une impression presque photographique.


Couleurs : Les couleurs me donnent l'impression de regarder au fond d'un puits... rayon de soleil qui frappe l'eau verte, gouttes d'eau qui viennent agiter les reflets lumineux, créatures à peine perceptibles qui nagent en ondulant sous la surface... tout un univers.

dimanche 9 mars 2014

1994 – Galette n°23, Dehong, M3T


Informations et provenance : Échantillon offert par Lionel du blog "Mon Senchado" (anciennement "Émotions de Thé") que je remercie chaudement pour sa générosité.
Je n'ai pas trouvé énormément d'informations au sujet de ce thé -- hormis qu'il s'agit d'un shu acheté à la belle époque de la M3T, rien...
Si, quand même : un joli compte-rendu de dégustation par Philippe de la Galette de Thé, dont je regrette la perte des commentaires car je suis certaine qu'ils auraient été instructifs ! Si quelqu'un en sait plus, je suis toujours intéressée par plus d'informations.
EDIT:
On m'apprend qu'il s'agit d'un thé provenant de la région de Dehong. ^^ Toujours pratique à savoir, merci à qui se reconnaîtra.


Détails d'infusion : 6 gr. / 100 ml en XiShi "écrasée" DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Deux rinçages flash. Temps d'infusion : 5s. - 10s. - 15s. - pause - 25s. - 30s. - 35s. - pause pour la nuit. Reprise le lendemain : 40s. - 45s. - 50s. - 60s. - 1m.20s. - 1m.45s. - suite au jugé. Total de 16 infusions.


Vue : Un échantillon sombre, fortement compressé -- des morceaux compacts dont le poids m'étonne, moi qui suis habituée au maocha et aux galettes qui se délitent quand on souffle dessus. C'est un dépaysement intéressant qui m'intrigue et m'accroche à la fois. La liqueur est quand à elle absolument superbe, d'un magnifique rouge sombre, vif quand la lumière s'étale dedans et parfaitement limpide.


Odeur : Terreuse, terreau -- terre sèche cependant, non humide. L'odeur est un peu poussiéreuse, exactement comme lorsqu'on pique du nez après avoir trébuché sur une racine et qu'on se retrouve en contact intime avec le sol. Une petite douceur sucrée se laisse toutefois deviner là où la terre "réelle" serait plus acide... Lorsque les feuilles ont subi deux rinçages, l'odeur de terreau, de cave sèche et propre se confirme. Le couvercle de la théière poursuit dans des notes intéressantes de pain, non pas la levure mais la mie légère et sucrée du pain blanc.


Goût : Le goût est très doux, ça contraste avec les autres shu âgés que j'ai goûté jusqu'ici. Honnêtement presque indescriptible -- c'est doux et rond, les saveurs se traduisent en couleur avant d'être vraiment définissables... Trois infusions plus tard, c'est toujours aussi flou. Ce n'est pas grave, je profite et savoure. On verra après avoir mangé un brin.
Trois heures plus tard, je sèche toujours au niveau de la description des arômes ! C'est un peu comme si tous les termes qui me viennent en tête sont adjectifs et non qualificatifs -- doux, rond, ample, caressant, fluide, pur... Je jette l'éponge ! ^^ Et je savoure.


Texture : "Propre" est le premier terme qui me vient à l'esprit. Étrange, non ?
Sinon bien sûr les adjectifs précédemment cités sont ceux qui décrivent le mieux cette liqueur : doux, rond, ample, caressant, fluide, pur... propre... relaxant... intéressant. :) Beaucoup plus intéressant le soir que le matin d'ailleurs, même si la dégustation s'est poursuivie sans fausse note -- si j'avais pu recommencer cette dégustation, je l'aurais commencée un peu plus tôt pour la poursuivre jusqu'à tard dans la nuit.


Couleurs : Filaments rouges et bleus, sombres et brillants à la fois, qui serpentent autour d'éclats blanc lumineux sur un fond noir d'encre. À ce stade, une image vaut mille mots...

dimanche 5 février 2012

1997 – "A", Camellia Sinensis / Vrac 23, M3T


Informations et provenance : En termes de "manque d'information", ce puerh se pose là ! Acheté à la maison de thé Camellia Sinensis, il était apparemment depuis si longtemps sur la carte que personne n'était en mesure de me dire d'où il provient. Cela dit, il est apparemment très semblable au Vrac 23 de la Maison des Trois Thés -- grandes feuilles de type Daye, même année, même pôle légumier... malheureusement, je n'ai pas (encore ?) goûté le Vrac 23 et je ne peux donc pas moi-même affirmer ou infirmer cette théorie.
EDP du blog Clarthé confirmant la chose, il s'agit bien du Vrac 23.


Détails d'infusion : 4.5gr. / 100 ml en Purion. Temps d'infusion : 10s. - 25s. - 40s. - 1m. - 2m. - 5m. - suivantes au jugé. Total de 13 infusions.


Vue : De très grandes feuilles d'un brun foncé assez uni, dont beaucoup sont ouvertes et complètes, avec quelques tiges en plus. La liqueur, elle, est d'un magnifique rouge-orangé foncé un peu trouble qui fonce et (paradoxalement) devient plus translucide à mesure que passent les infusions.


Odeur : Odeur minérale des feuilles sèches qui se transforme en terre chaude et vivante dans la théière préchauffée, avec quelque chose qui rappelle les pois chiches. Les feuilles mouillées dégagent quelque chose de terreux et étrangement fumé, un parfum amer de légumineuses en train de cuire sur un feu de bois. La liqueur, elle, a indubitablement une odeur d'asperges !


Goût : La première gorgée me rappelle un mélange d'écorce de chêne et de cuir craquelé à force d'utilisation. Il y a une pointe d'épices terreuses, comme du cumin peut-être... Les arômes sont puissants et la rétro-olfaction est particulièrement longue. Quelque chose de sucré-fruité-camphré apparaît au bout de la cinquième infusion et demeure pour les infusions subséquentes.


Texture : Étrangement sablonneux, comme si l'on buvait dans les mains à même un cours d'eau -- pas au point d'en être désagréable, cependant. Plus les infusions avancent, plus la texture devient lourde, épaisse, ronde... plus la dégustation est agréable. Au bout de quelques gorgées à peine, on se sent ragaillardis par une sensation d'énergie calme et centrée.


Couleurs : Du bleu et de l'orangé, principalement, en taches de lumière paresseuses, qui apparaissent et se meuvent sur fond sombre de feuilles d'automne comme sous les coup de pinceau d'un peintre indécis.

vendredi 3 février 2012

2011 – Gong Xiang, M3T


Informations et provenance : Peu d'informations disponibles au sujet de ce DanCong, acheté à la fin du mois de juillet 2011 à la Maison des Trois Thés, hormis qu'il m'a été chaudement recommandé par la propriétaire.


Détails d'infusion : 3.5 gr / 125 ml en  LiXin ZiSha. Temps d'infusion : 15 s. - 20 s. - 30 s. - 45 s. - 1 m. - infusions suivantes au jugé. Un total de 9 infusions.


Vue : De magnifiques feuilles plutôt fines et torsadées allant du vert-jaune foncé au brun-violet, absolument pas abîmées. Une liqueur étonnamment claire pour un DanCong, d'un jaune doux fonçant légèrement d'infusion en infusion, jusqu'à tirer sur l'orangé clair. Liqueur plutôt limpide, peu de dépôts.


Odeur : L'odeur des feuilles chaudes me rappelle la tarte aux pommes sucrées, la cassonade chaude, les pêches et les fruits exotiques, c'est une odeur vraiment très fruitée. L'odeur des feuilles humides, en revanche, laisse percevoir une petite pointe d'acidité qui contrebalance le sucré. Celle de l'infusion elle-même est ronde et gouleyante, son parfum particulièrement opulent laisse même une présence, une texture dans le voile du palais semblable à celle que laisse l'infusion sur la langue.


Goût : À la fois fruité et acide, on perçoit d'abord la saveur des feuilles -- leur jeunesse, le feu qui les a torréfiés, une sève à la fois amère et sucrée... Et puis ces sensations sont submergées par la rétro-olfaction puissante qui nous inonde d'une saveur de... pêches au sirop ! C'est exactement comme si on mordait directement dans une tranche du fruit, à l'exception du fait que le côté "trop sucré" n'est pas présent. Lorsque la liqueur refroidit un peu, on retrouve un équilibre harmonieux entre le fruité et l'acide/amer de la sève très agréable. La quatrième infusion et les suivantes laissent découvrir une douceur qui ne se trouvait pas dans les trois premières et qui arrondit encore la liqueur. Enfin, sur la finale, se dévoile une touche de fraîcheur que je ne peux nommer que "neige", c'est à dire une note volatile mi-goût, mi-odeur, semblable à celle que l'on retrouve dans l'air lorsqu'il est sur le point de neiger et qui se goûte au fond de la gorge, au niveau du voile du palais, exactement là où se trouvait auparavant la rétro-olfaction de pêches.


Texture : Ronde, coulante, elle laisse un très léger filin huileux dans la bouche après avoir avalé -- un peu comme de l'huile de lin fraîche ou une huile d'olive extra fine de très bonne qualité. Il n'y a, en revanche, aucune lourdeur -- la texture est volatile, presque uniquement perçue à l'arrière de la langue et sur le voile du palais. Lorsque cette sensation s'en va, une certaine sécheresse en bouche donne envie de reprendre immédiatement une nouvelle gorgée.


Couleurs : Un orangé vif et lumineux, semblable à la teinte du soleil couchant, mêlé de noir et de blanc. Des mouvements paresseux, entremêlés, une impression d'épaisseur colorée, comme si on remuait le contenu d'un pot de peinture.