vendredi 4 octobre 2013

2006 – "Puerh Cru Sauvage", Lincang, Teamasters


Informations et provenance : Je dois admettre ma surprise -- c'est bien la première fois qu'un thé en provenance de chez Stéphane Erler (Teamasters) contient moins d'informations que ceux que je bois au quotidien ! En tout cas, il s'agit ici de l'échantillon d'une galette en provenance du terroir de Lincang, faite de feuilles cueillies au printemps 2006 d'arbres anciens et sauvages. Or, j'avais déjà fait un comparatif entre deux galettes de Lincang 2006 récemment, l'une d'entre elles provenant elle aussi d'arbres anciens et sauvages... Peut-être est-ce la même ? Peut-être pas. Qui sait ? Stéphane, sans doute...
Pour plus d'informations, on a ici les notes de dégustation de Stéphane ainsi que celles en anglais de Hobbes (The Half-Dipper) en deux fois, la première ici, la deuxième là.


Détails d'infusion : 4 gr. / 100 ml en Lin's Purion. Eau filtrée Brita, chauffée en bouilloire de verre à 100°C. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 30s. - 40s. - 50s. - 60s. - pause - 1m.15s. - 1m.30s. - 1m.50s. - 2m.30s. Total de 10 infusions.


Vue : Une fois de plus, difficile de juger sur un échantillon. La galette a l'air compressée, ou alors c'est que j'ai récupéré une partie centrale -- on y trouve tout de même quelques bourgeons ocres entourés de feuilles brun sombre aux reflets parfois violets. La liqueur est d'un jaune saturé mais doux et plutôt limpide. Cependant, inutile de montrer l'intérieur de la théière, c'est un massacre là-dedans...


Odeur : Le morceau de galette est encore très fragrant -- j'y retrouve essentiellement tout ce qui me plaît dans un puerh cru adolescent : cette odeur qui me rappelle la jungle, une petite trace de musc, quelque chose d'indéfinissable qui fait saliver. Son odeur dans la théière chaude m'apparaît un peu "sombre", j'y trouve moins le côté végétal éclatant et davantage de bois, de résine, de quelque chose de minéral. Après rinçage, les parfums ne changent pas -- ils se contentent d'être légèrement exacerbé et on les retrouve également tels quels dans la liqueur. Je suis surprise, en revanche, de trouver quelque chose d'acide dans le couvercle de la théière. A-t-il souffert de ses trois ans en petit sachet plus ou moins sous vide ? Ce serait bien dommage... L'odeur en fin de tasse me rassure -- musc et jungle, pierre et terre humide. Tout va bien.


Goût : Dès la première infusion "correcte" (les deux premières ayant été sous-infusées), c'est la minéralité sucrée qui prend la bouche d'assaut. Une belle amertume porte également des saveurs végétales, celles qui me rappellent la jungle -- musc et lianes, terre humide, je n'ai qu'un pas mental à faire pour y ajouter la chaleur humide propre à ces endroits (merci, Biodôme de Montréal). Curieusement, je n'y trouve pas le "citron-fumé typé arbres sauvages", que j'avais identifié de mon côté comme ce que j'appelais de l'astringence -- à vrai dire je pourrais probablement découvrir un peu de citron en prêtant très attention, mais le fumé brille par son absence (et je ne vais pas m'en plaindre)... du moins sur les six premières infusions.
Je regrette que, passé la pause pour remettre de l'eau à chauffer, le goût se modifie autant -- maintenant j'y retrouve ce fumé-citronné, à vrai dire que je ne retrouve quasiment que ça. L'ampleur de la rétro-olfaction aussi s'est modifiée, ça tombe plutôt court... Franchement, c'est bien dommage, autrement ce thé me plaisait bien.


Texture : La liqueur est très "liquide", fluide -- ça accroche peu, ça laisse peu de traces de son passage hormis une excellente rétro-olfaction et une certaine sécheresse dans la bouche. C'est très "clean", plutôt agréable, ça change des puerh un peu "râpeux" que j'ai goûté récemment. Et les arômes, goûts et parfums restent en bouche particulièrement longtemps, ce que j'apprécie également, ou du moins jusqu'à la sixième infusion comme je le mentionnais plus haut.


Sons : C'est étrange -- je n'ai pas de chanson ou de pièce musicale qui m'accroche pour ce puerh, plutôt une voix : celle de Luke Conard (affublé d'un nom atroce, le pauvre, heureusement qu'il est anglophone), qui est un youtuber ayant fait partie de plusieurs bands. Je n'ai pas réussi, dans sa sélection de vidéos, à en trouver une qui collait bien... donc à défaut, je vous laisse avec "Hey Kristina" dont les paroles ont au moins le mérite d'être à la fois marrantes et débiles :) (Kristina était sa copine et co-membre de All Caps, un de ses anciens bands, et The Parselmouths était l'un de ses bands à elle).



Couleurs : Je retrouve les teintes que j'associe beaucoup aux sheng de Lincang -- jaune, orange et vert -- en un arrangement un peu étrange, comme si les teintes chaudes se compressaient au centre en lignes pointues pour être entourées des froides en globes diffus.

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