vendredi 9 janvier 2026

Écureuils et ciel rose | 2014, Qing Mei Shan "Old Arbor", Yunnan Sourcing

Mes écureuils m'amusent. Il y en a trois maintenant qui fréquentent mon bord de fenêtre régulièrement, rivaux pour les noix de Grenoble, noisettes, et amandes en écales que je laisse à leur intention. Par grand froid polaire les visites sont courtes et intermittentes, impossibles à prédire. Mais les jours de redoux, tous les trois se pointent à peu près en même temps et guettent, postés dans l'arbre d'à côté, jusqu'à ce que l'un d'entre eux soit assez brave pour s'approcher des noix.

La première journée les mouvements sont furtifs, ils économisent leur énergie et sont beaucoup plus craintifs. Ils attendent leur tour, s'approchent lentement, s'enfuient rapidement. Mais quand il y a un deuxième jour de redoux, ça devient beaucoup plus animé. Si j'ai la chance d'être posté à la fenêtre quand ils sont dans les parages, les courses-poursuites auxquelles j'assiste sont hilarantes. 

Parlant de chance, j'ai attrapé mon premier lever de soleil 2026 ce matin, ça m'a bien fait plaisir. Je savais que ça me manquait de les voir, mais je n'avais pas mesuré l'impact jusqu'à ce que je remarque les stries roses sur le bleu foncé du ciel. Mon coeur aurait pu éclater de joie. 

Et le thé, dans tout ça ? 

Je n'ai pas été buveur assidu ces dernières semaines. Quelques tasses au GPS (grandpa-style), une théière de kamairicha, c'est à peu près tout. Ce matin du coup c'est la première dégustation sérieuse de l'année, le moment idéal pour revisiter ma galette de Qing Mei Shan et voir si elle tient ses promesses. Ses parfums en tout cas sont sublimes, sombres et fruités, au nez ça donne super envie.

Trois infusions plus tard je suis enchanté, si bien que j'ai complètement oublié de prendre des notes. 

Ce qui était agressif la dernière fois s'est arrondi. Ce qui était acide est devenu sucré. Il y a une note résineuse amère qui est bien présente sur les premières infusion, puis disparaît sous une abondance de fruits et ne s'exprime plus que lorsqu'on pousse les feuilles un peu, vers la fin de la dégustation. Gustativement, il est très agréable. Ni très fin ou surprenant, mais avec une belle force stable, satisfaisante, qui maintient des saveurs typées Lincang sur toute la session.

C'est aussi un thé qui donne chaud. L'énergie que je percevais la dernière fois est encore bien là. Je suis content de n'avoir pas essayé de le boire plus tard en après-midi car je suis convaincu que mon sommeil en serait perturbé.

Honnêtement, je ne regrette pas mon achat mais j'ai gaspillé pas mal d'argent à le faire si tard. Ça aurait été un excellent thé du quotidien dans ses premières années et le prix de l'époque (43 dollars américains l'année de sa sortie si ma mémoire est bonne) reflétait bien ça. Aujourd'hui évidemment c'est hors de prix... 

Mais bon, tant pis. Je ne sais pas si je recommande la galette, mais les échantillons sont encore abordables. C'est un bon petit thé moyen de gamme avec des feuilles luisantes, des parfums renversants, des saveurs adolescentes et beaucoup d'énergie à donner. Pour parler chiffre, avec les prix fous d'aujourd'hui, 16.50 dollars américains pour 25 grammes sur un thé de 11 ans, ça va. C'est une gourmandise qui peut valoir le coup.

Sur ce, je file, j'ai une journée remplie qui m'attend. 

Bonne année tout le monde !