mercredi 9 octobre 2013

2007 – Oriental Beauty (Bai Hao) "Parfait", Hsin Chu, Taiwan, Teamasters


Informations et provenance : En 2007, Stéphane Erler du blog Teamasters avait eu la chance de mettre la main sur un Bai Hao dit "parfait" -- c'est à dire constitué des meilleures feuilles, à la fois les plus jeunes et les plus mordues par les petites cicadelles qui aident à la fabrication de ce thé. Trois ans plus tard, il proposait à cinq personnes qui en avaient acheté de le revisiter. N'ayant pas eu la chance d'en acheter la première fois, j'avais été mise sur une liste d'attente, au cas où moins de 5 personnes le contacteraient à ce sujet -- et comme vous pouvez voir, j'ai été chanceuse...
Je suis restée très longtemps impressionnée par ce thé, au point de l'enfermer dans un petit contenant hermétique et d'attendre la bonne occasion, un moment spécial. Bien sûr, je n'ai pas de doute sur le fait qu'il aura vieilli, mûri, changé depuis que Stéphane en a parlé... Avec un peu de chance, cependant, il aura gardé sa magie.


Détails d'infusion : 2 gr. / 90 ml en gaiwan de porcelaine. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 30s. - 40s. - 60s. - 1m.30s. - 2m. - 3m. - 5m. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : Les feuilles sèches sont très petites et particulièrement sombres -- probablement à la fois l'oxydation poussée qu'elles ont subi lors de la fabrication du thé et leur vieillissement. 6 ans, ce n'est plus très jeune ! On retrouve tout de même de longs bourgeons couvert d'un duvet presque blanc contre le brun rougeâtre de la majorité des feuilles, ainsi que quelques soupçons de vert forêt ici et là. La liqueur est plutôt pâle, allant de presque blanc à jaune transparent vaguement orangé au fil des infusions. J'imagine qu'avec un grammage plus élevé, les teintes seraient beaucoup plus foncées... Finalement, les feuilles mouillées sont rouge vif tirant sur le magenta, une couleur plutôt étonnante que je n'avais jamais vue par le passé.


Odeur : Les feuilles sèches ont quelque chose de miellé, boisé, avec une profondeur "sombre" particulière. Avec les feuilles mouillées, on tombe sur le fruit cuit -- j'ai des arômes de pomme d'automne et de raisin sec qui me montent au nez. La composante boisée est toujours un peu présente, mais en retrait. L'odeur dans le couvercle a une concentration stupéfiante -- en plus d'un micmac de ce que j'ai déjà mentionné, sucre blanc, fruits au miel, muscade et muscat me chatouillent agréablement les narines. Et enfin, dans la liqueur, on retrouve le parfum du couvercle en plus léger, le pôle boisé un peu plus présent.


Goût : Difficile à décrire autrement que par "ça goûte le Bai Hao". Ce n'est pas tant le goût qui frappe (même s'il est très bon) que la texture en bouche. On retrouve les composantes "traditionnelles" -- muscat, raisin miellé, boisé léger, fruits cuits, épices... D'ailleurs, les épices sont plutôt présentes dans la troisième infusion -- un mélange de poivre et de quatre-épices, je pense, mais je ne suis pas tout à fait certaine puisque c'est quelque chose que je perçois moins sur la langue que dans la gorge. Beaucoup des arômes sont perceptible uniquement en rétro-olfaction d'ailleurs...Vers la fin de la dégustation, c'est la gorge qui rend les dernières traces parfumées -- sucre et miel, épices légères et quelque chose qui me rappelle vaguement (mais très vaguement hein) le bois de santal.


Texture : Très limpide, presque "caressante". La liqueur picote dans les joues et sur la langue après son passage, elle a aussi un fort pouvoir asséchant qui pousse presque les muqueuses de la gorge à "coller ensemble" dans l'attente de la gorgée suivante ! Difficile de juger de l'ampleur et de la longueur du retour en bouche avec un grammage si faible pour des temps plutôt courts, mais à priori, comme j'ai un goût "fantôme" très longtemps en bouche après avoir avalé, j'aurais tendance à dire qu'elle est plutôt bonne.


Sons : J'ai eu beaucoup de mal à trouver une pièce musicale qui convenait à ce thé. Finalement, après avoir écouté et écarté beaucoup de fichiers, je me suis arrêtée sur "Berlin" par ThePianoGuys... que j'avais déjà présenté, par hasard, sur un autre Bai Hao il y a un mois et demi. À noter que si je me souvenais bien avoir déjà présenté une pièce musicale de ces artistes, j'avais complètement oublié que c'était sur ce Bai Hao... Jolie "coïncidence", à explorer sur de nouveaux thés !
Pour en revenir à la pièce elle-même, ce sont essentiellement les mêmes composantes qui me l'ont fait choisir -- elle est calme et douce, mais le son du violoncelle (pour lequel j'ai un faible avoué) retranscrit bien pour moi la puissance sous-jacente de ce thé. Pas de rappel classique ici, seulement le pouvoir d'une centaine de violoncelles et d'un tambour. Ça a de quoi rendre humble, je trouve.



Couleurs : Mes éternelles spirales bleu et jaune doré sur fond rouge, celles que je vois pratiquement toujours lorsque je déguste un Bai Hao, sont encore bien présentes, presque explosives. Les teintes sont saturées, le jaune un peu plus vif peut-être que ce à quoi je suis habituée, au point où le fond rouge est à peine visible. J'ai du mal à imaginer ce que ça aurait donné si j'avais dosé davantage !

2 commentaires:

  1. http://www.youtube.com/watch?v=GMUlhuTkM3w

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    1. Haha ! ^^ C'est chouette, j'aime bien le mélange de genre. ^^

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