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dimanche 9 novembre 2025

First Snow | Wulong torréfié non-identifié

Voilà, ça y est. L'hiver est arrivé. 

C'est l'heure de sortir les wulong torréfiés. Et peut-être aussi les shu. On verra.

Plus tard, je crois, j'irai à la cuisine préparer des biscuits au gingembre, peut-être autre chose aussi. J'aime bien faire des biscuits. Je trouve que c'est une pâtisserie simple et versatile dans laquelle c'est facile d'intégrer une bonne dose de créativité. 

Là, je remets de l'eau dans mon gros yunomi et je m'installe à la fenêtre, des saveurs de pain grillé et de sucre caramélisé sur la langue. Je regarde la neige tomber. Il y a une paix particulière à trouver dans le changement des saisons, les jours comme celui-ci me le rappellent vivement. 

Je ne crois pas que je vais poursuivre mon défi d'écriture. Quelque chose dans la voix ne colle pas, je n'arrive pas à me glisser dans la peau du personnage, et le manque d'authenticité mets un frein à ma capacité créative. De toute évidence, si je suis prêt à recommencer à écrire, je ne suis pas encore prêt à le faire sous pression.

Quelque chose me dit aussi que j'ai besoin d'explorer d'autres choses. Une forme plus près du "je", peut-être. Avec la fiction c'est tellement facile de s'éloigner de soi. Ce réflexe est un peu trop ancré en ce moment. 

On verra. 

Je ne sais pas ce que je bois aujourd'hui, mais c'est chaud, c'est réconfortant, et ça convient parfaitement à un jour de première neige, quand les flocons ne font que souligner les aspérités du sol. Autant en profiter... Le froid et l'habitude chasseront bien vite cette atmosphère féerique.

samedi 16 avril 2016

2005 – Songboling "Aged Oolong" lot 135, Baguashan, Nantou, Taiwan, Taiwan Tea Crafts

Dégustation du 16 avril 2016


Informations et provenance : Échantillon d'Eric, autrement dit ooericoo du Forum des Amateurs de Thé. Ce wulong âgé provient à l'origine de la boutique Taiwan Tea Craft et à l'heure où j'écris ce billet il n'est malheureusement plus disponible à la vente. 


Détails d'infusion : 2.5 gr. / 85 ml en Shui Ping ZiNi de Wang Xue Feng et tasse "Jian" de David Louveau. Eau filtrée Brita, maintenue à 100°C en Yama Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 20s. - 30s. - 40s. - 55s. - pause pour manger. Reprise : 1m.30s. - 2m. - 3m. - 5m. - dernière au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Des billes noires, compactes, brillantes et odorantes, ça augure bien ! Une fois mouillées elles demeurent recroquevillées sur elles-mêmes, ce qui est je suppose le signe d'une torréfaction poussée. 

La liqueur orangée me séduit avec sa bonne tête de cognac, elle est parfaitement translucide... pas commun pour un wulong torréfié, pas commun du tout ! Ou alors j'ai besoin de me trouver de meilleurs fournisseurs. 


Odeur : Eric, Yoann et moi avons eu un petit débat sur l'odeur de ce thé. Je ne me souviens plus qui l'a mentionné en premier, probablement Yoann... mais alors je confirme une fois pour toute, ce thé a bien des relents d'armoire de grand-mère. Je vous assure, ce parfum est vraiment particulier, impossible à décrire précisément, mais immédiatement identifiable. Ce qui est un tour de force considérant qu'Eric, Yoann et moi ne partageons pas le même pays. Il faut croire que les grand-mères francophones ont des armoires qui sentent toutes la même chose.

Autres choses que nous y avons trouvés en vrac : la torréfaction bien sûr, le goudron, le café noir fraîchement moulu, l'infusion de racine de chicorée, quelque chose de grillé... peut-être des noix ou du pain ? Bois brûlé, céréales soufflées, réglisse noire, bois de santal, lait caramélisé, arachides caramélisées, nougat, fleurs fraîches, bois d'épinette sec, mélasse, et chandelle de paraffine chauffée. Tout un bouquet.

Bref vous l'aurez compris... c'est raffiné pour ne pas dire paraffiné, déstabilisant, chaotique, et étrangement gourmand sans grand sucré. 


Goût : L'armoire de grand-mère est bien au rendez-vous avec ses parfums de poudre, de bois sec et résineux, de paraffine, et de ce parfum indéfinissable mais familier, réconfortant, et un peu passé (faut bien être honnête). En tout cas c'est puissant, et ça c'est le moins qu'on puisse dire.

Il y a aussi un petit côté lacté difficile à définir sous des saveurs de torréfaction prononcées. Ce côté grillé demeure présent toute la dégustation, accompagnant des saveurs douces de mélasse et nougat, et évolue au fil des infusions vers le riz grillé, le même que l'on trouve dans le genmaicha. 

Je reste mitigé face à ce thé qui m'interpelle et pique ma curiosité, mais qui me déstabilise avec sa saveur prononcée... ben, de vieille armoire quoi. Ma dégustation en est devenue plutôt intellectuelle qu'intériorisée, ce qui ne me donne pas vraiment envie d'en faire une autre... mais je ne regrette pas d'y avoir goûté (ou plutôt d'avoir fait l'expérience de ce wulong !), ni les conversations et fou rires partagés avec les copains. Merci Eric ! 


Texture : C'est ample et rond, épais, et ça laisse une sensation cirée sur la langue (je le jure). Aucune astringence, si bien que ma bouche ne cesse de saliver. La persistance des saveurs est moyenne, je pense que la force de ce thé est plutôt dans sa texture et son épaisseur en bouche. Je n'ai pas remarqué de grand effet sur le corps, mais nous nous amusions tellement ce soir-là que nous n'avons peut-être pas remarqué que nous étions tea drunk. 


Couleurs
: Eh ben du coup, exactement ce que l'on attendrait d'une armoire de grand-mère. Un brun sombre dont les échos sont vert-jaune clair, rouge-rosé, avec de très légères touches de bleu ? Ben c'est le bois de l'armoire, plus les vêtements aux couleurs vaguement psychédéliques que mamie a rangé dedans, voilà. 

jeudi 25 février 2016

1995 – Dong Ding, Taiwan, Camellia Sinensis

Compte-rendu de la dégustation précédente ici (juillet 2010)


Informations et provenance : Ma toute première rencontre avec ce thé s'était faite sous des auspices terribles : premier thé vieilli que je découvrais, premier thé torréfié également, je l'ai infusé à tort et à travers avant de savoir l'apprécier. Évidemment maintenant il ne m'en reste que très peu, une quantité infime que je chéris et qui finira un jour par disparaître... Impermanence du thé. Heureusement que j'ai ce blog pour noter mes impressions ! ^^


Détails d'infusion : 4 gr. / 80 ml en ShuiPing ZiNi de Wang Xue Feng (Factory 5) et tasse de Carmen Abdallah. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - pause - 35s. - 40s. - 45s. - 50s. - 60s. - 70s. - 80s. - 90s. - suite au jugé. Total de 17 infusions.


Vue : Ces billes rondes et lourdes dévoilent leur âge par une couleur de cuir tanné, allant du brun sombre au noir chocolat. Infusées, on les découvre épaisses et rigides -- elles refusent même de se déployer complètement, préférant rester recroquevillées sur elles-mêmes. La liqueur elle est étonnamment limpide, d'un ambré clair qui rappelle le whisky.


Odeur : Si les feuilles dans leur petit sachet ont très peu d'odeur, dans la théière préchauffée elles se réveillent. Les parfums de bois (chauffé, brûlé), de tilleul (fleurs, miel) et de sucre (sucre chauffé, caramel) prédominent. Les feuilles humides ont surtout des odeurs de charbon de bois, avec une petite note sucrée furtive difficile à identifier, mais sous le couvercle c'est une explosion de sucre, de mélasse, de caramel et de ce charbon détrempé que j'adore -- ainsi que d'une note insolite marine, comme de l'air salin. Étrange !
La liqueur a une odeur presque métallique, avec des notes de charbon, de cendres et une pointe de caramel, le fond de tasse quand à lui révèle son origine de Dong Ding par un sucre fin, moins floral qu'un frais mais assez semblable à celui que je retrouve sur les hung shui de l'année (un poil plus profond quand même). Un délice.


Goût : La première infusion a un temps très court mais est déjà très concentrée en saveurs : le miel de tilleul est très présent avec une longueur en bouche incroyable, des notes de bois chauffé (mais pas brûlé, plutôt comme le début d'un feu de foyer) sont accompagnées d'une note minérale profonde et d'un retour en bouche sur le lait caramélisé.
La deuxième infusion, elle, me rappelle l'arôme du café moulu ! Une petite amertume complémente des saveurs de bois brûlé sucré, avec quelque chose de légèrement épicé (ou peut-être poivré ?) en fond de gorge.
Les infusions subséquentes demeurent dans les mêmes notes, avec une liqueur plus concentrée sur un pôle de charbon et de cailloux, lesquels s'harmonisent sur des saveurs de café, de torréfaction et de miel léger.


Texture : La liqueur, plutôt souple, tapisse l'ensemble de la bouche et le début de la gorge d'un filin huileux -- de plus en plus capiteuse à mesure des infusions, elle passe de grasse à liquoreuse. On finit la dégustation avec l'impression d'avoir mangé un repas riche et copieux.
Les retours en bouche sont nombreux et durent longtemps, principalement perçus derrière le voile du palais que sur la langue. C'est une liqueur très relaxante avec un potentiel à rendre teadrunk qui n'est pas négligeable.


Couleurs : Finalement, les couleurs que je vois sur ce thé sont plutôt semblables à celles que je voyais en 2010. Du brun, du vert tendre, des cercles concentriques... La principale différence cette fois c'est qu'en affinant mon palais, je parviens à lui déceler des nuances supplémentaires qui s'ajoutent en pétales voilées par-dessus l'image de base. Ça rend à la fois le thé et l'image vivante... dans tous les sens du terme.

2009 – (05/04) Gao Shan Hung Shui Oolong, Ali Shan, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : Voici un thé qui a traîné longtemps dans mes tiroirs ! Heureusement qu'il était sous vide... ^^
Reçu à l'occasion d'une commande chez Stéphane de Teamasters quelque part à l'automne 2010, j'ai fini par l'ouvrir trois ans plus tard alors que j'étais en visite chez ma mère dans les mois précédant le décès de mon grand-père. Il me fallait quelque chose de pas trop compliqué, que je pourrais partager avec ma famille le cas échéant et que je pourrais laisser de côté pour le reprendre plus tard dans le cas d'une urgence. Pas question dans ce cas de faire de puerh ou de wulong frais, en revanche un wulong torréfié... pourquoi pas ?
Stéphane a présenté ce thé ici, je vous renvoie donc à son article pour informations complémentaires. Si d'autres parmi vous avez dégusté ce thé et fait un compte-rendu, fournissez-moi les liens et je les ajouterai à cet article.


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en "Prosperity Teapot" de Lin's Ceramics. Eau non-filtrée de Montréal, maintenue entre 100 et 90 °C avec une bouilloire de plastique. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - pause - 60s. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : De grosse billes bien rondes et serrées garnissent agréablement ma petite théière dans des teintes allant du brun clair au kaki. Déployées, les feuilles sont grandes et épaisses, bien qu'avec une petite tendance à demeurer recroquevillées (probablement un effet de la torréfaction).
La liqueur est d'un jaune clair mais soutenu, et comme la très grande majorité des thés de Stéphane, la limpidité est sans pareille.


Odeur : Dès la sortie du sachet, c'est un parfum sucré de mélasse et de bois qui monte aux narines, une impression confirmée lorsqu'on les dépose dans la théière chaude. Les feuilles humides dégagent un parfum légèrement plus acide, avec une composante étrange de bois brûlé. Le couvercle, lui, est changeant -- d'abord mélassé, boisé, presque charbonneux tant la torréfaction est présente, on passe rapidement à quelque chose de rond, sucré et presque caramélisé/laiteux avant que le parfum s'évapore.


Goût : Très difficile à décrire -- tellement, en fait, que les notes prises au cours de cette dégustation sont minimales. La torréfaction est très présente, surtout sur les premières infusions -- on perçoit de la mélasse, du bois, finalement toutes les saveurs qui correspondent aux odeurs précédemment perçues. C'est chaud, sucré, réconfortant -- comme écrit dans mon petit cahier, c'est juste bon.


Texture : Légèrement râpeux sur les premières infusions, la liqueur s'arrondit progressivement pour donner l'impression gustative d'une couverture bien chaude.


Couleurs : C'est brun, c'est rouge, c'est blanc -- des teintes chaudes à l'image de la dégustation elle-même, animées d'un mouvement circulaire minimal. C'est simple, ça ne bouge pas beaucoup, c'est réconfortant.

dimanche 6 avril 2014

2013 – (Hiver) Hung Shui Oolong "fort", Shan Lin Shi, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : Acheté via Stéphane (Teamasters), il s'agit d'un Gao Shan de Shan Lin Shi ayant bénéficié d'une torréfaction poussée -- on apprend d'ailleurs à ce lien (hélas en anglais, mais avec plusieurs vidéos) que cette cuisson lente s'est étalée sur une semaine afin d'obtenir une torréfaction en profondeur sans calciner les feuilles.
Stéphane recommande d'ailleurs de n'utiliser qu'une petite quantité de feuilles et des infusions longues afin d'en tirer le maximum -- mais puisque je cherche ici à faire connaissance pour la première fois avec ce thé, j'utilise cette fois mes paramètres habituels (5 gr. donc) en gardant l'idée en tête pour y revenir plus tard.
Comme d'habitude, s'il y a des comptes-rendus dont vous connaissez l'existence sur le net, faites-moi signe en commentaire !


Détails d'infusion : 5 gr. / 140 ml en ShuiPing de Cai Man Zu. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 40s. - 50s. - 60s. - 75s. - 90s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Voilà de bien jolies billes brunes ! Plutôt lourdes et volumineuses, leur couleur marron laisse deviner le vert sombre derrière l'effet de la torréfaction, vert qu'elles retrouvent d'ailleurs après quelques infusions. On retrouve dans la liqueur, d'un jaune-orangé aux reflets verdâtres plus sombres, le côté translucide impressionnant propre aux thés de Stéphane.


Odeur : Un parfum puissant de torréfaction rappelant les céréales grillées et le pain carbonisé accueille les narines au moment de plonger les feuilles dans la théière pré-chauffée.On retrouve également, passée la première vague, une petite odeur acide de pépin de raisin ainsi qu'un parfum plus sucré de lait caramélisé.
Une fois les feuilles mouillées, on découvre sous le couvercle une odeur de toast au miel et d'orge perlé, tandis que la liqueur elle dégage un parfum rappelant les galettes de riz -- parfum que l'on retrouve également en fond de tasse, mais qui avec le temps s'atténue de plus en plus vers le miel. Une belle gourmandise !


Goût : Pas énormément de goût sur cette première infusion -- on a quelque chose d'un peu torréfié avec un rappel de céréales grillées, une légère acidité, un mignon petit retour en bouche sur l'orge perlé sucré, mais rien de bien transcendant... j'attends de voir.
La deuxième infusion, heureusement, commence fort. Galette de riz ! C'est la première chose qui me vient en tête au moment de goûter. La liqueur possède une certaine acidité qui fait saliver et prépare la bouche pour la suite.
Dès la troisième infusion, ça donne l'impression de boire une infusion du riz soufflé dans le genmaicha ! C'est intéressant, toujours un peu acide mais pas de façon désagréable (ni pour l'estomac) -- on retrouve une saveur légère et sucrée, quelque chose de céréalier après le passage de la liqueur. J'en reviens une fois de plus à cette saveur de galette de riz qui me rappelle de beaux souvenirs d'enfance. Les infusions suivantes changeront peu -- c'est moins un thé de bouche qu'un thé de sensations et de textures.


Texture : Déjà intéressante sur la première malgré un goût faible, la texture est très ronde et ample, presque huileuse. Lorsqu'on y ajoute une longueur en bouche plutôt bonne, moins en retours changeants qu'en présence constante et tranquille ainsi qu'un effet sur le corps relaxant qui donne envie de s'installer les bras derrière la tête et de profiter du moment, on comprend mieux pourquoi Stéphane a eu envie d'en faire un thé méditatif pour célébrer le temps des fêtes.


Couleurs : Tourbillons et bulles sur fond contrasté de rouge sombre, de bleu indigo et de noir, le tout en mouvement ascendant -- l'image présentée ici est statique et bien divisée entre bulles et tourbillons, mais en réalité les deux s'entremêlent beaucoup plus que ça...


samedi 23 novembre 2013

2005 – Li Shan Tie Guan Yin, Li Shan Diao Qiao Tou, Taiwan, Tea Urchin


Informations et provenance : Il s'agit ici d'un des six échantillons du pack "OSV 1 : Tea Urchin" du Forum des Amateurs de Thé. Possédant sa fiche individuelle chez ce vendeur, on y apprend (entre autres informations) qu'il s'agit d'un thé d'hiver, récolté en 2005 et ayant été soumis à un long flétrissage avant de passer au fil des années par neuf torréfactions traditionnelles successives avant d'être offert à la vente. Merci aux admins qui ont organisé cet événement !


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en XiShi DuanNi et yunomi de David Rose. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 25s. - 35s. - pause pour la nuit. Reprise : 40s. - 60s. - 90s. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : De jolies boules bien compactes aux teintes brun clair entremêlés de reflets vert et rouge... et comme mentionné sur la page de Tea Urchin, c'est vrai qu'elles font une sorte de "ping" aigu en tombant dans la théière ! En se déployant, beaucoup d'entre elles demeurent sombres, à demi-recroquevillées -- l'effet de la torréfaction, je suppose. La liqueur passe du jaune clair à l'orangé profond, et surprise au matin ! Un épais cercle d'écume blanche lors du rinçage pré-réinfusion, alors que la veille il n'y avait rien.


Odeur : Les feuilles sèches dans leur sachet ont un parfum boisé/torréfié qui a des accents de mélasse et de réglisse. Dans la théière chauffée, elles dégagent des odeurs de bois de santal -- un parfum que je n'apprécie pas normalement, mais qui ici passe étonnamment bien. Je retrouve dans les feuilles humides un fort parfum de miel de sarrasin plutôt corsé, et la liqueur dégage elle aussi des effluves puissants, beaucoup plus frais en revanche... végétaux, presque floraux. Le fond de la tasse conserve des parfums de miel et de sucre très longtemps après que la liqueur ait été épuisée et le couvercle, lui, retient plutôt les notes boisées.


Goût : La première gorgée est intense en saveurs mêlées de boisé et de fruité -- j'y trouve du miel et de la réglisse, quelque chose qui me rappelle vaguement la sève de bouleau (résineux avec une pointe mentholée fraîche en fin de gorgée), et bien sûr le bois de santal qui est toujours bien présent dans les notes de torréfaction. Les infusions subséquentes balancent le boisé, le fruit mûr miellé et les notes réglissées, le tout laissant parfois apparaître des notes minérales qui rappellent bien qu'il s'agit d'un Tie Guan Yin originaire de haute montagne.


Texture : La texture est irréprochable -- fluide avec peu d'aspérité, mais une grande présence en bouche et une bonne longueur. L'effet sur le corps est cependant ce qui m'impressionne le plus -- peut-être est-ce le fait que j'étais déjà très fatiguée, mais quelques gorgées de la première infusion seulement et j'ai les yeux qui se ferment tout seuls !


Couleurs : Violet, brun, couleurs sombres... c'est flou et très difficile à identifier, peut-être à cause de la fatigue ? L'ensemble n'est pas très clair...

jeudi 22 août 2013

2011 – Dong Ding de Mme Lin, Camellia Sinensis (Évolution)

Le premier compte-rendu de dégustation peut se trouver ici
 

Informations et provenance : Rien de nouveau, hélas. Acheté à la boutique Camellia Sinensis en 2011. Il n'y a pas vraiment plus d'information données sur ce thé, hormis qu'il vient de Taiwan et qu'il provient des plantations de Mme Lin. Sa note de dégustation se trouve ici.


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en "Prosperity" Lin's Ceramics. Eau filtrée Brita, maintenue entre 90°C et 100°C en bouilloire de plastique. Pas de rinçage, histoire de comparer avec les mêmes paramètres qu'en 2012. Temps d'infusion : 15s. - 30s. - 45s. - 45s. - 1m.15 - suite au jugé. Total de 10 infusions. 


Vue : Les feuilles ont foncé ! C'est la première chose que je remarque en comparant les photos d'il y a 18 mois. Elles ont l'air moins sèches, aussi, et la liqueur elle-même tend nettement plus sur l'orangé. Belle différence à l'oeil nu ! Voyons le reste, maintenant.


Odeur : Les feuilles sèches dégagent une odeur difficilement identifiable -- est-ce de la mélasse, des fruits cuits, des épices ? Tout cela à la fois ? Dans la théière, en revanche, c'est définitivement un parfum chaud et miellé, la torréfaction incluant une légère pointe acidulée de citron (?) et de pommes cuites... avec de la cassonade, peut-être ? (Je crois que la cassonade québécoise est plus proche de la vergeoise que de la cassonade française.) Une fois mouillées, ces feuilles deviennent incroyables -- fruits cuits, fraise et rhubarbe, compote de pommes, fruits caramélisés, charbon miellé ?!, ça fleure bon l'automne, le feu de bois, les confitures de saison tardive et le retour des temps frais. 


Goût : Première infusion trop faible, mais on y distingue bien le miel, déjà, ce qui change agréablement de ma dernière expérience. La seconde, en revanche, prend d'assaut les papilles comme si elle allait à la guerre ! C'est citronné et sucré à la fois, un arôme de fruits cuits que l'on perçoit surtout dans le voile du palais. Lorsque la force des premières infusions s'atténue, passé le goût de torréfaction qui est tout de même encore bien présent, on a la surprise de retrouver un bouquet d'épices indiennes -- mélange de coriandre, de cardamome verte, de bois de santal -- et de café qui s'adoucit progressivement sur la langue en finale vanillée.


Texture : Ronde et enveloppante, ça n'a pas changé. L'évolution des arômes me semble moins franche, tout se fait en douceur sans que l'on perçoive réellement où se termine une saveur et où commence la suivante. Le tout fait saliver, en revanche, et la persistance est relativement bonne -- ce n'est pas celle d'un puerh, mais c'est plutôt correct pour un wulong torréfié.


Couleurs : Essentiellement les mêmes que la dernière fois, pour être honnête. Allez, disons des jaunes un peu plus clairs, des couleurs un peu plus vives -- et cette fois, elles restent au lieu de s'estomper ! La dernière fois, tout était assombri par la torréfaction, cette fois les saveurs sont un peu plus franches, mais le mouvement, les formes sont les mêmes. Voilà qui me rassure, tiens -- ma synesthésie est bel et bien persistante !