jeudi 25 février 2016

1995 – Dong Ding, Taiwan, Camellia Sinensis

Compte-rendu de la dégustation précédente ici (juillet 2010)


Informations et provenance : Ma toute première rencontre avec ce thé s'était faite sous des auspices terribles : premier thé vieilli que je découvrais, premier thé torréfié également, je l'ai infusé à tort et à travers avant de savoir l'apprécier. Évidemment maintenant il ne m'en reste que très peu, une quantité infime que je chéris et qui finira un jour par disparaître... Impermanence du thé. Heureusement que j'ai ce blog pour noter mes impressions ! ^^


Détails d'infusion : 4 gr. / 80 ml en ShuiPing ZiNi de Wang Xue Feng (Factory 5) et tasse de Carmen Abdallah. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - pause - 35s. - 40s. - 45s. - 50s. - 60s. - 70s. - 80s. - 90s. - suite au jugé. Total de 17 infusions.


Vue : Ces billes rondes et lourdes dévoilent leur âge par une couleur de cuir tanné, allant du brun sombre au noir chocolat. Infusées, on les découvre épaisses et rigides -- elles refusent même de se déployer complètement, préférant rester recroquevillées sur elles-mêmes. La liqueur elle est étonnamment limpide, d'un ambré clair qui rappelle le whisky.


Odeur : Si les feuilles dans leur petit sachet ont très peu d'odeur, dans la théière préchauffée elles se réveillent. Les parfums de bois (chauffé, brûlé), de tilleul (fleurs, miel) et de sucre (sucre chauffé, caramel) prédominent. Les feuilles humides ont surtout des odeurs de charbon de bois, avec une petite note sucrée furtive difficile à identifier, mais sous le couvercle c'est une explosion de sucre, de mélasse, de caramel et de ce charbon détrempé que j'adore -- ainsi que d'une note insolite marine, comme de l'air salin. Étrange !
La liqueur a une odeur presque métallique, avec des notes de charbon, de cendres et une pointe de caramel, le fond de tasse quand à lui révèle son origine de Dong Ding par un sucre fin, moins floral qu'un frais mais assez semblable à celui que je retrouve sur les hung shui de l'année (un poil plus profond quand même). Un délice.


Goût : La première infusion a un temps très court mais est déjà très concentrée en saveurs : le miel de tilleul est très présent avec une longueur en bouche incroyable, des notes de bois chauffé (mais pas brûlé, plutôt comme le début d'un feu de foyer) sont accompagnées d'une note minérale profonde et d'un retour en bouche sur le lait caramélisé.
La deuxième infusion, elle, me rappelle l'arôme du café moulu ! Une petite amertume complémente des saveurs de bois brûlé sucré, avec quelque chose de légèrement épicé (ou peut-être poivré ?) en fond de gorge.
Les infusions subséquentes demeurent dans les mêmes notes, avec une liqueur plus concentrée sur un pôle de charbon et de cailloux, lesquels s'harmonisent sur des saveurs de café, de torréfaction et de miel léger.


Texture : La liqueur, plutôt souple, tapisse l'ensemble de la bouche et le début de la gorge d'un filin huileux -- de plus en plus capiteuse à mesure des infusions, elle passe de grasse à liquoreuse. On finit la dégustation avec l'impression d'avoir mangé un repas riche et copieux.
Les retours en bouche sont nombreux et durent longtemps, principalement perçus derrière le voile du palais que sur la langue. C'est une liqueur très relaxante avec un potentiel à rendre teadrunk qui n'est pas négligeable.


Sons : J'ai hésité avant de proposer cette pièce, mais finalement je n'en vois aucune qui colle mieux. Et donc j'accompagne ma dégustation de "Chō" d'Amano Tsuki, la même chanson que j'avais choisie pour la Yi Pin Quan 2013. Alors que je l'avais choisie pour complémenter la précédente, cette fois la musique correspond parfaitement à la complexité douce-amère que ce Dong Ding m'évoque.



Couleurs : Finalement, les couleurs que je vois sur ce thé sont plutôt semblables à celles que je voyais en 2010. Du brun, du vert tendre, des cercles concentriques... La principale différence cette fois c'est qu'en affinant mon palais, je parviens à lui déceler des nuances supplémentaires qui s'ajoutent en pétales voilées par-dessus l'image de base. Ça rend à la fois le thé et l'image vivante... dans tous les sens du terme.

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