lundi 23 septembre 2013

2006 – Da Xue Shan Ye Sheng Cha, Da Xue Shan, Mengku, Lincang (Évolution)

(La première dégustation, faite en 2011, se trouve ici.)

Informations et provenance :Cette galette, une fois de plus obtenue via Olivier de Puerh.fr, est très semblable dans son origine à celle du compte-rendu précédent : comme elle, elle provient de la montagne Da Xue Shan (大雪山, "Big Snow Mountain") du terroir de Bing Dao dans le Shuangjiang et elle a également été pressée en 2006 par Mengku Tea Factory. À vrai dire, la seule différence que je peux voir, c'est le fait que le maocha de celle-ci provient d'arbres sauvages et non seulement anciens ! Enfin, détrompez-moi s'il y a lieu...
Comme la précédente, elle peut se trouver sur Yunnan Sourcing à un prix ma foi assez raisonnable (c'est à dire, encore une fois, exactement le même que l'autre galette...).


Détails d'infusion : 4.5 gr. / 125 ml en Duan Ni jaune (théière Xishi). Eau filtrée Brita, chauffée en bouilloire de verre à 95°C, rinçage de 10 secondes. Temps d'infusion : 15s - 25s. - 30s. - 30s. - 35s. - pause - 45s. - 50s. - pause pour la nuit, reprise le lendemain. Suite : 60s. - 1m.15s. - 1m.25s. - 1m.45s. - suite au jugé. Total de 13 infusions (les deux-trois dernières étant essentiellement de l'eau sucrée, mais il me restait de l'eau chaude, j'en ai profité...).


Vue : Cette galette aux teintes sombres d'ocre doré, de vert bouteille, de brun sombre et de noir violacé est constituée de feuilles de taille moyennes -- difficile d'en juger, cependant, car la galette a été pressée avec beaucoup de force et, à première vue, il y a beaucoup de feuilles brisées. La liqueur qui en découle est d'un jaune foncé tirant sur l'orangé, spécialement sur les dernières infusions. Quand aux feuilles mouillées ? Je vous laisse regarder par vous-même la dernière photo !


Odeur : Beaucoup plus "sombre" que celle que j'ai goûté plus tôt dans la journée et surtout que la dernière fois que j'ai touché à cette galette -- musc presque cuiré, bois, épices... L'odeur dans la théière chaude a quelque chose de minéral -- cette galette a définitivement entamé son voyage vers la maturité. Une fois les feuilles mouillées, on a la surprise de découvrir un parfum très très frais et mentholé ! L'odeur dans le couvercle de la théière est ex-tra-or-di-nai-re -- et accessoirement indescriptible -- riche et profond, musqué et épicé, cuiré et boisé... Les feuilles elles-même dégagent un parfum légèrement végétal, citronné peut-être ? mais surtout très fumé, même un peu désagréablement pour moi. Dans le parfum de la liqueur elle-même, on retrouve cette pointe de minéralité découverte un peu plus tôt.


Goût : Attaque sucrée presque florale, qui s'évapore presque immédiatement pour donner place à quelque chose de définitivement boisé -- je n'arrive pas à identifier l'arbre en question, mais définitivement un feuillu, ça n'a pas l'acidité d'un conifère. En poussant un peu la deuxième infusion, je trouve une amertume assez présente, mais celle-ci se transforme très rapidement en langueur sucrée... Par contre ce n'est pas du tout le sucré d'un fruit ou du miel, plutôt celle de la sève de bouleau (qui est également mentholée, donc ma comparaison tient le coup !). C'est très frais, moins raffiné que la Mu Shu Cha de ce matin (j'ai un peu l'impression que ce thé me fait du rentre-dedans en fait, d'où le commentaire) mais très bon tout de même !

En tiédissant, en revanche, la liqueur prend une saveur de boisé-fumé plutôt forte et astringente qui me plaît un peu moins... En fait, je me demande s'il ne s'agit pas du "typé arbres sauvages" dont tout le monde parle et que je n'arrive jamais à identifier du premier coup ! Ça expliquerait le fait que je ne perçoive que rarement le côté "citron" que j'identifie en fait comme l'astringence dont je parlais plus tôt... mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de citronné dans cette saveur... Si je conserve les infusions courtes, en revanche, j'ai le (très grand !) plaisir de retrouver le "foin" que j'avais découvert lors de ma première dégustation de cette galette.

Peut-être ce thé est-il adolescent, en phase un peu ingrate, à mi-chemin entre la minéralité de l'âge et la fraîcheur de la jeunesse ? On se redonne rendez-vous dans trois ans, quand il en aura 10...


Texture : Plutôt ample en bouche, avec une épaisseur qui reste longtemps sur la langue. Je parlais de texture crémeuse la dernière fois ? Elle y est encore. Il y a également quelque chose d'asséchant -- ça ne prend pas cinq secondes pour avoir envie de prendre une nouvelle gorgée (ou de se rincer les papilles à l'eau pour apaiser la soif).
Cependant, petit bémol : dès la troisième infusion, mon estomac commence à crier grâce...Je dois m'arrêter un moment pour manger quelque chose avant de reprendre ma dégustation...

(Que c'est coloré !)

Sons : Découvert grâce au site Jamendo, qui propose une plateforme de musique libre de droits, Roger Subirana Mata est un artiste particulièrement prolifique, qui se spécialise dans la musique de film. Cette pièce intitulée "Queen of the Wind", sur l'album "The Dark Symphony", est particulière en ce sens qu'elle est très changeante -- tour à tour sombre et menaçante, légère et insouciante, profonde et mystique, brutale et prête au combat, calme et apaisante... Elle a autant de facettes et de complexité que ce thé que je viens de boire.



Couleurs : Mes couleurs ont évolué depuis la dernière fois ! Et comment... Autrefois je voyais ceci, et maintenant, bien que la "base" y soit toujours, fini la douceur épurée et bonjour la complexité ! C'est même à la limite d'être un chouilla trop encombré, on a du mal à déterminer ce qui se passe exactement...

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