jeudi 3 octobre 2013

2011 – Ma Li Shan, Hualien, Taiwan, Maison Akabi


Informations et provenance : Ce thé est une énigme. Quand j'étais allée à Nantes rendre visite à une amie en 2011, elle m'avait fait découvrir la Maison Akabi, un chouette petit café (du moins à l'époque c'était plutôt centré sur le café !) où, en choisissant un thé chacun sur la carte, nous avions eu la chance de papoter avec la sympathique propriétaire. Cette dernière, à la fin de notre dégustation, m'a gentiment offert un échantillon d'un wulong qu'elle voulait me faire comparer avec celui que j'avais bu. Mais... Ma Li Shan ? J'avais déjà entendu parler d'Ali Shan et de Li Shan, mais pas de Ma Li Shan qui après recherche effectuée est bien un endroit distinct, dans le comté d'Hualien à la frontière de Nantou ! Quelqu'un connait ?
Et surtout, est-ce que réellement un thé de Ma Li Shan ? Est-ce en fait un Ali Shan ou un Li Shan qui aurait été mal nommé ?


Détails d'infusion : 5 gr. / 100 ml en théière de verre. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 15s. - 20s. - 30s. - 35s. - 45s. Total de 5 infusions, par goût et non manque d'endurance.


Vue : Les feuilles roulées sont franchement très jolies -- de grosses boulettes d'un bleu-vert sombre, quelques touches de violet... La liqueur qui en est tirée est donc franchement surprenante par son jaune translucide -- ou devrais-je dire son translucide légèrement teinté de jaune ?? Sur les troisièmes et quatrièmes infusions c'est un peu plus foncé, mais à peine. Les feuilles imbibées d'eau, vert clair une fois la dégustation terminée, sont plus intactes que moins -- fragiles et facilement abîmées, mais elles semblent jusqu'ici avoir plutôt bien survécu aux divers transports !


Odeur : Plutôt fleuri, une odeur étrange semblable à du vin, quelque chose qui rappelle le sucre blanc... les feuilles mouillées et la liqueur dégagent une odeur de "vert", de végétaux frais mêlés de sucre. Au bout d'un certain temps, cependant, les feuilles se mettent à dégager un parfum très acide de laitue cuite... j'ignore si c'est moi qui ai fait une erreur en infusant, mais une fois cette odeur présente, impossible de s'en débarrasser par la suite.


Goût : Bon. Honnêtement, la première infusion ne goûte pas grand-chose. Un peu fleuri, un peu sucré, un léger arrière-goût végétal... C'est comme si les boulettes de feuilles étaient restées endormies si longtemps qu'elles avaient du mal à se laisser réveiller. Par la suite, on parvient à obtenir quelque chose d'un peu plus consistant... mais en infusant trop, on se retrouve vite avec une amertume/astringence désagréable, ce qui rend la marge de manœuvre de ce thé assez difficile à obtenir en gongfu.
Au final, mon avis est mitigé sur ce qui se veut un Gao Shan -- on goûte bien le côté typé "Wulong de Haute Montagne", mais on n'a ni la complexité, ni la finesse qu'on retrouve souvent dans ces thés taïwanais. C'est un petit thé quotidien correct, qui serait probablement meilleur infusé à l'anglaise (grande théière, peu de feuilles, temps longs), mais pas un thé pour lequel je serais prête à dépenser, si probablement un que je rachèterais.
Il faut aussi prendre en compte que je ne suis pas une grande fan des Gao Shan, que je trouve en général trop peu oxydés/torréfiés pour que ma dégustation soit plaisante. Si c'était le cas, je l'apprécierais probablement plus.


Texture : La texture est très fine, fluide, elle accroche peu en bouche -- dans les infusions les moins poussées, on a même l'impression de boire de l'eau (en parlant uniquement de texture, pas de goût).


Sons : "Imaginarium", par PeerGynt Lobogris, sur l'album Edge of Forever. Il s'agit d'une très simple étude de piano, avec un thème qui se répète essentiellement sur des tempos différents. Simple et joli, ça ne casse pas trois pattes à un canard...



Couleurs : Des teintes fantomatiques, posées les unes devant les autres en transparence, qui arriveraient presque à donner l'illusion du 3D ! Blanc, donc, et vert, gris et noir, toujours en mouvement devant d'autres formes bleu-rosé, elles aussi virevoltant devant un fond de brouillard où d'autres mouvements sont à peine perceptibles -- comme si les volutes de couleurs en superpositions s'étendaient à l'infini.

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