samedi 5 avril 2014

2013 – Yi Pin Quan, Mengku Rongshi, Mengku, Shuangjiang, Lincang, Yunnan Sourcing


Informations et provenance : Parmi les grandes productions haut de gamme de la compagnie Mengku Rongshi (lien chinois), cette galette d'un kilogramme produite pour la deuxième fois après son succès de l'année 2012 a été présentée par Olivier dans un article tout entier dédié aux produits 2013 de cette compagnie. Je le laisse donc en parler bien mieux que moi dans un compte-rendu des plus complets. 
Outre via Olivier, on peut également se procurer cette galette sur Yunnan Sourcing ainsi que par le biais de Mengku Rongshi elle-même (à condition de trouver le moyen de les contacter en chinois et là c'est pas gagné... ^^).


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en LongDan DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 35s. - pause - 40s. - 60s. - 90s. - suite au jugé. Total de 12 infusions.


Vue : Il faut bien le dire, une galette de thé d'un kilo, c'est énorme ! Difficile de vraiment en juger avant de l'avoir sous les yeux -- le moins qu'on puisse en dire, c'est que c'est impressionnant.
Cela dit, le proverbe qui dit "Dans les petits pots, les meilleurs onguents mais dans les grands, les excellents" prend ici tout son sens, avec emphase sur la deuxième partie -- les feuilles sont superbes, magnifiquement travaillées pour former une galette soignée dont on voit dès le premier coup d'oeil la qualité de l'assemblage.
La liqueur, d'un jaune très clair au départ, s'oxyde plutôt rapidement pour devenir d'un bel orangé dont la profondeur étonne dans un thé aussi jeune. Comme le mentionnait Olivier dans son compte-rendu, les premières infusions sont un peu troubles mais chargées d'écume et s'éclaircissent rapidement ensuite -- dès la troisième ou quatrième tasse, on se retrouve devant une liqueur aussi limpide que de l'eau.


Odeur : Autant le dire de suite : les parfums qui se dégagent de ce thé sont de l'ordre du superlatif.
La galette, dès l'ouverture de son emballage, dégage une odeur fraîche et boisée, avec une composante légèrement fruité difficile à identifier puisque trop ténue. Déposées dans la théière humide, les feuilles laissent découvrir un parfum magnifique, très puissant, un mélange de poires, d'abricots et de raisins secs. Sous le fruité se devine un pôle très légèrement boisé et épicé (poivré/vanille/bois de santal), qui s'accentue au moment de mouiller les feuilles. On y retrouve alors également quelques notes fumées mais sucrées à la fois qui rappellent la guimauve calcinée, ainsi que quelque chose de vaguement légumier (bok choy?). 
Sous le couvercle on en revient aux fruits, avec un parfum rappelant la compote chaude de pommes et de prunes, tandis que la liqueur dévoile une odeur de tisane très herbacée (herbes de provence et lavande ?) qui s'ajoute de musc après quelques minutes -- même le parfum de la liqueur est changeant et complexe ! Enfin le parfum au fond de la tasse est absolument renversant, un déploiement de sucre chauffé et de musc qui donnerait envie de passer le reste de sa vie avec le nez au fond de sa tasse.
Comme je disais au début -- parfums superlatifs et j'assume totalement mon absence d'objectivité. ^^


Goût : La première infusion a un goût légèrement astringent dans lequel on retrouve des saveurs zestées, boisées, épicées et herbacées -- c'est très complexe, on retrouve un peu de tout ce qu'il y avait dans les parfums et la rétro-olfaction développe en plus les notes de sucre chauffé qu'on retrouve normalement dans les fonds de tasse.
La deuxième infusion laisse découvrir les mêmes choses mais en plus harmonieux -- le zeste est plus présent également, sans parler des parfums extraordinaires qu'on retrouve en rétro-olfaction. Belle amertume très ronde assortie d'un kuwei incroyablement sucré, le tout est particulièrement agréable. 
La troisième infusion, elle, laisse découvrir une pointe camphrée qui engourdit et rafraîchit la langue. Les arômes sont toujours très présents dans les fosses nasales, c'est très très agréable -- on perçoit également quelque chose d'un tantinet plus fumé et boisé (bois qui commence à brûler ?) dans cette infusion même si le sucre est toujours très présent
Les infusions suivantes développent des saveurs de miel épicé (cannelle ? non, cardamome !) et boisé (plutôt arbre fruitier que conifère), avec une tendance tirant sur le fumé à mesure qu'avancent les infusions. L'un dans l'autre c'est un puerh très fin aux saveurs intéressantes, complexes et assez typique de ce que produit Mengku Rongshi si je me fie au reste de ce qui se trouve dans mes stocks.


Texture : En bouche c'est ample et rond, puissant et doux à la fois, coulant avec une belle épaisseur. La longueur en bouche est plutôt bonne, ça tient longtemps sur les papilles et en rétro-olfaction, mais ce sont surtout les parfums épicés changeants dans le fond de la gorge que je retiens, ainsi que ce fabuleux retour de musc sucré sur la langue une fois la gorgée avalée.
C'est un puerh relaxant, mais de façon subtile, pas comme un gros bâton qui assomme -- si l'on ne veut pas être en mode méditatif il est possible de continuer à être actif puisqu'il est tout de même plutôt caféiné, mais quand on se laisse aller au repos c'est diablement efficace.


Sons : "Chō" d'Amano Tsukiko (Tsuki maintenant). "Chō" signifie "Papillon" -- en l’occurrence ici il s'agit d'une pièce faisant partie de la trame sonore de Fatal Frame 2, mon épisode préféré de la série. C'est une musique simple au premier abord mais qui se révèle complexe et changeante, douce et triste, enlevante et pointue -- similaire sur quelques points mais surtout complémentaire avec cette Yi Pin Quan.


Couleurs : Une explosion de couleurs ! Un soleil en pleine supernova, rouge-orangé et jaune et doré assorti de bleus et de verts dansants. L'une des images les plus fidèles que j'ai réussi à rendre, ça se fête !


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