lundi 7 avril 2014

2012 - (22/12) Dong Pian "Pétale d'Hiver", Zhu Shan, Nantou, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : Échantillon gentiment offert par JMB du Forum des Amateurs de Thé, qui l'avait acheté via Stéphane (Teamasters) début 2013. Il s'agit d'un Dong Pian (dont le nom signifie "Pétale d'hiver") issu d'un cultivar Si Ji Chun, lequel est reconnu pour ses quatre récoltes annuelles de grande qualité.
Le thé que je bois actuellement est celui-ci, mais la récolte d'hiver 2013-14 est arrivée et l'on peut en trouver un compte-rendu là. S'il existe d'autres comptes-rendus sur le web, je suis comme toujours preneur.


Détails d'infusion : 5.2 gr. / 150 ml en Gaiwan "Lotus". Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 40s. - 50s. - 60s. - 90s. - 2m. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Jolies boulettes qui méritent bien le nom de "bleu-vert" qu'on donne aux wulongs ! De taille moyennes à grosses, elles se développent particulièrement bien en gaiwan où elles prennent vite toute la place passé quelques infusions. La liqueur, vert très clair puis de plus en plus jaune, possède comme la plupart des thés de Stéphane une limpidité sans pareil.


Odeur : Dans leur petit sachet, les feuilles sèches n'ont que peu de parfums -- en revanche dès qu'elles sont placées dans le gaiwan pré-chauffé, on a droit à de magnifiques odeurs de raisin frais ainsi que de marc de raisin, de noix (noisettes ?) ainsi qu'à quelque chose d'un peu acide, fruité et sucré rappelant la groseille. Humidifiées, elles changent de direction et nous donnent un parfum de lait caramélisé très sucré et opulent -- mais une fois refroidi, quelle n'est pas ma surprise d'avoir l'impression de retrouver une odeur d'alcool rappelant le vin de cerises ! La liqueur elle-même laisse découvrir des parfums de fruits rouges et noirs acides (groseille et raisins, mais également framboises, mûres et cassis) mêlés de caramel de lait ou de dulce de letche, parfums aussi retrouvés en fond de tasse.


Goût : Plutôt léger sur la première infusion, on retrouve rapidement des saveurs florales et beurrées qui prennent une certaine lourdeur après quelques infusions -- mais pas la lourdeur de quelque chose qui reste sur l'estomac, plutôt comme le parfum opulent des pétales de nénuphar gorgés d'humidité. Une intéressante minéralité se profile sur la quatrième infusion et les suivantes, comme si l'on se retrouvait avec un étrange mais agréable mélange de Gao Shan et de Tie Guan Yin. Très agréable !


Texture : Légère, beurrée, caressante -- tout au long des infusions on retrouve des textures qui tapissent la langue d'abord puis le reste de la bouche, font saliver et donnent envie de reprendre une nouvelle gorgée. L'ensemble a un effet plutôt relaxant et purifiant sur le corps -- voilà un thé parfait pour les fins d'après-midi où l'on ressent le besoin de décompresser en revenant du boulot. 


Sons : "The Power of Love" du groupe Frankie Goes to Hollywood, cover par Gabrielle Aplin. Stéphane suggérait cette chanson, je suis d'accord. Une ouverture calme, légère et pastorale, qui passe ensuite en demi-tons nostalgiques et envoûtants. Voilà une pièce qui, comme ce thé, passe sur l'esprit comme une vague de fond et l'emporte... ailleurs. Où exactement dépendra de celui qui écoute/boit. ^^



Couleurs : C'est le bleu aux reflets clairs de l'eau qui me vient en tête d'abord -- bleu et vert, avec des reflets blancs et mauves, le tout en vagues tranquilles autour d'un tourbillon-fleur violet. L'ensemble donne l'impression d'être vu de haut, contrairement à la majorité des images qui sont plutôt comme projetées sur un écran...

2007 – Bang Wei "Spring", Bang Wei, Lancang, Pu'Er (Simao), Tea Urchin


Informations et provenance : L'un des 5 échantillons de l'OSV1 du Forum des Amateurs de Thé, ce thé est disponible chez Eugene de Tea Urchin, où l'on apprend qu'il s'agit d'un thé dont le matériel de 2007 a été conservé en boites scellées jusqu'au pressage de la galette en 2011.
La majorité des retours du forum se trouvent ici, Emmet de Cha&KungFu a posté une review là, et sinon comme d'habitude si vous avez fait un article à ce sujet ou si vous connaissez quelqu'un qui en a fait, postez les liens en commentaire !


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en LongDan DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - pause - 60s. - 90s. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : C'est un échantillon, il est donc difficile de juger de la "marchandise" à l'oeil -- à priori les feuilles ont l'air longues, entières et belles, mais impossible d'en être sûr. La liqueur, elle, est indubitablement d'un jaune clair (légèrement orangé sur les infusions subséquentes) et bien limpide.


Odeur : Les feuilles sèches ont peu d'odeur dans leur petit sachet, mais dès qu'on les place dans la théière chaude, on découvre des parfums tirant sur le fruit et le musc -- ça me rappelle un peu les thés que j'ai goûté récemment dans ces années-là (Mu Shu, Min Feng, etc.) mais avec son caractère bien à lui. Les feuilles mouillées ont un parfum très doux, étonnamment -- résine et fruits chauds, compote, quelque chose d'agréable... Et bien sûr, comme souvent, un fond de tasse musqué-sucré à se rouler par terre.


Goût : Le goût n'est pas très prononcé sur la première infusion, mais quel retour en bouche ! Quelle texture ! Une petite pointe de tabac léger qui n'est pas pour me déplaire, avec un gros pôle musqué sucré qui arrive par la suite et s'atténue sur une belle petite amertume accompagnée d'une finale fraîche comme de la menthe (et pas du menthol).
L'infusion 2 est beaucoup plus sucrée, avec des saveurs mêlées et complexes de tabac-devient-du-musc-devient-du-fruit-ou-est-ce-des-fleurs-redevient-du-tabac-ah-non-de-la-résine-ou-bien-est-ce... bref, vous aurez compris -- ça bouge, ça change, ça évolue, si on cligne des yeux on le rate. Difficile à définir, mais c'est vraiment très très bon.
La troisième infusion confirme l'impression : c'est un thé très léger mais complexe et vivant, frais, sucré voire même fleuri ou plutôt comme du nectar dilué -- quelques-unes de ces gouttes d'eau qu'à 7-8 ans on recueillait les jours de pluie dans les fleurs en forme de coque puis qu'on buvait en faisant semblant d'être des elfes ou des aventuriers sur une île déserte. Les suivantes seront du même tonneau.


Texture : Lisse, fluide et doux au moment de passer en bouche, avec un fort pouvoir asséchant après le passage de la liqueur. La sensation de menthe fraîche se concentre sur les côtés de la langue et les joues, tandis que l'amertume est surtout présente au-devant de la langue. Le passage de la liqueur grattouille un peu la gorge avant de revenir assécher lentement l'ensemble de la bouche, ce qui pousse à reprendre une autre gorgée... puis une autre... et encore une...


Sons : Ce thé mériterait une chanson douce et calme, réconfortante peut-être -- mais on a prouvé maintes et maintes fois que mon esprit part dans tous les sens...
Rigodon, donc ! La Ziguezon Zinzon, par la Bottine Souriante, c'est presque la saison d'ailleurs puisque c'est une chanson sur un album qu'on met traditionnellement au jour de l'an chez moi. ^^

(À noter que les bases de cet articles ont été écrit quelque part en décembre... oups ! Pour me faire pardonner, je vous refile une vidéo avec des paroles correspondant assez à la chanson pour qu'on puisse la suivre facilement même sans comprendre l'accent -- à défaut de comprendre le sens, parce que ça y'en a pas des masses. ^^)


Couleurs : Une base colorée, un mélange d'orangé et de jaune clair, avec quelques pointes de bleu royal et de vert forêt. Difficile à exprimer en paroles autant qu'en images...

dimanche 6 avril 2014

2010 – Hei Zi Juan, Yeshan Cha Ye, Wa Shan, Ximeng, Pu'Er (Simao), Puerh Asia


Informations et provenance : Ma toute première galette de puerh ! Acquise auprès d'Olivier (Puerh Asia / puerh.fr) en septembre 2010 alors que son site était encore en mode privé, avec un design rouge et noir ainsi qu'une liste des thés qu'il vendait... haha, souvenirs, souvenirs.
Choisie à l'origine parce qu'il était question dans son article sur les thés violets d'un "puerh sans amertume" (ce qui est ridicule comme raison de sélection puisque la moitié de l'intérêt d'un puerh est contenue dans son amertume), cette galette contient des feuilles issues de vieux arbres de la Montagne Wa (dixit Olivier) pressées par la compagnie Yeshan ChaYe pour un certain Professeur Wang -- plus de détails dans l'article mentionné plus haut.
Je n'ai pas trouvé d'autres comptes-rendus de ce thé, mais comme d'habitude s'ils existent et que je suis passé à côté, je suis preneur !


Détails d'infusion : 6.5 gr. / 80 ml en ShuiPing ZiNi de Wang Xue Feng. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 5s. - 5s. - 5s. - 10s. - 10s. - 15s. - 20s. - 20s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 18 infusions. (Vive les dosages bûcheron !)


Vue : Cette galette est impressionnante -- très peu compressée, ses bords en sont devenus irréguliers à force de perdre des feuilles à la moindre manipulation, lesquelles sont très petites et plutôt sombres, d'un noir brillant tirant sur le rouge violacé avec quelques touches plus claires dues à la quantité presque négligeable de huang pian (feuilles jaunes). Lorsque mouillées, elles prennent cependant une teinte verte beaucoup plus claire qui n'est pas sans rappeler celle des feuilles de thé provenant de cultivars "normaux". La liqueur, elle, est jaune orangé -- une teinte qui n'est pas sans rappeler celle de thés possédant quelques années de plus (la Min Feng, entre autres) -- et possède également une bonne clarté sans être totalement translucide.


Odeur : Les feuilles sèches, dès l'ouverture de l'emballage, laissent développer un parfum doux teinté d'une pointe d'épices rappelant la muscade et le poivre rose. Plongées dans la théière pré-chauffée, ce sont les fruits qui ressortent avec une odeur rappelant les nectarines d'été et le citron. Et si les feuilles mouillées ont un parfum plutôt âcre de fumée et de citron acide, le couvercle est en revanche particulièrement sucré et évoque la marmelade d'orange, le citron confit assorti d'un soupçon de musc épicé -- une odeur que l'on retrouve également en fond de tasse.


Goût : La première infusion est légèrement âcre, avec des saveurs plutôt végétales et retour en bouche épicé évoquant cannelle, muscade et cumin.
Olivier dans son compte-rendu parle de "baies de genièvre fraîches" et je ne sais pas si ça correspond vraiment à ce que je goûte parce que ce n'est pas un fruit qui fait partie de mes références alimentaires, mais je comprends parfaitement ce qu'il entend par là -- à la deuxième infusion, la liqueur est végétale, presque médicinale et toujours épicée (poivre et cumin cette fois). Les retours en bouche sont nombreux et complexes -- amertume fraîche légèrement mentholée d'abord, fruits (pêches et citron), épices (cannelle et poivre rose), herbes amères (romarin ?) et épices à nouveau (quelque chose de plus rond cette fois), le tout dans un rendu particulièrement intéressant.
Les infusions suivantes sont du même tonneau, avec une meilleure balance des arômes, des saveurs de plus en plus fruitées (d'abord la pêche, ensuite la nectarine) et une évolution en bouche des épices étonnante -- cannelle et muscade, cumin et cardamome, poivre rose et finalement baies poivrées de Tasmanie. C'est franchement très agréable !


Texture : Au début plutôt limpide, dès la troisième infusion ce thé prend une épaisseur remarquable qui demeure ensuite avec nous pour le reste de la dégustation. La longueur en bouche est superbe, étonnante pour un puerh violet qui dans ma maigre expérience sont beaucoup plus douces et effacées. L'effet sur le corps est relaxant mais possède également un bon potentiel d'aide à la concentration -- voilà un thé que j'aurais bien aimé avoir lors de mes périodes d'étude de fin d'année.


Sons : "Wind of Freedom" - Sky Productions. Une musique calme et décidée qui me semble à mi-chemin entre la trame sonore de "Gladiateur" et "Cavalia"... et qui correspond exactement au type de Qi ressenti en buvant ce thé.


Couleurs : Plus bleu que violet, avec quelques éclats jaune sur fond noir, on retrouve ici de nombreux tourbillons tranquilles dans un rendu un peu chaotique.

2013 – (Hiver) Hung Shui Oolong "fort", Shan Lin Shi, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : Acheté via Stéphane (Teamasters), il s'agit d'un Gao Shan de Shan Lin Shi ayant bénéficié d'une torréfaction poussée -- on apprend d'ailleurs à ce lien (hélas en anglais, mais avec plusieurs vidéos) que cette cuisson lente s'est étalée sur une semaine afin d'obtenir une torréfaction en profondeur sans calciner les feuilles.
Stéphane recommande d'ailleurs de n'utiliser qu'une petite quantité de feuilles et des infusions longues afin d'en tirer le maximum -- mais puisque je cherche ici à faire connaissance pour la première fois avec ce thé, j'utilise cette fois mes paramètres habituels (5 gr. donc) en gardant l'idée en tête pour y revenir plus tard.
Comme d'habitude, s'il y a des comptes-rendus dont vous connaissez l'existence sur le net, faites-moi signe en commentaire !


Détails d'infusion : 5 gr. / 140 ml en ShuiPing de Cai Man Zu. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 40s. - 50s. - 60s. - 75s. - 90s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Voilà de bien jolies billes brunes ! Plutôt lourdes et volumineuses, leur couleur marron laisse deviner le vert sombre derrière l'effet de la torréfaction, vert qu'elles retrouvent d'ailleurs après quelques infusions. On retrouve dans la liqueur, d'un jaune-orangé aux reflets verdâtres plus sombres, le côté translucide impressionnant propre aux thés de Stéphane.


Odeur : Un parfum puissant de torréfaction rappelant les céréales grillées et le pain carbonisé accueille les narines au moment de plonger les feuilles dans la théière pré-chauffée.On retrouve également, passée la première vague, une petite odeur acide de pépin de raisin ainsi qu'un parfum plus sucré de lait caramélisé.
Une fois les feuilles mouillées, on découvre sous le couvercle une odeur de toast au miel et d'orge perlé, tandis que la liqueur elle dégage un parfum rappelant les galettes de riz -- parfum que l'on retrouve également en fond de tasse, mais qui avec le temps s'atténue de plus en plus vers le miel. Une belle gourmandise !


Goût : Pas énormément de goût sur cette première infusion -- on a quelque chose d'un peu torréfié avec un rappel de céréales grillées, une légère acidité, un mignon petit retour en bouche sur l'orge perlé sucré, mais rien de bien transcendant... j'attends de voir.
La deuxième infusion, heureusement, commence fort. Galette de riz ! C'est la première chose qui me vient en tête au moment de goûter. La liqueur possède une certaine acidité qui fait saliver et prépare la bouche pour la suite.
Dès la troisième infusion, ça donne l'impression de boire une infusion du riz soufflé dans le genmaicha ! C'est intéressant, toujours un peu acide mais pas de façon désagréable (ni pour l'estomac) -- on retrouve une saveur légère et sucrée, quelque chose de céréalier après le passage de la liqueur. J'en reviens une fois de plus à cette saveur de galette de riz qui me rappelle de beaux souvenirs d'enfance. Les infusions suivantes changeront peu -- c'est moins un thé de bouche qu'un thé de sensations et de textures.


Texture : Déjà intéressante sur la première malgré un goût faible, la texture est très ronde et ample, presque huileuse. Lorsqu'on y ajoute une longueur en bouche plutôt bonne, moins en retours changeants qu'en présence constante et tranquille ainsi qu'un effet sur le corps relaxant qui donne envie de s'installer les bras derrière la tête et de profiter du moment, on comprend mieux pourquoi Stéphane a eu envie d'en faire un thé méditatif pour célébrer le temps des fêtes.


Sons : "When We Danse" de Sting -- une chanson intense et profonde malgré son apparente tranquillité, une chanson d'ailleurs avec laquelle j'ai grandi et qui a le mérite d'être associée depuis à l'équivalent musical d'un "comfort food". Elle se retrouvait déjà sur le Bao Yan Jincha 2008 de Xiaguan il y a un an, pour des raisons totalement différentes. Je vous laisse deviner en quoi elle me fait penser à ce thé cette fois-ci...


Couleurs : Tourbillons et bulles sur fond contrasté de rouge sombre, de bleu indigo et de noir, le tout en mouvement ascendant -- l'image présentée ici est statique et bien divisée entre bulles et tourbillons, mais en réalité les deux s'entremêlent beaucoup plus que ça...


samedi 5 avril 2014

2013 – Yi Pin Quan, Mengku Rongshi, Mengku, Shuangjiang, Lincang, Yunnan Sourcing


Informations et provenance : Parmi les grandes productions haut de gamme de la compagnie Mengku Rongshi (lien chinois), cette galette d'un kilogramme produite pour la deuxième fois après son succès de l'année 2012 a été présentée par Olivier dans un article tout entier dédié aux produits 2013 de cette compagnie. Je le laisse donc en parler bien mieux que moi dans un compte-rendu des plus complets. 
Outre via Olivier, on peut également se procurer cette galette sur Yunnan Sourcing ainsi que par le biais de Mengku Rongshi elle-même (à condition de trouver le moyen de les contacter en chinois et là c'est pas gagné... ^^).


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en LongDan DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - pause - 40s. - 60s. - 90s. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : Il faut bien le dire, une galette de thé d'un kilo, c'est énorme ! Difficile de vraiment en juger avant de l'avoir sous les yeux -- le moins qu'on puisse en dire, c'est que c'est impressionnant.
Cela dit, le proverbe qui dit "Dans les petits pots, les meilleurs onguents mais dans les grands, les excellents" prend ici tout son sens, avec emphase sur la deuxième partie -- les feuilles sont superbes, magnifiquement travaillées pour former une galette soignée dont on voit dès le premier coup d'oeil la qualité de l'assemblage.
La liqueur, d'un jaune très clair au départ, s'oxyde plutôt rapidement pour devenir d'un bel orangé dont la profondeur étonne dans un thé aussi jeune. Comme le mentionnait Olivier dans son compte-rendu, les premières infusions sont un peu troubles mais chargées d'écume et s'éclaircissent rapidement ensuite -- dès la troisième ou quatrième tasse, on se retrouve devant une liqueur aussi limpide que de l'eau.


Odeur : Autant le dire de suite : les parfums qui se dégagent de ce thé sont de l'ordre du superlatif.
La galette, dès l'ouverture de son emballage, dégage une odeur fraîche et boisée, avec une composante légèrement fruité difficile à identifier puisque trop ténue. Déposées dans la théière humide, les feuilles laissent découvrir un parfum magnifique, très puissant, un mélange de poires, d'abricots et de raisins secs. Sous le fruité se devine un pôle très légèrement boisé et épicé (poivré/vanille/bois de santal), qui s'accentue au moment de mouiller les feuilles. On y retrouve alors également quelques notes fumées mais sucrées à la fois qui rappellent la guimauve calcinée, ainsi que quelque chose de vaguement légumier (bok choy?). 
Sous le couvercle on en revient aux fruits, avec un parfum rappelant la compote chaude de pommes et de prunes, tandis que la liqueur dévoile une odeur de tisane très herbacée (herbes de provence et lavande ?) qui s'ajoute de musc après quelques minutes -- même le parfum de la liqueur est changeant et complexe ! Enfin le parfum au fond de la tasse est absolument renversant, un déploiement de sucre chauffé et de musc qui donnerait envie de passer le reste de sa vie avec le nez au fond de sa tasse.
Comme je disais au début -- parfums superlatifs et j'assume totalement mon absence d'objectivité. ^^


Goût : La première infusion a un goût légèrement astringent dans lequel on retrouve des saveurs zestées, boisées, épicées et herbacées -- c'est très complexe, on retrouve un peu de tout ce qu'il y avait dans les parfums et la rétro-olfaction développe en plus les notes de sucre chauffé qu'on retrouve normalement dans les fonds de tasse.
La deuxième infusion laisse découvrir les mêmes choses mais en plus harmonieux -- le zeste est plus présent également, sans parler des parfums extraordinaires qu'on retrouve en rétro-olfaction. Belle amertume très ronde assortie d'un kuwei incroyablement sucré, le tout est particulièrement agréable. 
La troisième infusion, elle, laisse découvrir une pointe camphrée qui engourdit et rafraîchit la langue. Les arômes sont toujours très présents dans les fosses nasales, c'est très très agréable -- on perçoit également quelque chose d'un tantinet plus fumé et boisé (bois qui commence à brûler ?) dans cette infusion même si le sucre est toujours très présent
Les infusions suivantes développent des saveurs de miel épicé (cannelle ? non, cardamome !) et boisé (plutôt arbre fruitier que conifère), avec une tendance tirant sur le fumé à mesure qu'avancent les infusions. L'un dans l'autre c'est un puerh très fin aux saveurs intéressantes, complexes et assez typique de ce que produit Mengku Rongshi si je me fie au reste de ce qui se trouve dans mes stocks.


Texture : En bouche c'est ample et rond, puissant et doux à la fois, coulant avec une belle épaisseur. La longueur en bouche est plutôt bonne, ça tient longtemps sur les papilles et en rétro-olfaction, mais ce sont surtout les parfums épicés changeants dans le fond de la gorge que je retiens, ainsi que ce fabuleux retour de musc sucré sur la langue une fois la gorgée avalée.
C'est un puerh relaxant, mais de façon subtile, pas comme un gros bâton qui assomme -- si l'on ne veut pas être en mode méditatif il est possible de continuer à être actif puisqu'il est tout de même plutôt caféiné, mais quand on se laisse aller au repos c'est diablement efficace.


Sons : "Chō" d'Amano Tsukiko (Tsuki maintenant). "Chō" signifie "Papillon" -- en l’occurrence ici il s'agit d'une pièce faisant partie de la trame sonore de Fatal Frame 2, mon épisode préféré de la série. C'est une musique simple au premier abord mais qui se révèle complexe et changeante, douce et triste, enlevante et pointue -- similaire sur quelques points mais surtout complémentaire avec cette Yi Pin Quan.


Couleurs : Une explosion de couleurs ! Un soleil en pleine supernova, rouge-orangé et jaune et doré assorti de bleus et de verts dansants. L'une des images les plus fidèles que j'ai réussi à rendre, ça se fête !


dimanche 9 mars 2014

1994 – Galette n°23, Dehong, M3T


Informations et provenance : Échantillon offert par Lionel du blog "Mon Senchado" (anciennement "Émotions de Thé") que je remercie chaudement pour sa générosité.
Je n'ai pas trouvé énormément d'informations au sujet de ce thé -- hormis qu'il s'agit d'un shu acheté à la belle époque de la M3T, rien...
Si, quand même : un joli compte-rendu de dégustation par Philippe de la Galette de Thé, dont je regrette la perte des commentaires car je suis certaine qu'ils auraient été instructifs ! Si quelqu'un en sait plus, je suis toujours intéressée par plus d'informations.
EDIT:
On m'apprend qu'il s'agit d'un thé provenant de la région de Dehong. ^^ Toujours pratique à savoir, merci à qui se reconnaîtra.


Détails d'infusion : 6 gr. / 100 ml en XiShi "écrasée" DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Deux rinçages flash. Temps d'infusion : 5s. - 10s. - 15s. - pause - 25s. - 30s. - 35s. - pause pour la nuit. Reprise le lendemain : 40s. - 45s. - 50s. - 60s. - 1m.20s. - 1m.45s. - suite au jugé. Total de 16 infusions.


Vue : Un échantillon sombre, fortement compressé -- des morceaux compacts dont le poids m'étonne, moi qui suis habituée au maocha et aux galettes qui se délitent quand on souffle dessus. C'est un dépaysement intéressant qui m'intrigue et m'accroche à la fois. La liqueur est quand à elle absolument superbe, d'un magnifique rouge sombre, vif quand la lumière s'étale dedans et parfaitement limpide.


Odeur : Terreuse, terreau -- terre sèche cependant, non humide. L'odeur est un peu poussiéreuse, exactement comme lorsqu'on pique du nez après avoir trébuché sur une racine et qu'on se retrouve en contact intime avec le sol. Une petite douceur sucrée se laisse toutefois deviner là où la terre "réelle" serait plus acide... Lorsque les feuilles ont subi deux rinçages, l'odeur de terreau, de cave sèche et propre se confirme. Le couvercle de la théière poursuit dans des notes intéressantes de pain, non pas la levure mais la mie légère et sucrée du pain blanc.


Goût : Le goût est très doux, ça contraste avec les autres shu âgés que j'ai goûté jusqu'ici. Honnêtement presque indescriptible -- c'est doux et rond, les saveurs se traduisent en couleur avant d'être vraiment définissables... Trois infusions plus tard, c'est toujours aussi flou. Ce n'est pas grave, je profite et savoure. On verra après avoir mangé un brin.
Trois heures plus tard, je sèche toujours au niveau de la description des arômes ! C'est un peu comme si tous les termes qui me viennent en tête sont adjectifs et non qualificatifs -- doux, rond, ample, caressant, fluide, pur... Je jette l'éponge ! ^^ Et je savoure.


Texture : "Propre" est le premier terme qui me vient à l'esprit. Étrange, non ?
Sinon bien sûr les adjectifs précédemment cités sont ceux qui décrivent le mieux cette liqueur : doux, rond, ample, caressant, fluide, pur... propre... relaxant... intéressant. :) Beaucoup plus intéressant le soir que le matin d'ailleurs, même si la dégustation s'est poursuivie sans fausse note -- si j'avais pu recommencer cette dégustation, je l'aurais commencée un peu plus tôt pour la poursuivre jusqu'à tard dans la nuit.


Sons : "Ruska" par Apocalyptica, qui n'a en commun avec leur remake de "Nothing Else Matters" que son intensité et la sonorité magnifique du violoncelle.
La pièce est difficile à décrire, autant que le thé lui-même -- une mélodie de piano triste et mélancolique, un accompagnement de violoncelle puissant et décidé, et par-dessus tout cela une aria qui donne un sentiment d'inévitable. "Ruska" est un terme finnois qui décrit l'automne et la couleur rouge et dorée des feuilles mortes -- une poésie en musique. Difficile de trouver titre plus approprié.


Couleurs : Filaments rouges et bleus, sombres et brillants à la fois, qui serpentent autour d'éclats blanc lumineux sur un fond noir d'encre. À ce stade, une image vaut mille mots...

lundi 3 mars 2014

2013 – Yiwu Peacock Blend "Spring", Yi Wu, Mengla, Xishuangbanna, Tea Urchin (Évolution)

(Seconde dégustation de janvier 2014 - premier compte-rendu succinct ici)

 
Informations et provenance : Il s'agit ici de l'un des échantillons de l'OSV1 : Tea Urchin du Forum des Amateurs de Thé -- d'ailleurs, c'est le premier que j'avais goûté, ceci est le compte-rendu de la deuxième dégustation. Vu le premier, il était temps de lui donner son heure de gloire...
Pour plus d'informations sur le thé lui-même, il y a bien sûr la page de Tea Urchin, sinon de nombreux comptes-rendus en ont été faits sur la page attitrée du forum. Je n'ai pas trouvé de compte-rendu plus détaillé sur le web, donc s'il y en a un quelque part, n'hésitez pas à m'en faire part.


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en théière Purion de Lin's Ceramics et tasse Julie Lavoie. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 10s. - 15s. - pause - 20s. - 25s. - 30s. - pause pour la nuit. Reprise le lendemain en gaiwan de porcelaine, 5 gr. / 90 ml : 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 11 infusions.


Vue : J'avais déjà parlé du fait que cette galette est très peu compressée dans mon précédent compte-rendu, concentrons-nous donc sur la liqueur. La dernière fois, j'en avais tiré l'impression d'une liqueur claire et lumineuse. Cette impression se confirme : d'un jaune très pâle légèrement plus soutenu sur les dernière infusions. Comme la dernière fois, beaucoup d'écume -- je n'ai pas réussi à prendre en photo l'huile dansante sur le dessus de la tasse, mais elle y est sur les trois première infusions.


Odeur : Des parfums très frais et floraux émanent des feuilles sèches dans leur sachet. L'air leur a fait du bien -- la première fois que j'ai testé ce puerh, je n'y avais rien compris, mais cette fois l'odeur est plus équilibrée et agréable. Dans la théière chaude, les parfums sont un peu plus étranges -- sucrés et astringents à la fois, j'y trouve une odeur de prunes mêlée de quelque chose d'indéfinissable, quelque chose que je n'ai jamais retrouvé par le passé dans un puerh. Je n'arrive pas à savoir si c'est désagréable ou pas.
Les feuilles mouillées sont très acides, mais le parfum sous le couvercle compense amplement : prunes chaudes toujours, mais filtrée par la terre qui semble retirer cette composante bizarre perçue précédemment. C'est définitivement sucré et fruité, assez loin du floral auquel je m'attendais. Le fond de tasse est intéressant, plutôt sucré et léger avec une très légère pointe de musc qui se développe si on prend le temps de laisser reposer la tasse.


Goût : Je voulais commencer par un temps d'infusion plus court que d'habitude puisque la théière Purion que j'utilise est plus petite que ma Duan Ni oeuf de dragon qui est normalement réservée aux puerh. Bien m'en a pris, puisque déjà, on perçoit sous les saveurs légères une astringence beaucoup plus puissante... amis de vos estomacs...
Autrement, il s'agit finalement d'un thé plutôt sympathique. Léger, sucré et fleuri, Eugene parlait de sucre brun (cassonnade / vergeoise) et il a parfaitement raison -- le côté fruité s'atténue sur les premières infusions pour laisser place à cette saveur de sucre mentionnée plus tôt et à quelque chose qui rappelle la menthe. Peu d'amertume, en revanche beaucoup d'astringence, la tendance se confirme -- mais du coup, pour moi c'est un peu moins intéressant puisque l'astringence porte moins les saveurs et abîme plus mon estomac.
La quatrième infusion (la première après une pause) développe une saveur un peu plus marquée, fumée, légèrement fruitée mais surtout végétale, un peu acide. En refroidissant, le musc est plus présent. Les suivantes seront du même tonneau.


Texture : C'est rond et fluide, plus harmonieux que la dernière fois je trouve. L'astringence qui assèche bien la bouche gâche un peu les choses pour moi cela dit -- j'ai dû faire de nombreuses pauses pour éviter les brûlements d'estomac et du coup j'ai probablement dû perdre un poil de complexité et de longueur. Pour la même raison, je n'ai pas noté d'effet sur le corps notable.
Dans tous les cas, c'est un thé de tous les jours à un prix raisonnable (encore très raisonnable deux ans plus tard) mais pas un sur lequel je reviendrai.


Sons : I Will Believe, de Nichole Nordeman -- voilà une chanson qui me ramène en arrière. ^^ Inspirée par les Chroniques de Narnia, c'est une pièce faite de rythmes tranquilles et d'un refrain entraînant qui parle de rêves et de lumière. Ce n'est pas la musique la plus fine, mais elle est sympa -- le genre de choses que je mets lorsque j'ai besoin de faire une tâche que je n'ai pas envie de faire et qu'il faut que je mette mon cerveau à "off". Bref quelque chose que j'associe assez bien à ce thé : un puerh de tous les jours, pas particulièrement fin mais avec des saveurs sympas et qui (à l'exception pour moi de l'acidité trop présente) s'apprécie sans se casser la tête.



Couleurs : On retrouve approximativement les mêmes teintes que la dernière fois : du vert, du blanc, du jaune... mais quelle différence dans les mouvements ! Quelle différence dans les associations ! C'est comme si la brume s'était levée -- plutôt que de contempler un arbre avec une parure de frêles pétales de printemps, on est ici dans la pleine fougue de l'été et de ses feuilles sombres, veineuses et pleines de vie.