dimanche 5 février 2012

2010 – Shu Ya, Lan Ting Chun, Zhaiguoting, Yong De, Lincang


Informations et provenance : Il s'agit d'un vrac de bourgeons fermentés particulièrement intéressant produit à Yong De par Zhaiguoting. Encore une fois, de nombreuses informations au sujet de ce thé se trouvent dans l'article d'Olivier Schneider sur "Lan Ting Chun, l'excellence méconnue de Yong De", que je recommande chaudement.


Détails d'infusion : 5.5 gr. / 150 ml en XiShi DuanNi. Temps d'infusion : 30s. - 45s. - 1m.15 - 3m. - 5m. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Les feuilles sèches, duveteuses et légères, donnent envie de les caresser du bout des doigts pour voir si elles sont aussi douces qu'elles en ont l'air. Leur camaïeu de brun doré, lorsqu'on les mouille, prend brusquement une teinte de brun foncé, presque noir, constellé de petits éclats jaunes. La liqueur jaune-orangé clair, plutôt limpide, est particulièrement peu foncée pour un puerh shu.


Odeur : La première odeur qui me frappe est celle de champignons sucrés. Ensuite vient celle de boulangerie, pâte à muffins, entremêlé de quelque chose de semblable à du tabac. Les feuilles mouillées, elles, dégagent un parfum de gâteau aux fruits ! L'odeur de tabac des feuilles est renforcée après la première infusion, s'y mêle un arôme d'abricots séchés ou du moins de fruits secs, ainsi que d'une pointe épicée qui rappelle la cannelle ou le quatre-épices.


Goût : Immédiat, très présent mais d'une grande douceur, on y trouve d'abord un léger goût de noix et un arôme un peu fumé en rétro-olfaction. La persistance est assez longue sur la langue mais curieusement peu perceptible dans la gorge. Au fil des infusions, on découvre un pôle piquant-épicé, un arôme d'écorce de feuillus, ainsi qu'une petite pointe sucrée de pruneaux secs en troisième infusion. Les infusions subséquentes persistent dans cette voie et développent également des goûts terreux.


Texture : Ronde, lourde, prenante en bouche, la consistance est épaisse comme de la crème et particulièrement soyeuse.


Sons : Il y a quelque chose dans ce thé qui me rappelle la sonorité du violoncelle -- d'ailleurs beaucoup de puerh shu me font cet effet. Le violoncelle est un instrument qui, entendu de près, grince horriblement -- l'archet est muni de crins raides, les cordes sont grosses et difficiles à faire résonner. Chaque coup d'archet est une gageure. Mais dès que l'on s'éloigne un peu, le violoncelliste parvient, presque par magie, à donner une autre dimension à ce qui pourrait autrement être une texture de son grossière.
Violoncelle, donc ! Suite 1 de Bach, interprété par Pablo Casals -- parce qu'il prend son temps, qu'on entend toutes les aspérités de ses cordes et que chaque coup d'archet est comme une caresse à l'âme.



Couleurs : Filets bleu clair/turquoise sur fond orangé avec quelques éclats rouges/blancs -- c'est doux, c'est éthéré, ça laisse l'impression d'une couverture chaude et moelleuse dans laquelle on s'enroule sans vergogne lorsqu'il fait froid.

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