lundi 3 août 2015

2013 – "100% Excellent Tea", Mengku Rongshi, Mengku, Shuangjiang, Lincang, Puerh Asia (Évolution)

(La première dégustation de ce thé, faite en 2014, se trouve ici)


Informations et provenance : L'an dernier, j'ai mis les mains sur cette brique "hype" de la firme Mengku Rongshi par l'entremise d'Olivier Schneider de Puerh Asia. La première dégustation ne m'avait pas plu des masses, ni les quelques suivantes faites seul ou accompagné. Après mûre réflexion, j'avais décidé de la laisser reposer un an avant d'y regoûter, histoire de voir si les notes animales que j'attribuais à un excès d'humidité s'atténuaient.
Un an plus tard, il est l'heure de mettre la bouilloire en route !


Détails d'infusion : 6 gr. / 70 ml en XiShi "écrasée" DuanNi. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en Glass Kettle. Rinçage flash. Temps d'infusion : 5s. - 5s. - 7s. - 10s. - 16s. - 25s. - 25s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 16 infusions.


Vue : La brique elle-même a peu changé -- de longues feuilles vert sombre et des bourgeons d'un argenté soyeux, le tout assemblé par une compression relativement légère (pour une brique du moins). La liqueur en revanche est passée d'un jaune-gris clair à un jaune doré beaucoup plus soutenu qui semble, excellente nouvelle, s'être découvert une certaine limpidité !



Odeur :
Le parfum des feuilles sèches est très pur : de la résine de sapin ou de pin, un effluve légèrement sucré... aucune trace de cuir pour l'instant. Passées dans la théière chaude, elles dégagent des arômes très fruités et sucrés, quelque chose qui rappelle légèrement abricot mais surtout développe une douceur moelleuse dans la gorge -- c'est vraiment très particulier. Un peu de vent frais de montagne avec une finale mentholée, c'est presque le registre d'un Gao Shan !
Les feuilles mouillées, comme très souvent, laissent découvrir une effluve acide/amère légèrement fumée, mais également un peu sucrée, avec des traces de résine et de menthol. La deuxième infusion (et ce sera la seule) développe une odeur marquée de légumes verts.
Dans le couvercle, je retrouve le parfum de fumée des feuilles qui brûlent ainsi qu'un peu de cuir mais c'est un cuir propre (contrairement au cuir animal plein de sueur de la dernière fois). Après un moment, je discerne l'esquisse d'un parfum très fruité et sucré de mandarine que la deuxième infusion confirmera : mandarine, tabac des cigarettes de marque Gauloises, thé des bois !
La liqueur a d'abord une odeur vaguement acide de fumée et de cuir animal, mais l'ensemble se transforme rapidement en tabac sucré (celui, comme mentionné plus haut, des cigarettes Gauloises).
Le fond de tasse est très frais, musqué et mentholé, bizarrement très puissant dans les tasses de porcelaine/verre mais dont on ne retrouve quasiment rien dans celle d'Eric Soulé.


Goût :
La première infusion est un choc pour les papilles : je retrouve des légumes vert amers (rapinis ?), une légère trace de résine sucrée, du tabac, et brusquement... MENTHOL ! Une légère trace de sucre revient en bouche après la gorgée avalée, et l'amertume devient beaucoup plus marquée quand la liqueur se refroidit un peu
Dans la deuxième infusion, l'amertume est bien marquée, toujours sur ce pôle de légumes verts avec cette fois une trace de bois résineux fraîchement scié. La douceur filée de la texture est tellement présente qu'elle pourrait aussi bien être un goût (barbapapa ?). Une pointe saline presque métallique se développe sur la langue longtemps après avoir avalé.
La troisième infusion est sur un pôle de résine amère et sucrée à la fois qui se transforme en menthol, avec un retour en bouche très minéral, salé et métallique qui est intéressant plus que désagréable.
La suite ne développe pas grand-chose de neuf niveau goût, ça reste résineux/légumier/amer avec des pointes minérales et salines et un retour en bouche extrêmement frais et mentholé.
Aucune trace de ces notes animales qui me déplaisaient tant l'année dernière. Super !


Texture :
La texture qui est d'abord très ronde et épaisse se transforme lentement en douceur filée, quelque chose qui rappelle la soie. Une grande fraîcheur remonte de la gorge pour jouer sur les papilles et se concentrer sur le bout de la langue -- et quand je dis qu'elle remonte, je veux vraiment dire qu'elle remonte. Pas de bulle qui grandit ici, la fraîcheur quitte littéralement la gorge et remonte la langue comme une vague ! Ce jeu en bouche dure très longtemps, avec des effets intéressants d'écho dans les joues. Une légère astringence laisse la salive sucrée et fraîche.
L'effet sur le corps est marqué -- après la moitié de la première infusion déjà je suis sur le point de me sentir fébrile. L'effet "high de caféine" mentionné la dernière fois est encore bien présent, le tout devient plus équilibré après quelques infusions (énergie tranquille plutôt que fébrilité) mais reste très puissant. À mon avis il y a là un bon potentiel pour être teadrunk dans les bonnes conditions...


Sons : Le thème principal du film Wreck-it Ralph, composé par Henry Jackman. Quand on compare à ma précédente dégustation, c'est un autre monde ! Alors que la musique de ma précédente dégustation était sombre, grinçante dans ses graves et stridente dans ses aigus, celle-ci est beaucoup plus légère et joueuse -- à l'image de ce thé finalement et surtout à l'image de son extraordinaire transformation.



Couleurs : La dernière fois, l'effet marécageux et trouble était omniprésent. Cette fois, je retrouve des teintes semblables (kaki, éclats de vert olive, jaune et blanc, on retire le brun-rose mais on ajoute une légère trace d'orangé) mais dans une texture complètement différente. L'ensemble est fin, fait de fils qui s'étirent dans tous les sens et s'entrecroisent en tournant tout en maintenant une profondeur de fond claire et translucide. Mes images sont presque toujours en 2D, mais celle-ci pourrait presque être 3D avec une telle profondeur de champ.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire