mercredi 2 octobre 2013

2005 – "Red Sun Drum", Jinuo Shan You Le, Jinghong, Xishuangbanna


Informations et provenance : Il s'agit d'un thé obtenu par l'entremise d'Olivier Schneider de Puerh.fr et retrouvable ici sur Yunnan Sourcing. Fabriquée par à l'aide de machines calibrées pour fournir un pressage léger digne des pressages artisanaux, cette galette qui a été vieillie pendant 5 ans dans le Xishuangbanna contient du matériel de la montagne You Le, aussi appelée Jinuo Shan du nom de la minorité chinoise y habitant. À moins que je ne me trompe, les feuilles ont été récoltées au printemps sur des arbres de 50 à 70 ans dans une plantation ayant été laissée à l'abandon pendant de nombreuses années avant d'être redécouverte.


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en terre Duan Ni. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 35s. - pause - 40s. - 50s. - 60s. - 1m.20s. Total de 10 infusions.


Vue : La galette est étonnante de couleurs -- foncée par l'âge, mais on y perçoit encore les divers grades qui se déclinent en teintes de vert clair, de vert olive, de brun ocre, de brun sombre et ainsi de suite... Grandes, petites, moyennes, bourgeons duveteux ou longues tiges lisses, les feuilles se détachent très facilement, ce qui est agréable et permet de les conserver intactes dans la mesure du possible. La liqueur, plutôt pâle pour un puerh de 8 ans, passe de jaune clair à jaune-orangé au fil des infusions.


Odeur : C'est étonnamment doux... musqué mais de façon très subtile, avec des pointes sucrées/fruitées. Ça me fait penser à l'odeur de la peau humaine chauffée au soleil, à vrai dire, et en même temps ce n'est pas du tout ça. On retrouve un pôle fumé-résineux dans le couvercle, mêlé de ce parfum subtil décrit plus tôt -- la liqueur elle-même a une odeur un peu plus végétale. 


Goût : Les goûts spécifiques sont assez diffus, difficiles à décrire -- le mot qui me revient en tête, c'est toujours "musc", mais ça n'a rien d'animal ni rien de commun avec les autres puerh dans lesquels j'ai retrouvé un goût musqué. Une belle minéralité portée par l'amertume calme du thé se développe sur les dernières infusions, une fois que les arômes "de tête" se sont atténués. Cependant, je ne sais pas si c'est dû au grammage qui était peut-être trop faible, aux temps d'infusion pas assez allongés ou au thé lui-même, mais côté endurance, peut mieux faire...


Texture : La texture est très présente, mais n'est pas de type "lourd" -- je n'ai pas l'impression de boire du potage. Chaque gorgée laisse un filin huileux en bouche, qui se développe en finale âpre qui pique un peu le bout de la langue. Paradoxalement, il y a une grande douceur qui me rappelle celle que j'avais retrouvé dans le carré 2011 Lao Banzhang décrit ici -- la force du Qi en moins, ou plutôt, présente de façon différente. Parce que de la force, il y en a -- le type de force douce qui part du ventre et remonte en vagues tranquilles, quelque chose de presque féminin, maternel.


Sons : "1, 2, 3, piano" de Greendjohn, en version remasterisée, est présente sur son album DigitaLegal qui est disponible sur la plateforme Jamendo.
Je dois admettre un faible pour les compositions de Greendjohn, que je trouve diversifiées et convenant à toutes humeurs. Celle-ci est calme, fluide, mais forte et prête à argumenter son point à la fois. J'ignore si elle correspond réellement au thé, mais elle correspond à mon humeur alors que je le déguste et tous deux se complètent très bien.



Couleurs : Bleu-vert très texturé en arrière-plan, sur lequel se forme et se déforme des "masses" d'un blanc lumineux et translucide. Les mouvements ne sont pas très perceptibles -- tout se fait subtilement, presque sans que l'on s'en aperçoive.

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