samedi 23 novembre 2013

Printemps 2009 – Luanze Concubine Oolong (Guei Fei) "sauvage", Feng Huang, Taiwan, Teamasters (Évolution)

(La première dégustation, faite en 2010, se trouve ici.)

Informations et provenance : Ce thé provient à l'origine de chez Stéphane Erler (blog Teamasters) qui en a parlé dans un article ici. Je le lui avais acheté à l'automne 2010 et maintenant, trois ans plus tard, j'ai le plaisir de redécouvrir quelques grammes au fond de mon tiroir à wulong, derrière quelques sacs de Bai Hao... testons-les donc !


Détails d'infusion : 5 gr. / 125 ml en Gaiwan "Lotus". Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 40s. - 60s. - 1m.20s. - 1m.50s. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Les feuilles sont vraiment très petites -- un bourgeon, une feuille, un minuscule début de bourgeon... et c'est tout. Non-roulées, contrairement à ce qu'on retrouve généralement dans un Guei Fei, elles ressemblent davantage à des feuilles de Bai Hao -- légères, floconneuses, de toutes les couleurs. Post-infusion, cependant, on remarque qu'elles sont plus vertes, beaucoup moins oxydées que leur contrepartie "mère"... probablement l'un des seuls points communs avec les Dong Ding qui forment l'autre "parent" de ce thé.
La liqueur est sombre, orange brûlé à rouge profond sur les toutes dernières infusions -- elle a bien évolué dans ses couleurs depuis la dernière fois que je l'ai goûtée.


Odeur : Un premier pôle boisé, fruité et sucré des feuilles sèches se transforme dans le gaiwan chaud en miel d'automne boisé (rugueux, même !) et en fruits rouges (raisins, cerises, etc.). Les feuilles mouillées dégagent les mêmes parfums, mais avec un petit quelque chose de frais, végétal peut-être ? Dans le couvercle, une seule chose à dire : SUCRE !
Après quelques inspirations, on découvre du boisé/végétal en retrait, de la compote pomme/poires, une certaine "profondeur" qui n'y était pas auparavant... Finalement, dans le fond de la tasse, retour au miel boisé et au fruité sucré du début.


Goût : Ce sucre ! C'est inimitable, je n'ai jamais retrouvé dans un thé un arôme pareil.
La première fois que je l'avais goûté, je me souviens avoir eu dans la tasse un petit goût acidulé qui me rappelait le raisin -- cette fois, rien d'acidulé, mais un boisé/torréfié d'autant plus intéressant qu'il se trouve en contrepoint de tout ce sucre.
Vers la troisième et quatrième infusion, le thé reprend sa jeunesse. Ce qui était boisé, torréfié, mielleux redevient frais -- j'ai l'impression de croquer dans une poire dure, encore un peu verte. Le torréfié/miellé revient vers la cinquième et cette belle évolution du "jeune" qui laisse peu à peu la place au "vieux" dure jusqu'à la fin de la dégustation.


Texture : C'est épais comme du nectar mais très très fluide, ça coule en bouche comme de l'eau, puis ça laisse une... pas vraiment une sécheresse, mais une sorte de picotement sur la langue qui fait saliver. Son effet sur le corps est "assagi", on sent bien qu'il ne s'agit pas d'un thé de l'année -- cependant, il n'en est pas moins puissant. Le potentiel de "tea-vresse" dont parlait Stéphane est encore bien présent...
Petit manque d'endurance, cependant -- j'avais souvenir d'une dégustation sur 12 infusions, cette fois à 7 on commence à être juste.


Sons : "The Last One" par Paul Dinletir de la compagnie Audiomachine, qui se spécialise dans la création de musique de film et plus spécialement pour les bandes-sonores.
"The Last One" est une pièce plus complexe qu'elle n'en a l'air. Elle a un thème au piano très simple et répétitif, quelque chose d'un peu mélancolique et qui englobe bien le concept du titre. Ce qui rend le morceau intéressant, c'est l'accompagnement -- en modifiant sans cesse sa ligne musicale, en ajoutant ou enlevant des instruments, ça change toute l'ambiance du thème (qui en devient une aria, si l'on veut être précis avec les termes musicaux). Maintenant, si on compare ces caractéristiques aux arômes du thé qui vont et viennent selon les infusions...



Couleurs : Lignes vertes et rouges qui virevoltent dans l'espace, éclats jaune doré qui explosent comme des petits soleils ou des feux d'artifice... C'est très vivant, je ne sais pas comment décrire ce thé autrement... vivant.


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