mercredi 2 octobre 2013

2007 – Jing Mei Tang "She De" Guang Bien Lao Zhai, Chan Tai Factory, Houde Asian Art


Informations et provenance : Si je ne me trompe pas, cet échantillon gracieusement offert par Nicolas (Le Thé et le Chemin) provient de la galette Jing Mei Tang "She De" de chez Houde Asian Art. Pressée à la main par la Chan Tai Factory avec du matériel de 2007, ce sheng provient d'arbres anciens cueillis au printemps dans la région de Guang Bien Lao Zhai, à une élévation d'environ 1500 m. Pour un second avis sur cette galette, Nicolas en a parlé ici.


Détails d'infusion : 5.6 gr. / 100 ml. en terre Purion. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - pause - 30s. - 35s. - 40s. - 45s. - 50s. - 55s. - suite au jugé. Total de 14 infusions.


Vue : Des feuilles sombres, ocre, brunes et noires (certaines ont encore même du duvet), dans un beau gros morceau de galette que je mets tout entier dans ma théière ! La liqueur est orangée et limpide, donne l'impression d'être concentrée en arômes -- ce qu'elle est d'ailleurs.


Odeur : J'ai d'abord, avec les feuilles chauffées, un parfum musqué très doux, suivi de camphre, de fruits compotés (des pommes, des poires...) et d'une pointe de quelque chose de frais qui rappelle les épines de sapin. Mais dès que je mouilles les feuilles, c'est une machine à voyager dans le temps : des odeurs d'eau de pluie, de bois humide chauffé et de forêt (arbres et verdure humide, échinacée ?), de pierres dans un sol détrempé et de la couverture de laine qu'on s'enroule autour des épaules pour décourager la morsure du vent, à la campagne. On revient aux fruits, au musc et au sucre en fin de tasse et dans le couvercle... deux pôles très fins et bien distincts. 


Goût : Malgré un premier abord presque médicinal, ce n'est pas désagréable -- au contraire, c'est mentholé, camphré, résineux... Rien à voir avec la médecine de mon enfance ! L'amertume est forte et douce à la fois, les retours en rétro-olfaction sont puissants -- cinq minutes entre une gorgée et une autre, les saveurs se déployaient toujours sur ma langue. J'ai l'impression, selon les tasses, de boire une infusion d'aiguilles de pin ou un sirop à la menthe amer (autrement dit, emphase sur la menthe et moins sur le sirop).


Texture : C'est extrêmement subtil -- les saveurs viennent se déposer sur la langue aussi doucement que le toucher d'une plume, puis y vibrent littéralement d'arômes. Les gorgées ont une épaisseur particulière qui donnent envie... non pas de "mâcher", mais de "laisser fondre" avant d'avaler. C'est plutôt particulier, je crois que c'est la première fois que je rencontre quelque chose comme ça. L'effet sur le corps est impressionnant, déploie moins une chaleur qu'une "présence" qui se concentre chez moi entre la gorge et le plexus solaire.


Sons : La chanson thème de "Skyrim V: The Elder Scroll", composée par Jeremy Soule et interprétée par deux artistes très doués que j'affectionne particulièrement : Lindsey Stirling et Peter Hollens.
Au moment de trouver une pièce pour accompagner ma dégustation, j'avais déjà bu deux infusions et j'étais au milieu de la troisième. Un mot s'est imposé à moi comme une évidence : VERT ! Il me fallait une chanson verte. Le problème, c'est que je ne connais pas beaucoup de chansons vertes...
Bref, après quelques aventures synesthésiques, j'en suis arrivée à cette interprétation par un violon et une voix, accompagnés d'une vidéo assez originale qui retranscrit bien l'ambiance du jeu... et de mon thé ! (L'originale, pour la petite histoire, m'apparaît vert-de-gris, rouge et bleu sombre, avec des éclats de blanc crémeux. ^^)



Couleurs : Et pourquoi une chanson verte ? Parce que les teintes de ce thé sont vertes, bien sûr ! Des formes sombres et confuses, brusquement illuminées de lignes vert clair et jaune éclatantes en motifs géométriques.

1 commentaire:

  1. Bonjour Leaf,
    Un article très agréable à lire. Ce thé, je l'ai dégusté il y a peu de temps. Il a beaucoup de qualités, mais je trouve qu'il mériterais de vieillir encore quelques années pour assagir l’astringence trop présente à mon goût. J'avoue aussi que je charge mes théières beaucoup plus que par le passé, ce qui peut expliquer la sensibilité à l'astringence.

    Ton interprétation visuelle est remarquable.
    Merci Leaf
    Nicolas

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