lundi 24 février 2014

2012 – Yunnan Sourcing's "Autumn Mu Shu Cha", Mengku, Lincang


Informations et provenance : Présentée comme une galette dont le matériel provient de régions à proximité de Bing Dao dans le Lincang, il s'agit d'une récolte d'automne pressée par la compagnie Yunzhiyuan, plus connue en occident sous le nom Yunnan Sourcing.
Je n'ai pas trouvé plus d'information sur le net à son sujet, donc si quelqu'un a envie de me pointer dans la bonne direction, vous êtes le bienvenu !


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en terre Duan Ni. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - 55s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : La première chose que l'on note, c'est qu'il s'agit d'une galette très peu compressée -- d'ailleurs Yunnan Sourcing assure qu'elle a été pressée de façon traditionnelle à l'aide d'une pierre et à voir le résultat, je n'ai aucune difficulté à le croire. Les feuilles sont d'un vert plutôt clair tirant sur un brun ocre très pâle, avec quelques pointes plus foncées sous la surface. La liqueur elle-même est d'un jaune clair rendant peu d'écume (si j'ai bien compris, c'est typique des thés d'automne ?) passant progressivement vers des teintes plus soutenues à mesure qu'avance la dégustation.


Odeur : D'abord très fruité à l'ouverture du sachet, les parfums qui s'échappent des feuilles sèches deviennent ensuite plus florales (est-ce le fameux parfum d'orchidée ?) et ample qui se sent dans le fond de la gorge. Lorsque placées dans la théière pré-chauffée, elles laissent percevoir une odeur de pruneau sec et après rinçage, on retrouve cette même fragrance mêlée d'un peu de fumée -- rien d'acide, contrairement à la très grande majorité des thés que j'ai dégusté à ce jour. 
Le couvercle, à l'image de la liqueur, n'est d'abord pas très fragrant -- mais bientôt l'on découvre des parfums de muscat sous le musc habituel, alors que dans le fond de tasse ça reste floral et frais.


Goût : Un peu fumé à la première infusion, dès la première gorgée on est surpris par un gros "bang" d'amertume qui se transforme, une fois la liqueur avalée, en saveurs fruitées et sucrées. Lorsque la bouche est préparée à percevoir les subtilités sous la première approche en coup de poing, on y découvre des saveurs boisées rappelant l'écorce, la sève et les épices.
Si la première infusion est légèrement déséquilibrée, les secondes sont beaucoup plus rondes, avec un excellent kuwei qui laisse tour à tour percevoir des parfums de cassonade, de miel et de sucre de canne. L'amertume à la fois subtile et puissante des premières infusions s'adoucit progressivement en langueur sucrée au fil de la dégustation qui est plutôt plaisante. 


Texture : Épais mais fluide en même temps, la liqueur tapisse la langue et les joues d'un filin presque gras. Une fois avalée, elle laisse découvrir une petite fraîcheur intéressante sur le devant de la langue et une chaleur d'épices derrière, ce qui est plutôt surprenant. Avec une bonne longueur en bouche qui assèche sur la longueur, l'effet sur le corps n'est malheureusement pas très présent, il y a bien un peu d'énergie mais c'est surtout dû à la caféine, je dirais... dommage.


Sons : "On Top of the World" par Imagine Dragons, cover de Peter Hollens et Mike Tompkins.
J'ai choisi cette chanson pour l'ambiance "relax" qui ne se prend pas au sérieux, parce que c'est un peu l'impression finale que me laisse ce thé : les saveurs sont fines mais pas particulièrement raffinées et pour citer Vincent "c'est un goût de bûcheron mais en avalant on ne sent pas la hache passer". Au final, je reste sur une impression d'entre-deux intéressant mais difficile à définir qui me fait un peu penser à un adolescent encore en période de recherche de soi.


Couleurs : Variations jaune-orangé sur fond blanc, avec quelques vapeurs de vert clair -- c'est un peu étrange, à la fois féérique et décentré, moderne et bien ancré. À l'image de ce thé ! :)