lundi 9 décembre 2013

2007 – Yo Ji Cha, Jardins bio de Zhaiguoting, Lan Ting Chun, De Dang (Ming Feng), Yong De, Lincang


Informations et provenance : Voici une galette provenant tout droit des jardins bio de Lan Ting Chun, sur la montagne Ming Feng dans le terroir de Yong De, Lincang, obtenue via Olivier (puerh.fr) à l'été 2011 suite à son article sur Lan Ting Chun.
Les autres gens de ma connaissance ayant parlé de cette galette sont (encore et toujours) Sébastien du blog Vacuithé et bien sûr Olivier lui-même. Cela dit, j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé d'autres comptes-rendus... donc, gens, si vous avez parlé de ce thé, dénoncez-vous ! ^^


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en terre Duan Ni. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion :10s. - 15s. - 20s. - 30s. - 35s. - 40s. - 50s. - 60s. - suite au jugé. Total de 10 infusions.


Vue : Ben à première vue, cette galette c'est un vrai fouilli... ! Pas trop compressée, mais pas mal de débris de feuilles, des couleurs qui vont du brun-jaune très clair au noir violacé, un ensemble qui n'a pas l'air super soigné... Cela dit, les feuilles qui sont entières ont l'air longues et bien faites, et puis elle est déjà bien entamée cette galette alors c'est peut-être simplement mon impression.
La liqueur est jaune-orangé bien soutenu, un peu trouble si l'on doit lui reprocher quelque chose, avec beaucoup d'écume (ce qui est plutôt bon signe).


Odeur : La galette dégage quelque chose de fruité/rond/sucré, quelque chose qui fait définitivement penser à la Min Feng de Yong De, mais plus... douce ? Cependant, les feuilles mouillées et la liqueur ont une composante beaucoup plus acide que dans mon souvenir. Le couvercle et le fond de tasse, même tonneau -- composante fumée/acide, qui se transforme après quelques secondes en douceur musquée et sucrée. J'avoue, j'aborde cette dégustation un peu mitigée...


Goût : Les premières infusions ont un fort pôle fumé, un peu surprenant, pas non plus très agréable en fait... c'est bizarre, je n'avais pas souvenir d'avoir trouvé ça il y a deux ans. Sous la fumée, on distingue vaguement du fruité, du musqué, des saveurs résineuses... mais c'est à peine perceptible, ce que je trouve bien dommage. C'est bien acide, comme le laissait présager les parfums des feuilles mouillées... Quelqu'un d'autre a-t-il eu une expérience semblable avec ce thé récemment ? Je cherche à savoir si c'est la faute de mon stockage (en quel cas je vais devoir faire quelque chose) ou si c'est simplement la galette qui vieillit étrangement... est-elle en pleine adolescence ?
À la troisième infusion ça se calme un peu -- le fumé est toujours présent, mais laisse maintenant place au côté résineux. Je retrouve un peu les saveurs de la galette Mang Fei de Yong De, si ma mémoire est bonne, plutôt que de la Min Feng -- mais comme les montagnes sont au centre du même terroir, je suppose que les ressemblances sont normales. Une pointe de camphre ou de menthol (un peu de mal à distinguer les deux ici) rafraîchit la pointe de la langue et le centre des joues, c'est intéressant et très localisé. Et quand la liqueur tiédit, on perçoit en rétro-olfaction ce musc inimitable habituellement décelé dans les parfums de fin de tasse.


Texture : Rond et piquant, plutôt ample mais avec le fumé très présent, ce n'est pas une amplitude que je trouve agréable. Lorsque celui-ci s'atténue un peu, ça prend plus d'espace et l'effet sur le corps est particulièrement énergisant -- voire même à la limite de l'excès. Alors que la Min Feng de Yong De est du genre relaxante, ce n'est pas du tout le cas de celle-ci... !
Une conclusion en demi-teintes -- ce n'est pas un mauvais thé et il a même d'excellentes choses pour lui... cependant, je dois admettre une préférence pour des thés aux saveurs moins, euh, "masculines" peut-être ? Enfin moins fumées, quoi, parce que le boisé/épicé ne me gêne pas du tout... alors que les premières infusions de celle-ci ont failli me décourager de poursuivre ma dégustation (qui s'est tout de même achevé sur quelque chose de bien meilleur). 


Sons : Depuis le temps, si vous ne connaissez pas encore mon amour du violoncelle, je ne sais pas où vous étiez passé ! Et donc pour accompagner ce thé, voici "Nothing Else Matters" par Apocalyptica, un cover de violoncelle de la célèbre pièce du même nom par le groupe Metallica.
C'est une chanson qui happe celui qui l'écoute et l'entraîne dans un autre monde... et ses teintes bleues (que l'on retrouve aussi dans le clip) s'accordent parfaitement autant au thé qu'à la température extérieure -- froide, neigeuse et... bleue. 


Couleurs : Étrange mélange de vert/orangé sur fond et accents bleus... Quelque chose, ici encore, qui rappelle la Mang Fei, mais en plus coloré -- en moins "digne" peut-être ? Des mouvements un peu erratiques, centrés vers l'intérieur, qui tournent en sens horaire et anti-horaire en même temps. Difficile à décrire...

2013 – EoT GuaFengZhai, Cha Wang Shu, YiWu, Essence of Tea


Informations et provenance : Échantillon très gentiment offert par Sébastien de Vacuithé (merciiiiii ! ^^) et qui provient à l'origine de la boutique anglaise Essence of Tea. Outre les informations données sur la page donnée, plusieurs personnes en ont fait un compte-rendu :
Sébastien bien sûr a écrit dessus là.
Hobbes (The Half-Dipper) en a brièvement parlé ici.
Jakub (T - Jabutomek) l'a aussi mentionné là.
Comme d'habitude, si quelqu'un d'autre a fait un compte-rendu, refilez-moi les liens pour que je les ajoute ! ^^


Détails d'infusion : 3.8 gr. / 150 ml en terre Duan Ni. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Rinçage flash. Temps d'infusion : 10s. - 15s. - 20s. - 25s. - 30s. - 40s. - 60s. - 90s. - une dernière de plusieurs heures. Total de 9 infusions.


Vue : Difficile de constater sur un échantillon, mais à priori les feuilles sont longues et belles, ce qui laisse soupçonner un pressage faible, peut-être même fait à la main. C'est très coloré en tout cas, on passe du vert clair des bourgeons au brun foncé des feuilles plus oxydées, avec un camaïeux de teintes entre-deux... La liqueur est jaune orangée, plutôt foncée pour un puerh si jeune.


Odeur :Les feuilles sèches ont peu d'odeur, probablement dû au passage dans le petit sachet plastique... Mais dans la théière chaude ça se réveille, et on découvre quelque chose de plutôt intéressant qui me rappelle vaguement le tabac ou plutôt les cigares, avec un pôle très poivré mêlé d'une pointe de musc fruité (mais juste une pointe, hein). Plaisant !
Les feuilles mouillées ont un parfum acide comme souvent l'ont les feuilles de puerh, mais le dos d'une cuillère de porcelaine trempée dans la liqueur amène quasi-littéralement au paradis : tabac fruité et légèrement mentholé, musc sucré, épices poivrées, tout ce que j'aime retrouver dans le parfum des thés que je m'apprête à boire...


Goût : La première infusion est plutôt faible -- le dosage étant légèrement inférieur à ce à quoi je suis habituée, ceci explique cela. On devine cependant des notes plutôt parfumées qui présagent de la suite de la dégustation... et malgré un passage en bouche plutôt faible, quel retour d'arômes ! Je ne suis pas certaine que j'ai envie d'augmenter les temps d'infusion, finalement !
Deuxième passage en théière -- ben j'ai bien fait de ne pas augmenter les temps d'infusion, finalement, parce que j'ai une composante fumée très présente du coup... qui heureusement se transforme après quelques secondes et redevient plus "tabac" que "fumée", ce qui est nettement plus agréable.
Les coupes suivantes jouent un peu sur les mêmes notes de tabac, de fruité sucré, de musc, de quelque chose légèrement végétal (du foin, peut-être ?), et peut-être aussi quelque chose qui ressemble à de l'encens, mais pas sûre. En tous les cas, très agréable ! Mais comme Sébastien, pas non plus quelque chose qui a révolutionné ma vision du puerh... et un peu déçue, aussi, parce que les parfums étaient nettement plus intéressants que la liqueur elle-même.


Texture : Une bonne présence en bouche, c'est "gras" et même presque beurré, ça laisse un filin qui tapisse l'ensemble de la bouche mais plus particulièrement la langue, les joues et le voile du palais. Après quelques infusions, la langue s'engourdit un peu, surtout à la pointe, et la salive devient très fraîche et sucrée. Peu d'amertume, ou plutôt elle y est mais par en-dessous, contrairement à beaucoup de thés jeunes où l'amertume et la fougue éclate (voire même submerge) le reste de la dégustation.


Sons : Rhalala, il y a de ces moments où l'on aura beau tout faire, on ne peut s'empêcher de retomber momentanément en enfance. Je mets la faute non sur le goût du thé mais sur ses couleurs vives ! Et à la sortie bien coordonnée de ce Medley Disney par Peter Hollens et Alex G. On pourrait demander quelque chose de plus "sérieux" et "distingué", mais heh... tant pis. :)


Couleurs : Et donc, comme je disais plus haut, c'est très coloré -- rouge et bleu, turquoise et jaune, blanc et rosé, avec des mouvements semblables à la façon dont les nuages se font et se défont par journées de grand vent.

2013 – "High Mountain Spirit" Lot 230, Mr. Gao, Lishan, Taichung, Taiwan, Taiwan Tea Crafts


Informations et provenance : Il y a presque six mois, Philippe (blog Addicttea) s'était offert une infusion de ce thé pour son anniversaire. J'ai mis un moment avant de me décider à le goûter -- ça fait bien un mois et demi qu'il prend l'air dans mes tablettes...
C'est le joli post informatif de Philip Brook (Taiwan Tea Crafts) qui m'a décidé. Après tout, comment ne pas déjà aimer son créateur avec un tel lot d'informations, une telle authenticité dans cette façon de narrer le contact entre deux hommes de thé ! Et une fois que l'on apprécie le créateur, comment ne pas avoir envie de découvrir la création...
Pour l'instant, ce Li Shan est toujours disponible, mais qui sait pour combien de temps ? Et si quelqu'un d'autre que Philippe a goûté et apprécié ce thé, faites-vous connaître en commentaire...


Détails d'infusion : 5 gr. / 150 ml en gaiwan de porcelaine. Eau filtrée Brita, chauffée en continu à 100°C en bouilloire de verre. Pas de rinçage. Temps d'infusion : 20s. - 45s. - 1m.30s. - 2m.30. - 4m. - suite au jugé. Total de 9 infusions.


Vue : Les feuilles roulées en toutes petites boules sont d'un vert vibrant -- de petites tiges forment parfois des taches jaune clair qui contrastent avec la couleur des feuilles. Mouillé, le tout prend une teinte vraiment particulière, le vert des feuilles d'été encore sur l'arbre ! Rien à voir avec l'olivâtre pâlot qu'on retrouve beaucoup plus souvent, ces feuilles-là sont bien vivantes.
La liqueur est d'un jaune très clair, presque blanc, même lorsque les infusions sont plutôt poussées -- dans la lumière du jour, j'imagine qu'on pourrait aisément s'y tromper.


Odeur : Les feuilles sèches sont particulièrement fragrantes -- c'est très floral, ça rappelle le parfum des inspirations d'air pur qu'on prend en montagne. Dans le gaiwan pré-chauffé, ça devient plus rond et fruité, avec une petite touche difficile à décrire... est-ce du pin, de la résine ? Peut-être bien...
Le parfum sous le couvercle est limpide (!) et laiteux, caramélisé mais toujours floral, complexe et changeant, avec une pointe d'acidité végétale que l'on retrouve dans les feuilles mouillées et dans la liqueur. Un seul mot me vient en tête pour décrire les odeurs : pur !


Goût : Fraîches saveurs de pin, une pointe de résine, et des fleurs... étonnant mélange ! Contrairement à l'odeur, c'est plutôt astringent, on perçoit peu le côté floral qui ressort essentiellement en rétro-olfaction -- par contre si l'on a des fleurs, ce ne sont pas les jolis machins que l'on cueille pour faire agrémenter la table. C'est le parfum fort de la lavande, quelque chose de presque médicinal et sauvage -- une saveur qui, accompagné de cet arôme de résine de pin, correspond tout à fait au nom "High Mountain Spirit" de ce thé. Une finale très légèrement sucrée apparaît sur les dernières infusions... une petite douceur qui vient caresser la langue.


Texture : Au début, c'est très limpide, on a l'impression de boire de l'eau -- mais la gorgée n'est pas encore avalée qu'un filin huileux tapisse l'ensemble de la bouche et de la gorge. La rétro-olfaction est particulièrement longue, une inspiration fait apparaître des parfums, une expiration en laisse découvrir d'autres. C'est vraiment un thé d'exception... pas étonnant que Philippe l'aimait tellement !
Côté Qi, ce thé énergise beaucoup -- j'aurais probablement dû éviter la dégustation du milieu de la nuit... C'est un thé à boire en fin de matinée, je dirais, au moment où les papilles sont assez éveillées pour percevoir toute la complexité des saveurs, avant le repas de midi qui léthargise, au moment où le soleil brille encore haut dans le ciel et qu'un petit regain d'énergie suffit à mettre un sourire aux lèvres pour le reste de la journée.


Sons : The Islander, par Nightwish -- et pourtant, j'ai déjà présenté cette chanson sur un autre thé, le Dong Ding de Mme Lin, mais rien à faire : c'est celle-là pour cette dégustation-ci et aucune autre ! C'est probablement lié au bruit des vagues que l'on entend derrière et qui viennent parfaitement s'associer aux couleurs de ce thé...


Couleurs : C'est très "eau et vent" -- des vagues vertes, des mouvements erratiques bleu et turquoise, l'impression générale de se tenir sur une falaise au-dessus de la mer, avec des petits éclats blanc-jaune qui montent et descendent, imitant l'écume, les embruns de la mer. Les mouvements ont chacun leur propre rythme et, bien qu'ils puissent paraître légèrement chaotique, l'ensemble semble géré malgré tout par une sorte de dénominateur commun à la frontière de la conscience -- "tout colle" finalement, comme les courants marins, les marées et les coups de vents s'associent pour créer l'océan.